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Chapitre 3 — Le doute s’installe

작가: Lucentia
last update 게시일: 2026-09-18 02:53:46

— Debout là-dedans !

J’entendis subitement et mon regard s’éclaircit sous l’effet de la lumière pénétrante du jour.

— Vous avez de la visite, Delhia Jones !!

La voix rugueuse de l’inspecteur Clovis, qui m’en informait, me réveilla complètement de mon sommeil.

Des minutes plus tard, je vis Michael rentrer. Instinctivement, je me suis levée, mais dans son regard, je sentis une froideur qui me fit frissonner.

Mes jambes flanchèrent et je ne sus même pas à quel moment je me suis rassise, suspendue à ce visage si fermé.

D’un coup, il frappa l’enveloppe contre la table et un grognement retentit au même instant.

— Michael, que t’arrive-t-il ?

Son grognement résonna de nouveau et, cette fois-ci, plus fortement.

Subitement, il étira le siège juste en face de moi et s’assit brusquement en me foudroyant des yeux.

Mes doigts frôlèrent les siens, mais très vite, il repoussa mes doigts... et enleva ses mains de la table.

— Michael... ma gorge se tendit sous cette incompréhension qui grandissait.

Il me fixait, ses doigts tremblaient légèrement.

Tout à coup, il ouvrit l’enveloppe et le déposa vivement face à moi.

— J’essaye de garder mon calme, Delhia, murmura-t-il entre ses dents qui se serraient.

— Toi-même, regarde, sa voix devint plus ferme.

Je pris le document...

« Analyse médicale »

Mes yeux descendirent plus bas.

« Nom de la patiente : Sylvia Clark »

— Sylvia...? m’étonnai-je.

Mon regard se leva vers le sien ; il me mitraillait.

— Que... que lui arrive-t-il ?

D’un bond, il se releva précipitamment et aussitôt, il plaça son visage près du mien.

Je sentis une colère montante, beaucoup trop contenue.

Et là, il me dit en me regardant droit dans les yeux :

— Je ne te reconnais plus, Delhia !! Tu as failli tuer ta meilleure amie en sachant très bien le risque qu’elle encourait. Tu as insisté pour lui faire ce gâteau et, comme par hasard, tu as rajouté la seule chose pour laquelle elle est allergique... du lait d’amande.

— Quoi ?!!! NON, MICHAEL !

Le lait d’amande pouvait lui être fatal... je le savais... mais je ne l’avais pas fait... non, je n’aurais jamais été capable de cela... je le pensais fermement.

— ÇA SUFFIT, DELHIA !! Michael s’exclama fermement.

Son regard plein de colère se transforma en un regard dédaigneux...

— Comment aurais-je pu faire quoique ce soit à Delhia ?? Alors qu’elle...

— Qu’elle est enceinte ?? Un rire amer émana de lui...

— Tu as donné toi-même la raison..., il s’arrêta, la voix pleine de colère.

— ...Malheureusement, cette fausse couche t’a complètement changée... même si je ne peux rien affirmer, sur cette drogue... Delhia, chaque son de voix qu’il produisait semblait résonner comme des tambours dans ma tête, dans mon cœur et au plus profond de mon être.

— ...sache que tu as complètement changé et ces analyses le prouvent... tu as attenté à la vie de ton amie... et le pire est que tu ne te rends pas compte de tes agissements.

— Michael, crois-moi, je sais très bien qu’elle en est allergique, mais de là à dire que j’ai voulu tuer son bébé... Michael !!

— Quoi alors ?? Quoi ?? Que voulais-tu faire en le rajoutant ?? Est-ce que tu t’entends parler ??

— Non, Michael... oui, j’ai fait ce gâteau, mais... mais... non, je ne me souviens pas...

Un rire amer s’échappa de nouveau.

Il s’avança vers moi et me prit les analyses de vive main.

— Tu as un problème et il est temps que tu le reconnaisses... tant que tu ne diras pas la vérité, ne compte pas sur moi pour te soutenir...

Je sentis comme un déchirement dans mon cœur...

La porte se claqua sans que je ne pus avoir l’occasion de lui dire quoique ce soit d’autre...

Je m’effondrai sur ma chaise, dépassée par ce qui se passait.

Avais-je totalement perdu la boule au point de ne plus me rendre compte de mes propres actions ?

Des heures se sont écoulées lorsque les inspecteurs Stacy et Clovis rentrèrent dans la pièce.

— Madame Jones, les brigades des stupéfiants se chargeront à présent de votre cas. Mais puisque vous semblez si rigide à l’idée de nous avouer enfin la vérité, les analyses sont formelles, signifia l’inspectrice Stacy d’un regard durci.

— Effectivement, vos analyses démontreront la présence d’une substance qui n’est rien d’autre que de la cocaïne !! termina son collègue, qui ouvrit le document et le déposa juste devant moi.

J’ai éclaté en sanglots.

— Non... non, bien sûr que non..., ma voix tremblait.

C’était mon nom qui y était écrit... Le test était positif... j’avais l’impression de vivre une autre vie.

— Ceci est votre dernière chance d’alléger votre cas. Dites-nous comment vous vous êtes procuré... votre époux l’a signifié lui également, vous n’êtes plus la même depuis fort longtemps.

Une claque violente retentit sur la table.

— Delhia Jones, dites quand et comment vous vous êtes procuré cette drogue !! La voix de cet homme est pire qu’un cauchemar.

— Bien, Madame Delhia... nous allons procéder autrement. Dites-nous ce que vous avez fait durant ces dernières 48 h et, cette fois, nous comparerons avec les déclarations de vos proches.

— Et cette fois-ci, vous ne pourrez plus nous mentir, de toute évidence... peut-être qu’à cet instant, vous nous direz toute la vérité sur cette drogue qui se trouvait dans votre sac et dont vous n’avez, comme par hasard, aucune idée de comment cela a pu arriver là-dedans, rajouta-t-il sur un ton empreint de sous-entendus qui me laissait totalement perplexe.

J’ai essuyé mes larmes, ravalé ma tristesse, les regardant droit dans les yeux, je leur ai dit de ma voix la plus posée, claire et sincère :

— Je n’ai rien à voir là-dedans. Je n’avouerai jamais quelque chose dont je ne suis pas coupable. Si vous souhaitez savoir ce que j’ai fait durant ces dernières 48 h, très bien. Aucun problème. Ces dernières 48 h, je les ai passées chez moi avec mon époux, ainsi qu’il suit...

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