เข้าสู่ระบบContrat avec le diable en costume
Chapitre 5: La signature
La tension dans le bureau est palpable. Je reste debout face à Rayan , qui me dévisage avec cet air à la fois amusé et agacé depuis que j’ai posé mes conditions sur la table. Il ne s’attendait visiblement pas à ce que je négocie. Tant pis pour lui. Je ne serai jamais une potiche qu’on manipule à sa guise.
— Vous êtes en position de faiblesse, et pourtant vous osez dicter vos règles.
Je soutiens son regard sans ciller.
— Ce ne sont pas des règles, ce sont mes limites. Si vous voulez que je joue le rôle de votre compagne, vous devrez les respecter. Sinon, trouvez quelqu’un d’autre.
Il se recule dans son fauteuil, les bras croisés, un sourire en coin flottant sur ses lèvres. Il m’observe comme un prédateur étudie une proie qui refuse de fuir. Cela ne me fait pas peur. J’ai trop à perdre pour céder maintenant, mais jamais je ne me perdrai moi-même.
— Très bien. Énoncez-les, ces fameuses limites.
Je prends une inspiration pour calmer les battements de mon cœur et je commence à énumérer, les poings légèrement serrés le long de mon corps.
— Je ne suis pas votre objet. Vous me traiterez avec respect, en privé comme en public. Pas d’humiliation, pas de remarques déplacées.
Il incline la tête, un sourcil levé.
— C’est noté. Ensuite ?
— Mon autonomie est non négociable. Je tiens à garder mon travail, ma vie, mes choix. Vous ne décidez pas de mon emploi du temps sans mon accord.
Un rire silencieux secoue ses épaules. Il passe une main dans ses cheveux sombres, les yeux brillants d’une ironie mordante.
— Vous me prenez pour un tyran, Mademoiselle Kiara ? Je n’ai pas l’intention de vous séquestrer.
Je l’ignore et poursuis, la voix un peu plus dure.
— Aucun contact physique non consenti. Je ne suis pas à vendre. Vous ne me touchez pas sans que je le veuille.
Cette fois, il cesse de sourire. Quelque chose passe dans son regard, une ombre indéchiffrable. Il hoche lentement la tête.
— Accepté.
Je ravale ma surprise. Je pensais qu’il résisterait davantage. Il se lève et contourne le bureau pour se planter juste devant moi. Il est trop près, son parfum boisé m’enveloppe. Je résiste à l’envie de reculer.
— Vous êtes surprenante, Kiara . Inconsciente, aussi.
Il tend la main vers la table où repose le contrat. Il le prend, le feuillette, puis saisit un stylo qu’il me présente.
— Signez.
L’atmosphère est électrique. Chaque centimètre de ma peau picote sous l’intensité de sa présence. Je prends le stylo sans le quitter des yeux et appose ma signature au bas du document. Il fait de même, d’un geste sec et élégant. Le bruit de la plume sur le papier scelle mon destin.
Je m’apprête à partir quand sa voix m’arrête, grave et tranchante comme une lame.
— Ne tombez pas amoureuse, Mademoiselle Kiara .Je brise tout ce que je touche.
__Rayan Gomez __
Elle se fige, la main sur la poignée de la porte. Je vois ses épaules se contracter sous le choc de mes paroles. Je devrais peut-être regretter de les avoir prononcées, mais l’avertissement est sincère. Cette femme ignore dans quel piège elle met les pieds. Mon monde est un champ de ruines, et quiconque s’en approche finit enseveli.
Elle se retourne lentement. Ses yeux noirs plantent leurs éclats dans les miens. Elle ne baisse pas le regard, jamais. Cela m’irrite et me fascine à parts égales. Je n’arrive pas à décider si son courage est de l’inconscience ou de la pure témérité.
— Ne vous inquiétez pas pour moi, Monsieur Gomez. Je ne suis pas de celles que l’on brise.
Sur ces mots, elle ouvre la porte et sort, me laissant seul avec son audace en suspens dans l’air climatisé. Je reste debout, les yeux fixés sur le battant refermé, un rictus au coin des lèvres.
Elle est différente. Plus tranchante. Plus vivante.
Je baisse les yeux sur les deux signatures au bas du contrat. Un pacte absurde, une mascarade nécessaire. Mais en la regardant partir, je sens poindre une certitude dérangeante : cette femme ne se brisera pas. Peut-être même qu’elle pourrait me fissurer.
J’effleure du doigt son nom sur le papier.
— On verra bien, Mademoiselle Kiara On verra bien.
Chapitre 40 : Le Dernier ChapitreKiaraVingt-cinq ans. Vingt-cinq ans que j'ai signé ce contrat absurde qui devait faire de moi une fausse fiancée. Vingt-cinq ans que j'ai rencontré l'homme qui allait devenir mon mari, le père de mes enfants, le compagnon de toute une vie. Si quelqu'un m'avait dit, ce jour-là, où j'en serais aujourd'hui, je ne l'aurais pas cru. J'aurais ri, sans doute. Ou j'aurais haussé les épaules, incrédule.Et pourtant, me voici. Assise sur le banc de pierre de la clairière, face à la mer, le Grand Livre ouvert sur les genoux. Mes cheveux sont devenus gris, des rides creusent mon visage, et mes mains tremblent légèrement quand je tourne les pages. Mais mon cœur, lui, est toujours le même. Il bat toujours aussi fort pour l'homme qui se tient à côté de moi.Rayan a vieilli, lui aussi. Ses tempes sont entièrement blanches, ses épaules se sont un peu voûtées, et il marche avec une canne depuis que sa hanche le fait souffrir. Mais ses yeux n'ont pas changé. Ils sont t
Chapitre 39 : Les HéritiersKiaraLes années continuent de filer, impitoyables et magnifiques à la fois. Espérance a seize ans aujourd'hui. Seize ans. Je n'arrive pas à y croire. La petite fille aux couettes et à l'ours en peluche est devenue une jeune femme élancée, aux longs cheveux bruns et aux yeux sombres hérités de son père. Elle est belle, intelligente, déterminée, et elle me rappelle chaque jour un peu plus la jeune femme que j'étais à son âge. À ceci près qu'elle, elle sait ce qu'elle veut. Elle veut être écrivain. Elle veut raconter des histoires, comme son père l'a fait avec le Grand Livre, comme je le faisais quand j'étais comédienne et que j'incarnais des personnages sur les planches.— Maman, tu peux m'aider avec ma cravate ?Gabriel, treize ans, se tient dans l'encadrement de la porte de ma chambre, l'air désespéré, une cravate bleue pendant lamentablement autour de son cou. Il a beau être un génie en mathématiques et en physique, capable de résoudre des équations que j
Chapitre 38 : Les Pages BlanchesKiaraCinq années ont passé depuis que Rayan m'a offert le Grand Livre. Cinq années que je n'ai pas vues filer, tant elles étaient remplies de vie, de rires, de petits bonheurs et de grandes émotions. Espérance a maintenant dix ans, elle est en CM2, et elle arbore un appareil dentaire qu'elle déteste mais qui, selon l'orthodontiste, lui donnera un sourire parfait. Gabriel, sept ans, est en CE1, et il passe son temps libre à démonter des objets pour comprendre comment ils fonctionnent. La dernière victime en date était le grille-pain, qui n'a malheureusement pas survécu à l'expérience.— Maman ! Gabriel a encore pris mes feutres !La voix d'Espérance résonne dans le penthouse, suivie du bruit caractéristique d'une course-poursuite dans le couloir. Je soupire, pose le dossier sur lequel je travaillais, et me prépare à jouer une fois de plus le rôle d'arbitre.— Gabriel, rends les feutres à ta sœur.— Mais j'en ai besoin ! Pour mon projet !— Quel projet
Chapitre 37 : Le Grand LivreKiaraGabriel a deux ans aujourd'hui. Deux ans que notre petit garçon est entré dans nos vies, deux ans qu'il a transformé notre famille en une joyeuse tribu où les rires et les pleurs se mêlent dans un chaos parfaitement orchestré. Pour célébrer son anniversaire, nous avons organisé une petite fête dans la clairière, comme nous le faisons chaque année pour chacun de nos enfants. Les guirlandes de fleurs sont de retour, les lanternes en verre soufflé oscillent doucement dans la brise de juin, et la longue table dressée sous les arbres croule sous les plats préparés par le traiteur qui officie à chacune de nos célébrations.Les invités sont les mêmes que d'habitude. Margaret, bien sûr, qui a tricoté un pull bien trop grand pour Gabriel "comme ça il pourra le porter l'hiver prochain". Marcus, qui a apporté un château fort en bois assez imposant pour occuper la moitié du salon. Mes parents, qui vieillissent doucement mais qui semblent rajeunir dès qu'ils pose
Chapitre 36 : Les Nouveaux ÉquilibresKiaraGabriel a six mois aujourd'hui. Six mois que notre famille s'est agrandie, six mois que nous avons appris à fonctionner à cinq, six mois de nuits écourtées, de biberons, de couches, de crises de larmes et de fous rires. L'arrivée d'un deuxième enfant a bouleversé nos habitudes bien plus profondément que je ne l'aurais imaginé. Avec Espérance, tout était nouveau, chaque étape était une découverte. Avec Gabriel, tout est familier, et pourtant rien n'est pareil. Chaque enfant est un monde en soi, avec son caractère, ses exigences, ses mystères.Gabriel est un bébé calme, observateur, presque méditatif. Là où Espérance hurlait pour un oui pour un non, lui se contente de gazouiller doucement, de suivre des yeux les mouvements de sa sœur avec une curiosité placide. Il a les yeux sombres de son père, les cheveux bruns de sa mère, et un sourire qui semble contenir toute la sagesse du monde. Parfois, je le regarde dormir dans son berceau, ses petits
Chapitre 35 : L'ArrivéeKiaraLes mois qui suivent l'annonce de ma grossesse sont une parenthèse de douceur dans nos vies pourtant bien remplies. L'hiver s'installe sur la baie, recouvrant la clairière d'un manteau blanc qui transforme notre refuge en un paysage de conte de fées. Espérance est fascinée par la neige, cette matière froide et brillante qu'elle découvre pour la première fois avec une conscience d'enfant. Elle passe des heures à construire des bonhommes informes que Rayan baptise pompeusement "sculptures contemporaines", à faire des anges dans la poudreuse, à tirer la langue pour attraper les flocons qui tombent du ciel.Ma grossesse se déroule sans complication, comme la première fois. Le bébé bouge beaucoup, surtout la nuit, et Rayan passe de longues minutes à parler à mon ventre, à lui raconter des histoires, à lui chanter les mêmes comptines qu'il chantait à Espérance quand elle était encore dans mon utérus. J'observe ces moments avec une émotion qui ne s'émousse pas,
Chapitre 9 : Les Apparences TrompeusesKiaraLe claquement de la porte d’entrée résonne comme un coup de tonnerre dans le silence ouaté du penthouse. Je suis assise sur le canapé, un mug de café brûlant entre les mains, mais je ne l’ai pas porté à mes lèvres. Je l’attends. Le journal people est éta
Contrat avec le diable en costume Chapitre 8: Le baiser répété — KiaraLe bruit de la réception me parvient par vagues, étouffé, lointain, de l’autre côté des grandes portes-fenêtres. Mes doigts glacés agrippent la rambarde en fer forgé du balcon. La nuit parisienne, indifférente à mon désastre,
Chapitre 7 : Les Regards de la MeuteKiaraLa salle du restaurant brille de mille feux. Les cristaux des lustres projettent des éclats mordorés sur les nappes d'un blanc immaculé, et le murmure feutré des conversations aisées tisse un voile d'élégance autour de notre table. Je suis assise, le dos b
Chapitre 6 : MétamorphoseKiaraLa boutique sent le lys et la poussière de riz. Un parfum de vieille fortune, de secrets chuchotés entre deux essayages. Trois femmes s'affairent autour de moi comme des abeilles autour d'une fleur qu'elles comptent bien butiner jusqu'à l'os. La couturière personnell







