Beranda / Romance / DIX ANS POUR TOUT REPRENDRE / Chapitre 4 : David, le seul témoin

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Chapitre 4 : David, le seul témoin

Penulis: Dledition
last update Tanggal publikasi: 2026-08-17 00:52:16

Aujourd'hui, je regrette cette fuite. Non pas parce que je pense que j'aurais pu gagner ce procès. Non. Je regrette d'avoir laissé mes ennemis croire qu'ils m'avaient détruite. Je regrette de leur avoir offert cette victoire. Je regrette de ne pas leur avoir craché au visage, de ne pas leur avoir montré que je survivrais, que je reviendrais, que je me vengerais.

La vengeance. C'est le mot que je n'ose pas prononcer à voix haute, même devant David. C'est le mot qui brûle dans ma poitrine, qui alimente mes journées, qui hante mes nuits. La vengeance n'est pas un sentiment noble. La vengeance n'est pas une quête romantique. La vengeance est une nécessité, une survie, une drogue. Une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer. Je le sais. Je l'ai appris à mes dépens.

Mon téléphone vibre à nouveau. David me rappelle notre rendez-vous. Il est temps de me préparer. Il est temps de quitter cette chambre d'hôtel, de descendre dans l'arène, de commencer le combat. Je me dirige vers la penderie. Mes vêtements sont alignés avec une précision militaire : tailleurs sombres, chemisiers blancs, chaussures élégantes. Rien de ce que l'ancienne Camille aurait porté. Rien qui puisse trahir la jeune femme fragile qui se cache sous l'armure.

Je m'habille lentement, méthodiquement. Chaque geste est calculé pour me donner du contrôle, pour me rappeler qui je suis désormais. Une femme d'affaires. Une conquérante. Une survivante. Je noue mes cheveux en un chignon serré. J'applique une touche de rouge à lèvres, un rouge profond, presque noir. Le rouge de la vengeance. Le rouge du sang.

Avant de quitter la chambre, je jette un dernier coup d'œil à mon reflet. La femme qui me regarde est froide, déterminée, impitoyable. Elle n'a plus rien à voir avec la jeune fille brisée du tribunal. Elle est devenue celle qu'elle avait promis de devenir. Celle qui fera payer. Celle qui reprendra tout.

— Ils ne savent pas encore, dis-je à voix basse. Mais ils vont savoir.

La porte se referme derrière moi avec un clic sec. Le couloir est silencieux, éclairé par une lumière douce. Mes talons résonnent sur le marbre. Je marche vers l'ascenseur, le dos droit, la tête haute. Personne ne peut deviner que je viens de traverser une décennie de souffrance en quelques minutes. Personne ne peut imaginer ce qui se trame derrière ce visage impassible. Personne ne sait que la vengeance est en marche.

Et c'est exactement comme ça que je veux que les choses se passent.

Camille

Le restaurant de l'hôtel est une vaste salle aux murs couverts de boiseries sombres, éclairée par des appliques en bronze diffusant une lumière tamisée. Les tables sont espacées, nappées de lin blanc, ornées de bouquets de fleurs fraîches. Le personnel s'affaire en silence, glissant entre les convives avec une discrétion de spectres. Tout ici respire l'argent, le pouvoir, la réussite. Tout ici est à l'image de la femme que je suis devenue.

David m'attend à une table près de la fenêtre. Il s'est installé de manière à voir l'entrée, dos au mur, une habitude qu'il a gardée de ses années dans les services de sécurité. Il se lève à mon approche, incline légèrement la tête. Un signe de respect, jamais de familiarité excessive. David comprend les limites de notre relation. Il est mon bras droit, mon confident, mon exécuteur. Rien de plus. Rien de moins.

— Madame, dit-il simplement.

Je m'assieds en face de lui, dispose ma serviette sur mes genoux. Un serveur apparaît aussitôt, verse de l'eau dans mon verre, propose un apéritif. Je commande un thé vert, sans rien d'autre. David opte pour un café noir. Nous restons silencieux jusqu'à ce que le serveur s'éloigne.

— Tout est prêt, reprend David à voix basse. Le notaire a confirmé. L'agent immobilier a préparé les documents. Les premiers contacts sont établis.

Je hoche la tête. David est un homme de peu de mots, mais chacun d'eux est pesé, vérifié, pertinent. Il a quarante ans, des épaules larges, des mains épaisses, un visage taillé à la serpe. Ancien agent de sécurité dans une grande entreprise, il a été licencié pour avoir désobéi à un ordre qui allait à l'encontre de ses principes. Je l'ai rencontré il y a cinq ans, dans un aéroport, alors que je venais de conclure une négociation houleuse. Il m'a aidée à me débarrasser d'un importun. Depuis, il est resté à mes côtés.

— Et nos cibles ? demandé-je.

David sort une tablette de sa sacoche, la pose sur la table, l'incline légèrement pour que je puisse voir l'écran. Des photos, des notes, des graphiques. Julien Lefèvre, directeur général de Lefèvre & Fils. Sarah Lefèvre, son épouse. Henri Lefèvre, le patriarche, président du conseil d'administration. Chacun avec sa description, ses habitudes, ses faiblesses.

— Julien Lefèvre est au bureau presque tous les jours, dit David. Il arrive tôt, part tard. Il est sous pression depuis que les rumeurs de rachat circulent. Son père lui met la pression.

— Et Sarah ?

— Elle passe ses journées entre les comités de charité et les déjeuners mondains. Elle voit un marchand d'art, Antoine Roux, deux fois par semaine. Le mariage bat de l'aile.

Je ne réponds pas. Ces informations, je les connais déjà. David me les répète pour que nous soyons sur la même longueur d'onde, pour que rien ne soit laissé au hasard. C'est notre rituel. Chaque détail compte. Chaque faiblesse doit être exploitée.

— Henri ? demandé-je.

— Le vieux est plus difficile à suivre. Il est prudent. Mais nous avons remarqué quelque chose d'étrange. Il reçoit des visites régulières d'un homme que nous n'avons pas encore identifié. Un homme d'une cinquantaine d'années, discret, qui entre par l'arrière de la maison.

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