De la porcherie au trône
Altagracia
La musique est une houle lente qui nous emporte. L'orchestre attaque une valse de Strauss, et le monde autour de nous se brouille, se dissout, devient une aquarelle floue de couleurs et de lumières. Mon bras repose sur son épaule, et sous le tissu fin de sa veste de gala, je sens le relief de ses muscles, durs comme du marbre chauffé par le soleil. Sa main droite dans mon dos est une plaque de feu, une possession silencieuse qui épouse la courbe de ma colonne vertébrale. Chaque point de contact entre nos deux corps est un court-circuit. Ma main gauche dans la sienne est minuscule, une chose fragile engloutie par sa paume calleuse, une paume de guerrier qui pourrait broyer et qui,
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