Se connecterPDV de Devon
Parfait. Mon petit tour de passe-passe a parfaitement fonctionné et son employée est partie. Je m’installe sur le tabouret en face d’elle, fais un signe au barman pour qu’il remplisse mon verre, et prends une gorgée du liquide ambré sans jamais la quitter des yeux. Elle me regarde comme si j’étais cinglé. Ça m’amuse. « Alors, Calie, le club te plaît ? » Je sens qu’elle est déstabilisée. Après que j’ai évincé son employée comme si de rien n’était, je décide de continuer sur ma lancée et de la tutoyer. « Pas vraiment le genre d’endroit que je fréquente, » dit-elle en buvant une gorgée de vin après avoir détourné le regard. Évidemment, une petite reine de la beauté comme elle doit trouver ce type de lieu bien trop sombre. Quel dommage, elle pourrait s’amuser ici ! « J’ai réfléchi à ta proposition, Devon. » Elle entre dans mon jeu. Elle me rend mon tutoiement et m’appelle par mon prénom. Ça promet d’être intéressant. « Et alors ? Qu’en dis-tu ? » « Malheureusement, ça ne va pas être possible. » Merde ! Je ne m’attendais pas à ça. « Pourquoi ? » « Pour plusieurs raisons, » dit-elle. « Nous n’avons tout simplement pas le temps. Je te l’ai dit, nos agendas sont complets, nous ne prenons pas de nouveaux clients. » « Et les autres raisons ? » dis-je, intrigué. Elle joue nerveusement avec le pied de son verre à vin. Un instant, je m’arrête pour observer ses mains, parfaitement manucurées, d’un rose clair avec le bout des ongles blanc. Elle a une telle grâce… « L’autre raison est que cela empiéterait sur nos jours de congé. Et pour conclure, même si vous payiez double, je n’ai pas besoin d’argent. Néanmoins, je te remercie pour ta proposition. » Elle allait se lever pour partir quand j’ai attrapé son poignet, sans savoir pourquoi. Ses yeux se sont d’abord posés sur ma main qui la tenait, puis sur mes yeux. « Lâche-moi ! » grogna-t-elle. Je l’ai fait. Je l’ai regardée franchir les deux grandes portes de mon club, sans comprendre pourquoi j’avais agi ainsi. Et, en prime, elle avait encore refusé mon offre. Je refais un signe au barman pour qu’il remplisse mon verre et retourne m’asseoir, d’une humeur de chien, à côté de mon frère qui s’amuse avec une danseuse. « Alors, elle a accepté ? » me lance Matt, tandis que la danseuse se frotte à lui comme une chatte en chaleur. « Non, » je lâche sèchement. Matt doit sentir que je ne suis pas d’humeur, parce qu’en moins de deux, il est à côté de moi, tandis que Kim retourne sur la scène avec un air désapprobateur. « Qu’est-ce qui s’est passé ? Racontes. » Je lui fais le résumé de ma conversation avec Calie, sans évoquer le geste que moi-même je ne comprends pas. « Elle sort avec ce crétin de Scott, le mec des logiciels de vidéosurveillance. » « Et alors ? Tu penses pouvoir faire pression sur lui pour qu’elle accepte ? » me dit mon frère. « Pourquoi pas, » dis-je, même si je ne sais pas pourquoi cette situation m’agace. Je n’ai tout simplement pas l’habitude qu’on me dise non. « Je vais tenter autre chose. Et si jamais elle refuse de nouveau, j’appellerai Scott. » Mon frère me toise comme si mon discours était un ramassis de conneries. « Je ne comprends pas très bien pourquoi tu as l’air si déçu par son refus, et pourquoi tu insistes autant. Il y a plein d’autres instituts où les filles seront bien prises en charge, Devon. » Il avait clairement raison, mais c’est avec elle que je voulais travailler. Elle était, comment dire… “sexy”, me soufflait ma petite voix intérieure. Non, intriguante serait plutôt le terme. Rares sont les femmes qui m’ont déjà dit non. Généralement, c’est moi qui dis non. « Je vais y aller, » dis-je à mon frère, le ton sec. « On se retrouve demain soir. Appelle-moi s’il y a quoi que ce soit. » Je récupère ma veste en cuir et mon casque dans mon bureau, puis je sors par la porte du personnel. Dès que je monte sur ma bécane, je sens le besoin de m’éloigner. Je file en direction de mon appartement, non loin du centre-ville, à seulement quelques kilomètres du club. Une fois arrivé, j’ouvre la porte et l’à referme sans me retourner avec l’arrière de mon pied. La porte claque fort derrière moi. Quelle réaction stupide, mais je suis trop perturbé par le refus de Calie pour prêter attention à ce genre de détails. Je continue dans ma lancée, jetant mes clés sur le petit meuble à l’entrée, accrochant ma veste comme un enfant mal luné après une journée d’école. Je retire mes bottes avec l’arrière de mes pieds, sans prendre la peine de me pencher. J’attrape mon téléphone dans ma poche et envoie un message à Calie. Devon 23:45 : J’ai réfléchi à ton refus. Tu as déjà Victoria, tu n’aurais que trois personnes de plus à caler dans ton agenda. Je te propose un essai. Un mois. Si c’est trop pour toi, on laisse tomber. En attendant sa réponse, je me dirige vers la douche. L’eau chaude coule sur moi, mais elle n’arrive pas à apaiser l’agitation qui monte en moi. Dix minutes plus tard, alors que j’enroule une serviette autour de mes hanches, je vérifie mon téléphone : rien. Je me dirige vers mon lit, l’esprit encore occupé par Calie et son refus. Elle doit dormir ou est-ce qu’elle s’envoie en l’air avec ce décile de Scott, me dis-je, mais l’idée me frustre davantage. Je m’allonge, les pensées s’embrouillent dans ma tête mais je les chassent rapidement. Demain est un autre jour. Mais alors que je scrute l’obscurité de ma chambre, je ne peux m’empêcher de me demander : Pourquoi ça me perturbe autant ? C’est juste une femme, non ? Ou peut-être est-ce qu’elle représente quelque chose de différent, quelque chose que je ne suis pas prêt à affronter.J’avais le sentiment de sortir la tête de l’eau ces derniers jours et d’aller de l’avant. Bien sûr, je pensais souvent à Calie. Son parfum sur l’oreiller n’avait pas encore totalement disparu. J’avais retrouvé un rythme et j’appréciais retourner au bureau. Je sortais avec des collègues, nous allions voir des matchs de foot. Évidemment, je surveillais ma consommation ; il n’était pas question que je me ridiculise une nouvelle fois après avoir été expulsé du Darknight et avoir annoncé à ma mère que celle que je croyais être la bonne n’était finalement pas amoureuse de moi.J’étais prêt à tout pour elle, j’aurais pu tout accepter. Elle était parfaite, si vous pouviez la voir. Belle à en crever, je crois qu’elle n’en avait même pas conscience. Ses cheveux châtain moyen, rappelant les couleurs de l’automne, tombaient en cascade dans son dos, laissant apparaître de petites ondulations. Ses yeux noisettes et ses longs cils incarnaient la luxure, et son sourire avait le pouvoir de mettre u
« Et puis merde, » soufflai-je, laissant mes inhibitions de côté. J’en avais envie, et ce désir était devenu irrésistible. Je l’ai attirée contre moi, ma main glissant dans le bas de son dos tandis que l’autre restait fermement accrochée à sa joue.Sans réfléchir, j’ai écrasé mes lèvres contre les siennes, une impulsion sauvage mêlée à une douceur brûlante, elle me rendit mon baiser passant ses bras autour de mon cou, ses lèvres se sont entrouvertes dans un accord silencieux, elle m'invita à entrer, la savourant d’avantage. Les caresses de nos langues, ses doigts maintenant enfouis dans mes cheveux, elle me le rendait bien. Je l’ai lentement dirigée vers l’estrade derrière nous, la soulevant délicatement sans rompre notre baiser. Ses jambes s’enroulèrent instinctivement autour de ma taille, créant un contact encore plus intime. Son dos plaqué contre le carrelage en néon. Nos mains, avides de découverte, commencèrent à s’explorer.Elle agrippa l’ourlet de mon t-shirt, le faisant gl
Point de vue de DevonMatt m’avait prévenu de l’arrivée de Calie pendant que je prenais la route. J’avais choisi de laisser ma moto au garage, le temps était vraiment dégueulasse.Quand je suis arrivé au club, mon frère était dans le bureau, plongé dans les commandes d’alcool pour le bar. J’ai rapidement franchi la porte pour le saluer, mais il s’est levé, enfilant sa veste avec une certaine hâte.« J’ai rendez-vous avec un commercial pour une nouvelle marque de whisky qui fait fureur en ce moment. Ça pourrait vraiment faire de la pub pour le club. Et j’ai aussi rendez-vous avec une journaliste qui veut écrire un article sur le Darknight. T’es libre plus tard pour en discuter ? »J’ai hoché la tête en signe d’accord. « Dis moi quand et j’y serais. »J’ai filé vers le vestiaire des femmes, mais personne. Pourtant, son matériel était là.En arrivant dans la grande salle, je suis resté, figé. La scène qui se déroulait sous mes yeux était à la fois comique et captivante. Je me suis insta
Les semaines qui ont suivi s’étaient écoulées à toute vitesse. Les échanges avec Devon étaient devenus purement professionnels, et je ne l’avais pas revu depuis ce fameux jour dans ma cuisine. C’était la deuxième fois que Lisa et moi nous occupions de Kim et Elena, et ça s’était étrangement bien passé. J’étais vraiment soulagée.Chaque fois que nous nous occupions de l’une d’entre elles, nous faisions un rapide debrief, échangeant nos avis respectifs sur leur comportement et discutant des nouvelles choses à mettre en place. Le lundi approchait à grands pas, et c’était mon tour de m’occuper de Lydia au club. Cela faisait quinze jours que je n’avais pas vu Devon, et un mélange d’appréhension et d’excitation m’envahissait à l’idée de me retrouver face à lui.Pas une seule fois nous n’avions abordé le sujet de ce qui s’était passé chez moi. Les semaines avaient été plutôt calmes. En pliant mes affaires, j’envoyai rapidement un SMS à Devon pour qu’il me donne l’heure de notre rendez-vous
J’arrivai à ma voiture, le moment était venu d’aller rendre visite à Scott.Dans le parking sous-terrain, l’anticipation se faisait sentir. Je n’étais pas hyper à l’aise avec le fait de discuter avec lui des incidents du lundi soir, mais il était important qu’on instaure quelques règles. J’avais aussi besoin de parler avec lui de ses intentions envers Devon et du comportement qu’il avait eu au club, ainsi que des menaces qu’il avait proférées avant d’être expulsé.Les étages défilaient, et je commençais à avoir les mains moites. Trois petits coups à la porte plus tard, Scott se tenait devant moi, en tenue décontractée.« Salut, » dis-je timidement.« Je suis content de te voir, entre, fais comme chez toi, » répondit-il avec un léger sourire.Je hochai la tête en entrant dans son appartement, qui me semblait complètement étranger depuis. Je remarquai assez facilement qu’il avait dû se laissé aller ces derniers jours. Scott était généralement à cheval sur les petites tâches quotidienne
Mon réveil sonna à 7h et je n’avais clairement pas assez dormi. La caféine serait mon allié aujourd’hui, pensais-je.Debout dans la cuisine, une tasse de café à la main, je repensais à Devon et à ce qui s’était passé ici, à cet endroit précis. Je me demandais ce qu’il se serait passé ensuite si Matt n’était pas arrivé.Le liquide chaud dans ma bouche m’aidait à sortir de mon état mollasson. J’aurais bien dormi quelques heures de plus. Je jetais un rapide coup d’œil à l’agenda. L’emploi du temps d’aujourd’hui était encore bien rempli, pas de Madame Harris à l’horizon, me dis-je.Mon téléphone vibra à ce moment-là et mon cœur s’emballa, j’espérais au fond de moi que ce serait peut-être Devon.Scott 7:20 : Je voulais m’excuser pour hier soir. Je n’étais pas moi-même. Tu me manques, c’est dur sans toi.J’appréciai son message, même si d’une certaine manière, ce n’était pas à moi qu’il devait des excuses pour son mauvais comportement. Je savais qu’il avait besoin de savoir que je ne le dé







