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Au lendemain de la fête des moissons, Kael ne prend même pas le temps de se reposer, de panser les blessures légères qu'il a reçues pendant le duel contre Darius. Une estafilade sur l'avant-bras, une ecchymose sur la pommette, quelques courbatures dans les épaules , rien qui ne l'empêche de continuer sa mission. Il est déterminé, implacable, mû par une énergie que je ne lui avais
Il ne répond pas tout de suite. Ses doigts dessinent des cercles paresseux sur ma peau sous l’eau, un mouvement hypnotique qui éveille en moi un désir doux et lancinant. — Parce que tu n’as pas peur, répond-il enfin. Pour la première fois, tu n’as pas peur de moi. Et c’est… reposant. Il retire sa main aussi lentement qu’il l’avait posée, comme à regret. Puis il se lève et me contemple de toute sa hauteur. Le moment de fragilité est passé, mais il n’a pas disparu. Il s’est déposé entre nous comme une poussière d’étoiles, modifiant l’espace qui nous sépare. — Ne reste pas trop longtemps. L’eau chaude peut donner le vertige. Il se détourne et s’éloigne dans la pénombre, me laissant seule avec mon cœur battant et un trouble immense. Ce n’était pas une scène de domination. Ce n’était pas une leçon. C’était un moment d’intimité volé au temps et à la guerre. Un moment où le Fléau du Nord n’était qu’un homme, et où le Trésor
Liora L’été a fini par consumer l’air lui-même. La chaleur dans le palais de pierre noire est devenue une bête tapie, qui vous souffle son haleine fétide au visage dès que l’on quitte l’ombre des couloirs. Cinq mois de captivité, et je crois que je ne me suis toujours pas habituée à la moiteur étouffante de Volcra, à cette transpiration perpétuelle qui fait luire les torses nus des courtisans et coller les voiles sur les corps des dames. Je me languis des vents frais d’Eldoria, de la brise qui portait le parfum des vergers de mon père et faisait onduler les blés comme une mer d’or. Pour échapper à la fournaise de mes appartements, j’ai pris l’habitude d’errer dans les parties les plus reculées du palais, là où la morsure du soleil ne pénètre jamais, là où la roche volcanique garde une fraîcheur de tombeau. Ma condition m’offre une liberté de mouvement relative, à condition de ne jamais franchir les portes de la citadelle. Je suis le Trésor, la Favorite
Et moi, je suis assise sur mon trône, spectatrice impuissante, les joues en feu, le cœur battant à tout rompre. La ceinture de chasteté est lourde entre mes cuisses, me rappelant que je ne peux pas participer, que je ne peux pas me toucher, que je ne peux rien faire pour soulager la tension qui grandit en moi. — Tu es agitée, Liora, murmure Dorian en se penchant vers moi. Sa main se pose sur ma cuisse, remonte lentement sous ma tunique. Ses doigts effleurent le cuir de la ceinture, la boucle d'argent, le loup de Volcra gravé dans le métal. — Tu voudrais être à leur place ? Tu voudrais être touchée, caressée, possédée ? — Non, murmuré-je, mais ma voix est rauque, trahissante. — Tu mens. Mais ce soir, je ne t'en punirai pas. Ce soir, tu vas regarder. Tu vas regarder, et tu vas brûler. Et quand la cérémonie sera finie, quand toutes ces femmes seront repues, je t'emmènerai dans ma chambre. Et tu me supplier
Dorian se tourne vers moi, et son regard est si intense que j'en frissonne. — Toi, tu es la favorite. Le Trésor. La femme au-dessus de toutes les autres. Tu ne seras pas touchée ce soir, sauf par moi si je le décide. Mais tu seras présente. Tu regarderas. Tu apprendras. Tu verras jusqu'où va le pouvoir du roi de Volcra. Un cor retentit à l'extérieur, un son grave et prolongé qui fait vibrer les pierres de la salle. Les portes s'ouvrent, et le cortège commence. Ils entrent par couples, les nobles de Volcra et leurs femmes. Les hommes sont vêtus de leurs plus beaux atours, tuniques de velours, capes de soie, bijoux d'or et d'argent. Les femmes sont parées comme des offrandes, des couronnes de fleurs dans les cheveux, des voiles transparents sur le corps, des bijoux qui tintent à chacun de leurs pas. Certaines sont jeunes, à peine sorties de l'adolescence. D'autres sont mûres, épanouies, le regard chargé d'une e
Liora L'été est arrivé sur Volcra, un été brutal et sec qui calcine la roche noire des montagnes et fait miroiter l'air au-dessus des remparts. La chaleur est écrasante, une chaleur de fournaise qui transforme le palais en étuve. Les courtisans ont abandonné leurs tuniques de velours pour des voiles transparents, quand ils ne circulent pas entièrement nus dans les couloirs. Les fontaines de la cour intérieure sont prises d'assaut par des corps en sueur qui s'y ébattent sans pudeur. L'eau ruisselle sur les peaux bronzées, les rires fusent, les étreintes se nouent dans les bassins de marbre. Je regarde ce spectacle depuis la fenêtre de ma chambre, le front appuyé contre la vitre chaude. Quatre mois se sont écoulés depuis mon arrivée à Volcra. Quatre mois qui m'ont transformée d'une princesse vertueuse en une créature que je ne reconnais plus. Mon corps a changé, lui aussi. Les bains quotidiens, les massages aux huiles parfumées, l'exercice forc
Mes yeux se lèvent vers la cour, vers la foule silencieuse qui me fixe. Et dans cette foule, je vois Kael. Il est au premier rang, ses yeux verts brillant d'une lueur intense, un sourire étirant ses lèvres sensuelles. Il lève sa main dans un geste de salut ironique, et ce geste, cette complicité obscène, me fait basculer. L'orgasme me submerge avec une violence inouïe, plus fort que tous ceux que j'ai connus. Je crie, un long hurlement qui déchire le silence, qui rebondit sur les murs de la cour, qui s'engouffre dans les couloirs du palais. Mon corps se convulse contre la vitre, mes ongles griffent le plomb, mes jambes tremblent si fort que je manque de m'effondrer. Dorian me retient, ses mains puissantes me maintenant debout pendant qu'il continue à me posséder. Quelques coups de reins encore, et il jouit à son tour, un grognement sourd contre ma nuque, sa semence chaude se répandant en moi. Le silence retombe, uniqueme
Liora Je passe les deux jours suivants dans un état second, un brouillard cotonneux qui enveloppe mes pensées et ralentit mes mouvements. Helga vient trois fois par jour avec des servantes qui changent mes draps, vident les bassines, apportent des plateaux de nourriture que
Ses doigts continuent leur exploration, descendant sur mon ventre. Ils tracent des cercles paresseux autour de mon nombril, effleurent l'os de ma hanche, s'arrêtent à la naissance de ma cuisse. — Tu frissonnes, constate-t-il. De peur ou de froid ? — De peur, mu
Je secoue la tête, incapable de parler. — Parce que cela te rend vulnérable. Parce qu'une femme qui n'a plus un seul poil sur le corps se sent nue même quand elle est habillée. Parce que cela te rappelle, à chaque instant, que ton corps a été préparé pour moi, que chaque déta
Partout. Partout. Le mot résonne dans ma tête comme une cloche funèbre. Je secoue la tête vigoureusement, les mains agrippées au rebord de la baignoire. — Non. Non, je refuse. C'est... c'est indécent. C'est... — C'est l'ordre du roi.







