ANMELDENUne douce sonnerie résonna dans le grand salon des Scott.Assise confortablement dans son fauteuil, Leslie baissa les yeux vers le bracelet fin entourant son poignet avant de pousser un profond soupir dramatique.« Cette enfant contrôle désormais ma vie entière. »Installée non loin d’elle avec plusieurs dossiers ouverts devant elle, Isabella releva calmement les yeux.« Ce n’est pas ce que j’appellerais du contrôle. »Leslie lui montra immédiatement l’écran lumineux affichant une notification.Votre niveau d’activité est insuffisant aujourd’hui. Une marche de vingt minutes est recommandée.Quelques secondes plus tard, une autre notification apparut.Votre consommation de sucre aujourd’hui dépasse légèrement la moyenne recommandée. Essayez d’équilibrer avec des fruits frais ce soir.Leslie regarda l’écran avec indignation.« Tu vois ? Même mes desserts sont surveillés maintenant. »Cette fois, Isabella éclata doucement de rire.« Et pourtant tu suis les recommandations. »« Parce que
La pluie tombait doucement contre les immenses vitres du penthouse de Maya, enveloppant la ville d’une lumière grise et paisible. À l’intérieur pourtant, l’ambiance était chaleureuse.Des boîtes de pâtisseries ouvertes recouvraient une bonne partie de la table basse tandis qu’une odeur sucrée flottait encore dans le salon.« Je refuse de croire que tu manges tout ça sans conséquence physique. »Assise en tailleur sur le canapé, Maya observait Avalina avec une indignation parfaitement sincère pendant que cette dernière terminait tranquillement une tartelette aux fraises.« C’est scientifiquement absurde. »Avalina leva calmement les yeux vers elle avant de prendre une gorgée de thé.« C’est parce que mon âme est pure. »Maya resta silencieuse deux secondes avant d’éclater de rire.« Non, ça c’est du favoritisme cosmique. »Un léger sourire étira les lèvres d’Avalina.Et ce simple détail suffit à faire doucement disparaître l’amusement du visage de Maya.Parce qu’elle réalisait encore u
Le lendemain matin, le nom de Maison Eryndor occupait déjà l’ensemble des plateformes spécialisées du secteur du luxe.Dans les rédactions de magazines, dans les bureaux des investisseurs, dans les salons privés des clients les plus influents comme dans les discussions discrètes des grandes maisons concurrentes, une seule annonce circulait désormais avec une rapidité impressionnante.Maison Eryndor officialise aujourd’hui sa collaboration exclusive avec A. Vale. Nous souhaitons la bienvenue à un créateur dont le talent et la vision marqueront l’avenir de notre maison.Le communiqué était simple.Court.Élégant.Mais son impact était colossal.Parce que le nom de A. Vale ne représentait plus seulement un créateur mystérieux depuis longtemps. Dans le milieu du luxe, il était devenu une signature capable de transformer une collection en phénomène mondial. Chaque pièce portant cette identité provoquait des listes d’attente interminables, des ruptures immédiates et une attention médiatique
Le silence laissé après l’appel était presque oppressant.Ethan resta immobile plusieurs secondes, le téléphone toujours entre les mains, le regard fixé dans le vide. La tonalité coupée avait disparu depuis longtemps déjà, pourtant les derniers mots d’Avalina continuaient de résonner dans son esprit avec une précision dérangeante.À votre avis, Monsieur Blackwood ?Pas une négation.Pas une confirmation.Et c’était probablement pire ainsi.Parce qu’elle venait de faire exactement ce qu’il redoutait : lui laisser suffisamment d’espace pour réfléchir seul.Son regard glissa lentement vers les documents étalés devant lui. Les premières collaborations de A. Vale avec Blackwood. Les collections qui avaient redressé certaines périodes critiques de l’entreprise. Les signatures indirectes. Les contrats anonymisés.Et maintenant—ce nom lui paraissait presque évident.A. Vale.Avalina.Comment personne n’avait-il jamais fait le rapprochement ?Ou plutôt…comment lui ne l’avait-il jamais vu ?U
Le siège principal de Blackwood Group n’était jamais réellement silencieux. Même tard dans la nuit, alors que la majorité des étages étaient plongés dans une lumière tamisée, il subsistait toujours cette agitation discrète propre aux grandes structures qui ne dormaient jamais vraiment. Des assistants circulaient encore entre certains bureaux, des écrans restaient allumés dans les salles de réunion vitrées, et plusieurs équipes continuaient de travailler malgré l’heure avancée.Pourtant, au dernier étage, dans le vaste bureau réservé à la direction familiale, une atmosphère bien différente régnait.Plus lourde.Plus calme.Ethan se tenait debout devant l’immense baie vitrée, les mains dans les poches de son pantalon sombre, observant distraitement les lumières de la ville. Depuis son retour de l’événement Eryndor, il avait relu plusieurs fois les mêmes documents sans réellement avancer.Les dates.Les contrats.Les périodes de collaboration.Et ce nom qui revenait désormais constamment
Le retour vers la résidence Blackwood se fit dans un silence inhabituel.Depuis plusieurs années, Ethan avait appris à fonctionner dans le bruit permanent des affaires, des réunions et des décisions stratégiques. Son esprit ne s’arrêtait presque jamais réellement. Même lorsqu’il ne parlait pas, il analysait, anticipait, calculait.Mais cette nuit-là, quelque chose perturbait ce mécanisme.Il regardait distraitement les lumières de la ville défiler derrière la vitre teintée de la voiture sans réellement les voir. Son assistant, assis en face de lui, n’avait plus ajouté un mot depuis leur départ de Maison Eryndor. L’atmosphère n’était pas tendue, mais chargée d’une réflexion silencieuse que ni l’un ni l’autre ne semblait vouloir briser trop tôt.Parce que le problème n’était plus uniquement A. Vale.Le problème, désormais, était l’idée elle-même.Cette possibilité absurde qui refusait pourtant de disparaître.A. Vale.Avalina.Plus Ethan y repensait, plus ce simple rapprochement l’agaça







