Séraphine l'attendit toute la nuit, assise sur son lit de camp, le dos contre le mur, chaque muscle tendu vers la porte. Elle s'était préparée à la Chambre du Silence, à la règle, à la faim. Elle s'était même préparée à la douleur la plus simple, celle qui s'arrête.Rien ne vint. À l'aube, la cloche sonna comme d'habitude, et sa porte s'ouvrit sur le même couloir gris.C'était pire. Elle le comprit au regard de Noémie, dans la file. Un regard fixe, blanc, celui d'une fille qui sait qu'une chose terrible approche et qui compte les secondes.« Mesdemoiselles, annonça Madame Aubrac dans la salle de maintien, les mains jointes. Aujourd'hui, nous allons parler de solidarité. »Le mot résonna comme un coup de cloche. Aucune des filles ne bougea.« Une pensionnaire a enfreint le règlement hier soir. Elle a quitté le rang sans autorisation. » La directrice fit quelques pas, lentement, ses talons claquant sur le carrelage. « Elle ne l'a pas fait seule. »Les yeux de Séraphine se rivèrent au so
Dernière mise à jour : 2026-11-08 Read More