CHAPITRE 18POINT DE VUE : AminaElle ne se souvient pas d'avoir quitté le toit, ni d'être montée dans la voiture, seulement de la pluie qui ruisselait sur les vitres comme un rideau de verre fondu et des essuie-glaces qui battaient la mesure de sa panique. Idriss conduit lui-même, ce soir, sans chauffeur, les deux mains crispées sur le volant, le regard fixé sur la route que les phares déchirent à peine, et chaque fois qu'un éclair illumine l'habitacle, elle aperçoit la ligne dure de sa mâchoire, la tension qui lui noue le cou, la goutte d'eau qui glisse de ses cheveux jusque sous son col. Elle voudrait lui parler, le remercier, lui demander pourquoi il est venu sans qu'elle ait besoin de le supplier, mais les mots restent coincés dans sa gorge, et c'est lui, finalement, qui pose sa main sur la sienne, sur la banquette, sans détourner les yeux de la route.Ce simple contact, chaud, ferme, un peu rugueux, l'empêche de s'effondrer.L'hôpital est plongé dans cette moiteur blafarde des c
Zuletzt aktualisiert : 2026-11-02 Mehr lesen