
Le poison quotidien
Yvana a tout quitté pour Gabriel : sa carrière, ses amis, et surtout Anthony, l'homme qui l'aimait sincèrement et qui était prêt à tout pour elle. Dix ans plus tard, elle vit un enfer quotidien. Gabriel ne l'a jamais aimée. Il la méprise, l'humilie devant ses amis, la force à avoir des rapports sexuels pour assouvir ses besoins. Quatre nuits par semaine, il dort chez sa maîtresse, Élisabeth, mère de ses deux enfants. Quand Yvana ose lui demander des explications, il répond : « Je n'ai aucune explication à te donner. »
Le seul rituel matinal qu'il partage avec elle : deux comprimés blancs. « Pour ta santé », dit-il. « Des vitamines. » Pendant dix ans, elle avale ces mensonges.
Épuisée, au bord du gouffre, Yvana se rend à l'hôpital. Là, une pharmacienne lui apprend la vérité : ce sont des contraceptifs. Elle ne pourra jamais avoir d'enfants.
Sans un mot, sans une larme devant lui, elle rentre, prépare deux valises. Le jour même, elle quitte la maison. Dans la rue, une voiture noire s'arrête. Anthony, l'homme qu'elle a abandonné dix ans plus tôt, en descend. Il n'a jamais cessé de veiller sur elle, de loin.
Elle monte. Il l'emmène. Et commence un long combat judiciaire et psychologique pour faire condamner Gabriel, retrouver confiance en l'amour, et reconstruire sa liberté.
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Chapter: CHAPITRE 141 – Les relaisUn après-midi, elle reçut une visite. Une femme, la cinquantaine, visage fermé. L’épouse d’un collègue de Gabriel. Elle toqua à la porte, entra sans y être invitée.« Tu dois arrêter cette procédure, dit-elle. Tu détruis sa vie. Il perd ses patients, ses collègues le regardent mal. Pense à ce que tu fais. »Yvana resta figée. L’audace, le mépris, l’ignorance. Tout cela en une seule phrase.« Il m’a frappée, dit-elle.– Il dit que c’est toi qui as provoqué.– Il m’a donné des contraceptifs pendant dix ans sans me le dire.– Il dit que tu exagères.– Il me trompait avec une autre femme. Il a deux enfants avec elle.– Il dit que tu es jalouse, que tu inventes. »Yvana ne répondit pas. Elle ne servait à rien. La femme partit, mécontente, sans refermer la porte. Anthony la referma.« Il va falloir porter plainte pour harcèlement, dit-il.– Je ne veux pas. Ça ferait trop d’affaires. Trop de procédures. Je suis déjà épuisée. »Il n’insista pas.Les jours suivants, elle changea de numéro. Une
Last Updated: 2026-05-29
Chapter: CHAPITRE 140 – Les relaisLe blocage du numéro de Gabriel avait apporté un silence précieux, mais fragile. Yvana savait qu’il ne renoncerait pas. Il n’était pas de ceux qui lâchent prise. Il était de ceux qui trouvent toujours une autre porte, une autre fenêtre, une autre faille. Elle s’y attendait. Pourtant, quand le premier message arriva, sur un numéro inconnu, elle sentit son cœur se serrer.« Yvana, c’est Philippe. Tu veux qu’on se parle ? Gabriel est désespéré. »Philippe. Un des amis de Gabriel, rencontré lors de dîners, de soirées, d’anniversaires. Un homme poli, souriant, qui ne l’avait jamais défendue, jamais interrogée, jamais crue. Un témoin silencieux des humiliations, des regards en coin, des rires étouffés. Il n’avait pas bronché quand Gabriel l’avait traitée de « fatigante » devant tout le monde. Il n’avait pas bronché quand elle était apparue avec des bleus qu’elle cachait sous ses manches. Il n’avait jamais bronché. Et maintenant, il s’improvisait messager, médiateur, ami.Elle ne répondit pa
Last Updated: 2026-05-29
Chapter: CHAPITRE 139 – Le silence arméLe chat les suivait. Les roses étaient encore rouges, malgré l’automne qui avançait.« Tu penses à lui ? demanda Anthony.– Parfois. De moins en moins.– C’est bien.– Ce n’est pas encore assez. Mais ça viendra. »Ils marchèrent un moment. Yvana pensait à Gabriel, à ses messages, à ses « je t’aime » jetés comme des pierres dans son silence. Il n’aimait pas. Il ne l’avait jamais aimée. Il aimait le pouvoir, la sensation de posséder, la rage de perdre. Il voulait la reconquérir pour la détruire encore. Elle ne lui donnerait pas cette chance.« Tu sais ce que j’ai compris ? dit-elle.– Non.– Qu’il ne changera jamais. Qu’il ne changera pas parce qu’il ne se croit pas en tort. Il pense qu’il est la victime. Il pense que c’est moi qui l’ai abandonné. »Anthony ne répondit pas. Il avait compris cela bien avant elle. Mais il ne le lui avait pas dit. Certaines vérités doivent être découvertes par soi-même.Ils rentrèrent. La maison était douce, éclairée par la petite lampe du salon. Le chat s
Last Updated: 2026-05-29
Chapter: CHAPITRE 138 – Le silence arméCe soir-là, elle ouvrit les messages. Le premier était un énième « je suis désolé, reviens ». Le second, une photo d’eux à leur mariage. Elle souriait, une robe blanche, des fleurs dans les cheveux. Il avait les yeux brillants, la main posée sur sa taille. Une photo de façade, comme toutes les photos de façade. Un bonheur de pacotille. Le troisième message disait : « Souviens-toi de qui tu étais avant de me haïr. »Avant de me haïr. Il ne disait pas « avant que je te fasse du mal ». Il ne disait pas « avant les gifles, avant les “vitamines”, avant l’autre femme ». Il disait « avant de me haïr ». Comme si sa haine à elle était la cause de tout. Comme s’il était la victime.Elle ne répondit pas. Mais elle ne supprima pas non plus. Elle garda. Elle gardait tout, désormais. Les messages de Gabriel, les analyses, les certificats, les photos des bleus. Toute sa vie était devenue une preuve.Le lendemain, il envoya un message différent. « Je veux juste te parler. Une fois. Pas pour te convai
Last Updated: 2026-05-29
Chapter: CHAPITRE 137 – Le silence arméElle pensa à Gabriel. À ses excuses, à ses suppliques. Il ne regrettait pas. Il regrettait d’avoir été découvert. Il regrettait de perdre son emprise. Pas de l’avoir frappée. Pas de lui avoir volé ses enfants. Pas de lui avoir menti pendant dix ans.Elle ne répondrait plus. Aux messages, aux appels, aux lettres, s’il en envoyait. Elle se tairait. Parce qu’il ne méritait pas ses mots. Parce qu’elle avait déjà tout dit. À l’avocate, aux policiers, aux médecins. À Anthony, aussi, qui avait tout entendu.Le silence était sa seule arme. Elle s’en servirait.Au matin, elle écrivit une lettre. Pas pour lui. Pour elle. « Je ne te pardonnerai jamais. Mais j’ai cessé de t’attendre. » Elle la rangea dans le tiroir, avec les preuves, avec les souvenirs. Elle ne l’enverrait pas. Elle la relirait, parfois, pour ne pas oublier.Les jours passèrent. Les messages cessèrent. Peut-être qu’il avait compris. Peut-être qu’il préparait autre chose. Yvana ne se posait plus la question.Elle avait une vie, ma
Last Updated: 2026-05-29
Chapter: CHAPITRE 136 – « Je suis désolé, reviens »Sarah la regarda, hésita, puis prit le téléphone.« Tu veux que je réponde à sa place ?– Non.– Pourquoi ?– Parce que ce serait lui accorder de l’importance. Il n’en a pas. »Sarah reposa le téléphone.« Tu as raison. Mais tes silences ne l’arrêtent pas.– Rien ne l’arrêtera. Pas avant le procès. »Le procès. On lui avait dit que la date serait fixée dans quelques mois. Quelques mois à attendre, à supporter ses messages, ses appels, ses menaces déguisées en excuses. Elle tenait, mais la fatigue pesait.Un matin, elle reçut un appel. Numéro masqué. Elle décrocha, par réflexe, par erreur.« Yvana, ne raccroche pas. »La voix de Gabriel. Elle ne l’avait pas entendue depuis son départ. Elle était plus douce que dans ses souvenirs, plus douce que dans ses cauchemars. Peut-être qu’il répétait, qu’il travaillait son ton, sa voix, ses intonations. Peut-être qu’il voulait la reconquérir. Ou qu’il voulait juste la faire douter.« Je t’écoute, dit-elle, la voix froide.– Je voulais te dire que
Last Updated: 2026-05-29

Il m'a Rejetée, maintenant il me Réclame
Alors que le corps d’Isabella Luz se vidait de leur enfant à naître, Geoffrey Halem levait sa coupe au retour flamboyant de son amour de jeunesse. Quatre années de soins patients, de nuits à veiller, de présence fidèle… tout cela fut balayé d’un revers de main méprisant. Pour lui, elle n’avait été que l’ombre qui tient le foyer : une domestique, une cuisinière, rien de plus.
Isabella toucha le fond du désespoir et y puisa une force inattendue : celle de signer la rupture. Dans leur cercle huppé, on ricanait de sa réputation de femme « pot de colle », de celle qui ne sait pas lâcher prise. On fit des paris. « Avant ce soir, elle sera revenue ramper », souriait-on.
Geoffrey, lui, affichait un calme olympien. « Un jour ? C’est long. Donnez-lui une demi-journée tout au plus, elle reviendra d’elle-même. »
Mais le rideau était tombé. Isabella ne jouait plus. Elle se leva, épousseta les cendres de son ancienne vie, renoua avec la carrière sacrifiée et laissa de nouveaux visages croiser son chemin. Les heures s’égrenèrent en jours, puis en semaines. Le silence de son absence devint assourdissant dans la maison vide de Geoffrey. Et pour la première fois, la panique lui serra la gorge.
Avant qu’il ne puisse l’atteindre, une silhouette s’interposa. Une main ferme le repoussa, une présence glacée qui glaça l’air ambiant. John Johnson, le regard aussi coupant qu’une lame, lâcha cet avertissement cinglant : « On ne touche pas à ta belle-sœur. »
Il ne l’avait jamais aimée. Il s’en rendait compte maintenant, alors qu’il venait de la perdre. Mais lorsqu’il voulut enfin s’agenouiller pour elle, il n’y avait plus de place.
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Chapter: CHAPITRE 274 – Épilogue : Le jardin en fleurs– Tu en étais un, à l’époque. Un ennemi. Un rival.– Et maintenant ?– Maintenant, tu es tout. Mon amour, mon ami, mon refuge.Il serra ma main plus fort, et nous restâmes silencieux un long moment, à écouter les rires des enfants et le chant des oiseaux dans les branches du tilleul. Le soleil déclinait doucement à l’horizon, teintant le ciel de rose et d’or.– Je suis heureuse, John. Profondément, immensément heureuse.– Moi aussi, Isabella. Plus que je n’aurais jamais cru possible.Je tournai la tête vers lui, et je vis dans ses yeux gris toute la tendresse du monde.– Merci, murmurai-je.– De quoi ?– De m’avoir sauvée. De m’avoir aimée. De m’avoir donné ces enfants, cette famille, cette vie.– C’est toi qui m’as sauvé, Isabella. Ne l’oublie jamais.Je souris, et je posai ma tête contre son épaule. Le crépuscule approchait, et les premières étoiles commençaient à s’allumer dans le ciel. Les enfants riaient toujours, leurs silhouettes minuscules courant sur la pelouse. Les adultes b
Last Updated: 2026-05-16
Chapter: CHAPITRE 273 – Épilogue : Le jardin en fleursLa grande table avait été dressée sous l’arbre, recouverte d’une nappe blanche qui frémissait dans la brise. Les enfants – non, les adultes, corrigeai-je mentalement – s’affairaient autour du buffet. Gabriel, le visage grave et les gestes précis, disposait les assiettes avec ce soin qu’il mettait en toutes choses. Aurore avait apporté son violon et jouait une mélodie douce, assise sur le banc de pierre. Lya, les mains pleines de terre, montrait à sa fille comment planter un rosier. Et Victor, le petit dernier qui n’était plus si petit, discutait avec son père de mathématiques et de poésie, les deux passions qui se partageaient son cœur.Leurs conjoints respectifs riaient, échangeaient des souvenirs, s’émerveillaient de voir leurs propres enfants courir sur la pelouse. Il y avait là les petits-enfants, une ribambelle de gamins aux cheveux dans le vent, qui se poursuivaient autour du tilleul en poussant des cris joyeux. Certains avaient les yeux gris de John, d’autres les cheveux bruns
Last Updated: 2026-05-16
Chapter: CHAPITRE 272 – Épilogue : Le jardin en fleursEnfin, je pris la quatrième feuille, et je vis le visage de mon benjamin, ses yeux pétillants d’intelligence, ses questions incessantes qui nous laissaient sans voix.« Mon petit Victor,Tu portes le prénom de l’homme qui m’a sauvée. Victor Morel était un vieil architecte bourru, aux doigts calleux et au cœur tendre. Il m’a recueillie quand j’étais au fond du gouffre, et il m’a tout appris. J’espère que tu seras fier, un jour, de porter son nom. »Je repensai à ce jour où, à six ans, il avait calculé de tête des intérêts composés que beaucoup d’adultes n’auraient pu résoudre. Et je sus que son avenir était plein de promesses.« Tu as un don, Victor. Un don pour les mathématiques, pour la logique, pour la beauté des équations. Ne le gaspille pas. Mais souviens-toi que les chiffres ne sont pas tout. L’amour ne se calcule pas. L’amitié ne se mesure pas. Le bonheur ne se compte pas. Sois brillant, mais sois aussi humain. C’est le plus difficile, et le plus important. »Je reposai ma plume
Last Updated: 2026-05-16
Chapter: CHAPITRE 271 – La lettre aux enfantsJe commençai par lui, comme je l’avais toujours fait. Gabriel était mon aîné, celui qui avait ouvert la voie, celui qui portait le prénom de mon père et qui, sans le savoir, m’avait sauvée en venant au monde.« Mon cher Gabriel,Tu as été ma première renaissance. Avant toi, j’avais perdu un enfant, et cette perte m’avait brisée. Quand tu es né, si petit, si fragile, j’ai cru que mon cœur allait exploser de joie et de peur mêlées. Tu m’as appris à être mère. Tu m’as appris la patience, la douceur, la force. »Je m’interrompis un instant, revoyant le petit garçon qu’il avait été, ses boucles brunes, ses yeux gris si semblables à ceux de son père. Puis je repris ma plume.« Aujourd’hui, tu es architecte, comme ton grand-père, comme moi. Tu as choisi cette voie sans que je te l’impose, et c’est ce dont je suis la plus fière. L’architecture, Gabriel, n’est pas un métier. C’est une mission. Celle de créer des lieux où les gens vivent, s’aiment, se souviennent. Ne construis jamais pour ta gl
Last Updated: 2026-05-16
Chapter: CHAPITRE 270 – La lettre aux enfantsJohn s’approcha et me tendit une coupe de champagne.– À quoi penses-tu ? me demanda-t-il.– À mon père. À Victor. À tous ceux qui ne sont plus là pour voir ça.– Ils le voient, Isabella. Quelque part, j’en suis sûr.– Tu crois ?– Oui. Et ils sont fiers de toi.Je bus une gorgée de champagne, et je laissai les bulles pétiller sur ma langue. Puis je tournai les yeux vers la maison, vers ses murs de pierre, vers sa charpente de bois, vers sa grande baie vitrée qui reflétait le paysage.– C’était mon dernier projet, John. Vraiment le dernier.– Tu l’as déjà dit.– Mais cette fois, je le pense. Je n’ai plus envie de courir après des contrats, des concours, des récompenses. J’ai envie de me reposer. De profiter de toi, des enfants, de cette maison.– Alors, reposons-nous. Nous l’avons bien mérité.Il passa son bras autour de mes épaules, et nous restâmes ainsi un long moment, silencieux, à regarder le soleil décliner doucement derrière les montagnes.Au crépuscule, je m’assis seule sur le
Last Updated: 2026-05-16
Chapter: CHAPITRE 269 – L’inaugurationLe jour de l’inauguration se leva sur un ciel limpide, comme si les montagnes du Vercors elles-mêmes avaient décidé de célébrer l’événement. La petite maison se dressait au sommet de la colline, ses murs de pierre blonde et sa charpente de bois clair se découpant sur l’horizon avec une élégance sobre. Les baies vitrées reflétaient la lumière du matin, et le jardin, encore jeune, commençait à verdir sous les premières chaleurs de juin. Partout, des fleurs sauvages que les enfants Morel avaient plantées elles-mêmes, des bordures de lavande, un petit potager carré près de la terrasse.Je me tenais un peu en retrait, adossée au vieux chêne qui marquait la limite du terrain, et je regardais la scène. Anaïs et Thierry Morel étaient entourés de leur famille, de leurs amis, de leurs voisins. Les enfants couraient dans l’herbe, riaient, se poursuivaient autour de la table dressée pour le déjeuner. Les grands-parents, venus de leur village voisin, contemplaient la maison avec des yeux incrédule
Last Updated: 2026-05-16

Une séduction mortelle
Dans l’ombre d’un empire bâti sur la drogue et la peur, Don Alexandro Cruz règne sans partage. Maître d’un vaste réseau, il contrôle la ville grâce à une seule règle : le pouvoir avant tout.
Mais tout bascule le jour où Marco Veltrano, un trafiquant aussi discret que redoutable, s’installe sur son territoire avec une marchandise différente… une drogue pure, irrésistible, qui attire rapidement les clients les plus puissants.
D’abord alliés par intérêt, les deux hommes scellent un accord fragile. Mais lorsque l’ambition d’Alexandro se transforme en avidité, la confiance se brise. Ce qui n’était qu’un partenariat devient une guerre silencieuse, puis une lutte sans merci où chaque coup est calculé, chaque trahison fatale.
Dans l’ombre de ce conflit, Marco prépare son arme la plus dangereuse : Yvana Talata, une femme aussi belle qu’insoumise, prête à infiltrer l’univers d’Alexandro. Sa mission est simple : le séduire… et le détruire.
Mais rien ne se passe comme prévu.
Car face à elle, le puissant Don chute là où il ne s’y attendait pas : dans les pièges de son propre cœur. Obsession, désir, faiblesse… Alexandro s’égare, aveuglé par une passion qu’il ne contrôle plus.
Et dans un monde où l’amour est une faiblesse mortelle, une seule question demeure :
Qui trahira en premier… et qui survivra à cette guerre où le cœur vaut plus cher que le sang ?
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Chapter: CHAPITRE 53 : Emilio craqueAlexandro déploya une carte de la ville sur la table, planta une punaise rouge sur chaque position connue de Marco.– Il a frappé chez moi, dit-il. Il a pris ma sœur. Il a failli tuer Yvana. (Il leva les yeux vers ses hommes.) Je vais le tuer. De mes mains. Mais avant, je vais lui prendre tout ce qu’il a. Ses hommes, ses laboratoires, son argent. Je vais le réduire à rien.– Maître, dit l’un des lieutenants, un homme âgé nommé Sergio, on est fatigués. On a perdu beaucoup d’hommes. Les gars commencent à parler de partir.Alexandro le regarda, les yeux durs.– Ceux qui veulent partir peuvent partir. (Il marqua une pause.) Mais ils laissent leurs armes et leur loyauté à la porte. Et ils ne remettent plus jamais les pieds ici.Un silence pesant tomba sur la salle. Personne ne bougea.– Je reste, dit Leon.– Moi aussi, dit Emilio.Un par un, les autres hochèrent la tête. Ils restaient. Par peur, par loyauté, par habitude – peu importait. Ils restaient.– Bien, dit Alexandro. Alors voici le
Last Updated: 2026-05-27
Chapter: CHAPITRE 52 : L’échangeMinuit. Le pont était désert, éclairé par la lune et par quelques lampadaires vacillants. Le vent soufflait fort, soulevant des tourbillons de poussière. En dessous, la rivière n’était plus qu’un filet d’eau entre des pierres grises.Alexandro gara sa voiture à l’entrée du pont, sortit, les mains vides. Il portait une veste noire, un pantalon sombre, des chaussures de marche. Pas d’armes visibles – mais un couteau à la cheville, un petit calibre dans la doublure de sa veste. Il n’était pas fou.Il avança sur le pont, ses pas résonnant sur l’asphalte. Au milieu, Marco l’attendait, entouré de trois hommes armés. Lucia était à genoux, les mains liées, le visage en sang. Elle avait peur – il voyait ses yeux briller dans la pénombre.– Alexandro, dit Marco. Tu es venu. Je suis presque déçu. J’espérais que tu me résisterais un peu.– Lâche ma sœur, dit Alexandro.– D’abord, les territoires. J’ai amené un contrat. Tu signes, je la libère.Marco sortit une feuille de sa poche, la posa sur le
Last Updated: 2026-05-27
Chapter: CHAPITRE 51 : L’hôpitalLa salle d’attente sentait le désinfectant, la peur et l’attente. Alexandro était assis sur une chaise en plastique blanc, les coudes sur les genoux, la tête baissée. Ses vêtements étaient encore tachés du sang d’Yvana – séché, brun, macabre. Il n’avait pas voulu se changer. Il n’avait pas voulu quitter l’hôpital. Il était là depuis six heures, sans dormir, sans manger, sans parler.Leon était venu, malgré sa jambe brisée, s’asseoir à côté de lui. Il n’avait pas parlé non plus. Parfois, le silence était la seule forme de réconfort possible.Les médecins étaient sortis deux fois, des visages graves, des réponses évasives. « Elle a perdu beaucoup de sang. La balle a traversé le poumon. Elle est sous respiration artificielle. On fait tout notre possible. » Alexandro avait hoché la tête, sans poser de questions. Il n’aurait pas supporté la réponse.Il repensait au moment où elle s’était jetée devant lui. Ce geste, si rapide, si instinctif. Elle n’avait pas hésité. Elle avait pris la balle
Last Updated: 2026-05-27
Chapter: CHAPITRE 50 : La rançonIl appela Emilio – même blessé, Emilio était son homme de confiance. Il lui ordonna de préparer une équipe, des armes, des plans.– Il a dit seul, sans armes, dit Emilio.– Je m’en fous. Je ne vais pas me laisser tuer.– Et Lucia ?– Je vais la sortir de là. Même si je dois y laisser ma peau.Il raccrocha, monta dans sa voiture, et fonça vers la villa. Il devait prévenir Yvana. Il devait la voir, une dernière fois, au cas où.Yvana était dans sa chambre, à lire. Quand il entra, elle leva les yeux, vit son visage défait, et comprit.– Qu’est-ce qui se passe ?– Marco a ma sœur. Il veut m’échanger.– Non, dit-elle en se levant. Tu ne vas pas y aller.– Je n’ai pas le choix.– Si. Envoie tes hommes.– Il a dit seul. Si je viens avec des hommes, il la tue.– Alors laisse-moi y aller à ta place.– Quoi ? (Il la regarda, incrédule.) Non.– Je connais Marco. Je peux le négocier. Je peux le distraire pendant que tes hommes interviennent.– Et s’il te tue ?– Alors je mourrai. Mais Lucia vivra
Last Updated: 2026-05-18
Chapter: CHAPITRE 49 : Le deuxième kidnappéIl baissa la tête. Pour la première fois de sa vie, il ne savait pas quoi dire. Il avait tué des hommes sans remords, trahi des alliés sans scrupule, mais devant elle, il était nu. Désarmé.– Je ne l’ai jamais fait, avoua-t-il. M’excuser. Je ne sais pas comment on fait.– On dit « je suis désolé » et on ne recommence pas.– Je ne recommencerai pas.– Tu en es sûr ?– Je le jure.Elle le regarda longuement, cherchant le mensonge dans ses yeux. Elle n’en trouva pas. Mais la confiance était brisée, comme une assiette qu’on recolle – on voit toujours les fêlures.– Je te pardonne, dit-elle. Mais je vais garder mes distances. Un temps.– Combien de temps ?– Je ne sais pas. (Elle se leva, posa sa tasse dans l’évier.) Jusqu’à ce que j’arrête d’avoir peur de toi.Elle sortit de la cuisine sans se retourner.Il resta seul, assis à la table, à regarder la place vide en face de lui.Il avait gagné des guerres, perdu des batailles, survécu à des trahisons. Mais cette petite mort – celle de la co
Last Updated: 2026-05-18
Chapter: CHAPITRE 48 : Le réveil– Si. (Il se tourna vers elle, les yeux rouges, injectés de sang.) J’aurais dû savoir qu’il y avait encore une taupe. J’aurais dû interroger tout le monde. J’aurais dû tuer avant qu’on ne me tue.Il vida son deuxième verre, s’en servit un troisième.– Alexandro, tu devrais te reposer, dit Yvana en s’approchant.– Ne me dis pas ce que je devrais faire.– Je veux juste t’aider.– M’aider ? (Il ricana, un rire amer, sans joie.) C’est toi qui as commencé tout ça. Si tu n’étais pas venue, si tu n’avais pas posé ce micro, si tu n’avais pas couché avec moi pour me trahir… rien de tout ça ne serait arrivé.– Tu sais bien que ce n’est pas vrai.– Si. (Il posa son verre, s’approcha d’elle.) Tout ça est ta faute.Elle soutint son regard, mais elle sentait ses jambes trembler. Il était dangereux quand il buvait. Elle l’avait déjà vu violent, mais jamais contre elle. Jusqu’à ce soir.– Alexandro, recule, dit-elle doucement.– Pourquoi ? Tu as peur ?– Oui.– Bien. (Il leva la main, lui caressa la
Last Updated: 2026-05-18