Déesse
Mon professeur
J’ai 19 ans. Il est mon professeur d’anatomie. Il a des mains faites pour disséquer, une voix grave qui me descend dans le ventre, et cette façon de me fuir du regard quand je décroise les jambes au premier rang.
Je l’ai compris dès le premier cours : je le veux. Pas dans mes rêves. Pas après le semestre. Maintenant. Contre le tableau, sur son bureau, entre les squelettes en plastique s’il le faut.
Je m’appelle Lina. Je ne suis pas du genre à rougir. Je suis du genre à rester après les cours pour poser des questions sur la sensibilité de la face interne de la cuisse, à mordre mon stylo en le regardant droit dans les yeux, à le regarder bafouiller, lutter, serrer les poings.
Il résiste ? Parfait. Je n’ai jamais aimé ce qui s’obtenait facilement. Il parle de limites, d’éthique, de distance. Moi, je ne veux pas qu’il se tienne à distance. Je veux le sentir craquer. Je veux ses mains sur moi. Je veux le regarder capituler, rouge, tremblant, honteux, et mien.
Il va céder. Ils cèdent tous. Et je serai là, au premier rang, pour voir son âme se briser en deux.
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