Beranda / Romance / Daddy et moi 3 / Chapitre 2 : La petite annonce

Share

Chapitre 2 : La petite annonce

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-08-10 04:18:12

Fiorenza

Le lendemain matin, la pluie a cessé. Naples se réveille sous un ciel gris pâle, lavé, presque propre. Je quitte l'hôtel à sept heures, ma valise toujours avec moi, je ne la laisserai jamais derrière moi, elle contient tout ce que je possède. Le réceptionniste ne me regarde toujours pas quand je passe devant lui. Peut-être qu'il ne m'a même pas vue arriver. Peut-être qu'il ne me verra pas repartir. C'est parfait.

Je marche dans les rues encore désertes, mes pas résonnant sur les pavés mouillés. Le quartier de la gare est un labyrinthe de ruelles étroites, de façades décrépies, de linge qui pend aux fenêtres. Des chats faméliques fouillent les poubelles. Un vieil homme promène un chien minuscule. Un vendeur de journaux installe son kiosque en sifflotant.

Naples est une ville qui se réveille lentement, paresseusement, comme un animal qui sort de l'hibernation. Rien à voir avec Milan, ses gratte-ciel, ses cadences infernales, ses regards pressés. Ici, le temps semble s'écouler différemment. Plus lentement. Plus doucement.

Je pourrais presque me sentir en sécurité.

Je marche pendant une heure, sans but précis, mes yeux balayant les vitrines qui s'allument une à une. Boulangeries, pharmacies, cordonniers, librairies. Et puis, au détour d'une place ombragée, je la vois.

La vitrine est petite, discrète, coincée entre une fromagerie et un magasin de vêtements. Mais ce qu'il y a à l'intérieur me coupe le souffle. Des fleurs. Des dizaines de fleurs. Des roses, des pivoines, des orchidées, des lys, des tulipes, des compositions que je reconnais, des compositions que j'aurais pu créer de mes propres mains, à une autre époque, dans une autre vie.

Je reste figée devant la vitrine, le nez collé au verre, comme une enfant devant un magasin de jouets. Les fleurs ont toujours été mon refuge. À Milan, je travaillais dans une boutique du centre-ville, un petit paradis de verdure et de parfums où je passais mes journées à assembler des bouquets, à conseiller les clients, à oublier que ma vie était un enfer. C'était le seul endroit où je me sentais vivante. Le seul endroit où Adriano ne pouvait pas m'atteindre.

Il ne supportait pas que je travaille. Il ne supportait pas que j'aie une vie en dehors de lui. Il m'appelait dix fois par jour, débarquait à l'improviste, menaçait mon patron. Jusqu'à ce que je démissionne. Jusqu'à ce que je m'enferme dans l'appartement, coupée du monde, coupée de tout, prisonnière consentante d'un homme qui disait m'aimer.

Ma main se pose sur la vitre froide. Les fleurs sont là, de l'autre côté, inaccessibles. Une vague de nostalgie me submerge, si violente que j'en ai le souffle coupé. Je veux retrouver ça. Je veux retrouver l'odeur de la terre humide, le contact des pétales sous mes doigts, le bruit des ciseaux qui coupent les tiges. Je veux redevenir la femme que j'étais avant lui.

C'est alors que je vois l'annonce.

Elle est punaisée sur la porte de la fromagerie voisine, une simple feuille blanche imprimée en caractères élégants.

Le Ravelli Palace recrute fleuriste pour sa boutique intérieure. Expérience exigée. Discrétion absolue. Se présenter à l'accueil entre 9h et 12h.

Le Ravelli Palace. Ce nom ne m'évoque rien, ou presque. Un palace, évidemment, l'annonce le suggère. Un endroit luxueux, fréquenté par des riches, des célébrités, des hommes d'affaires. Le genre d'endroit où je n'ai jamais mis les pieds. Le genre d'endroit où je pourrais me cacher à la vue de tous.

Mais c'est le mot qui me décide.

Discrétion.

Discrétion absolue. Cela signifie qu'ils ne poseront pas de questions. Qu'ils ne chercheront pas à savoir d'où je viens, qui je suis vraiment, pourquoi une femme de mon âge postule pour un poste de fleuriste dans une ville où elle ne connaît personne. Cela signifie qu'ils respecteront mon silence, mon anonymat, ma fuite.

Je décolle l'annonce du panneau, la plie soigneusement, la glisse dans la poche de mon manteau. Puis je repars dans les rues de Naples, le cœur battant plus vite, un espoir absurde gonflant ma poitrine.

Le Ravelli Palace.

Je vais postuler.

L'hôtel est encore plus impressionnant que ce que j'imaginais.

Il se dresse sur le front de mer, une façade néoclassique de marbre blanc et de colonnes corinthiennes qui regarde la Méditerranée comme un dieu antique contemple sa création. Des palmiers encadrent l'entrée monumentale. Des voituriers en uniforme noir garent des voitures de luxe devant le perron. Des clients descendent de berlines aux vitres teintées, vêtus de costumes italiens et de robes de créateurs, leurs bijoux scintillant sous le soleil pâle.

Je reste figée sur le trottoir d'en face, ma valise à la main, mon manteau élimé soudain terriblement inadéquat. Qu'est-ce que je fais ici ? Je ne suis pas à ma place. Je ne le serai jamais. Je suis une fille de la classe ouvrière, une rescapée de la violence conjugale, une criminelle en fuite avec une fausse identité et trois mille euros en poche. Je n'ai rien à faire dans un palace.

Mais je n'ai pas le choix. Je n'ai plus d'argent, plus d'avenir, plus de refuge. Ce poste est ma seule chance.

Je traverse la rue, ma valise bringuebalant derrière moi, et je monte les marches du perron en essayant de me donner une contenance. Le hall est immense. Un dôme de verre couronne l'espace, inondant de lumière un sol de marbre veiné de rose et d'or. Des colonnes de porphyre soutiennent des arcs en plein cintre. Des canapés en velours pourpre accueillent des clients qui sirotent des cocktails en feuilletant des magazines. L'air sent le jasmin et l'encaustique.

Je me dirige vers le comptoir de l'accueil, mes talons claquant sur le marbre, consciente des regards curieux qui se tournent vers moi. Une jeune femme en tailleur bleu marine m'accueille avec un sourire professionnel qui s'efface presque immédiatement en voyant ma tenue.

— Bonjour, madame. Puis-je vous aider ?

Sa voix est froide, polie, teintée d'un mépris à peine dissimulé. Elle a vu ma valise, mon manteau râpé, mes chaussures usées. Elle a vu que je ne suis pas une cliente. Que je ne le serai jamais.

— Je viens pour l'annonce. Le poste de fleuriste.

Je déplie le papier froissé. Son regard se pose sur l'annonce, puis sur moi, puis à nouveau sur l'annonce. Elle hésite, une fraction de seconde. Puis elle décroche un téléphone intérieur, compose un numéro à trois chiffres, et murmure quelques mots que je n'entends pas.

— Signora Gallo va vous recevoir. Veuillez patienter dans le salon là-bas. Elle vous appellera.

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • Daddy et moi 3   Chapitre 12 : Le contrat

    Sa voix est grave, chaude, avec une légère raucité qui me caresse la colonne vertébrale. Une voix qui n'admet pas la désobéissance. Une voix qui commande, qui possède, qui soumet.Je ferme la porte. Le déclic du verrou résonne dans le silence comme un couperet.— Approchez.Je m'approche, mes talons s'enfonçant dans l'épaisse moquette. Je m'arrête à un mètre de son bureau, mes mains jointes devant moi, mes yeux baissés.— Regardez-moi.Je lève les yeux. Son visage est un masque impénétrable, mais ses yeux sont deux brasiers noirs où couve une lueur que je ne sais pas nommer. De la curiosité ? De la convoitise ? De la cruauté ?— Vous savez pourquoi vous êtes ici ?— Non, monsieur.— Vraiment ?Il prend un dossier posé sur son bureau, l'ouvre lentement, et je reconnais les documents que j'ai fournis à Signora Gallo. Mon CV falsifié. Mes références inventées. Ma fausse identité.— Fiorenza De Luca. Vingt-huit ans. Née dans les Abruzzes. Fleuriste chez Fiori di Milano pendant quatre ans.

  • Daddy et moi 3   Chapitre 11 : La convocation

    FiorenzaLe message arrive en fin de matinée, alors que je suis en train d'assembler un bouquet de pivoines pour la suite d'une princesse saoudienne. Signora Gallo entre dans l'atelier, son tailleur gris perle impeccable, ses cheveux argentés tirés en un chignon si serré qu'il étire ses traits. Elle ne me regarde pas. Elle regarde le bouquet, les fleurs éparpillées sur la table, les pétales tombés sur le sol de pierre.— Mademoiselle De Luca. Monsieur Ravelli vous attend dans son bureau. Ce soir, vingt heures précises.Ma main se fige sur la tige que j'étais en train de couper. Le sécateur reste suspendu en l'air, immobile, comme si le temps s'était arrêté.Monsieur Ravelli. Valerio Ravelli. Le propriétaire. L'homme de l'ascenseur. L'homme dont j'ai rêvé cette nuit, dont les yeux noirs me poursuivent depuis trois jours, dont le portrait me fixe chaque matin quand je traverse le hall.— Monsieur Ravelli ? je répète, la voix mal assurée. Pourquoi ?— Je ne suis pas sa secrétaire, mademo

  • Daddy et moi 3   Chapitre 10 : Enquête nocturne 2

    Je me lève, lentement, et je m'approche de la baie vitrée. La ville scintille sous mes pieds, belle et indifférente. Quelqu'un a introduit cette femme dans mon hôtel. Quelqu'un a orchestré son embauche, l'a guidée jusqu'ici, l'a placée sous mon nez comme un appât. Et ce quelqu'un est assez puissant, assez intelligent, assez retors pour couvrir ses traces. Adriano Bellini ? Peu probable. Un criminel de bas étage n'a pas les moyens d'infiltrer un palace de ce niveau. Alors qui ? Un concurrent ? Un ennemi ? Une vengeance qui couve depuis des années et qui s'apprête à éclater ? — Continue à creuser, dis-je sans me retourner. Je veux savoir qui a envoyé ce message. Et je veux aussi savoir où se trouve Bellini. S'il approche de Naples, je veux être prévenu dans l'heure. — Bien, monsieur. Et pour la fille ? Je me retourne. Le visage d'Enzo est impassible, mais je connais cet homme depuis assez longtemps pour lire entre les lignes de ses silences. Ce qu'il demande vraiment, c'est : que v

  • Daddy et moi 3   Chapitre 9 : Enquête nocturne

    ValerioLa nuit est mon royaume. Quand le Palace s'endort, quand les derniers clients regagnent leurs suites, quand le silence retombe sur les couloirs de marbre, je règne en maître absolu sur cet empire de verre et de pierre. Mon bureau panoramique domine la baie de Naples, et les lumières de la ville scintillent sous mes pieds comme une constellation que j'aurais créée de mes propres mains.Mais ce soir, je ne regarde pas la ville. Ce soir, je regarde le dossier posé sur mon sous-main de cuir.Enzo est debout devant moi, les mains derrière le dos, son crâne rasé luisant sous la lumière tamisée des lampes. Il est deux heures du matin, et il porte encore son costume noir, sa chemise blanche, sa cravate parfaitement nouée. Il ne dort jamais, ou s'il dort, il ne le montre pas. C'est une machine, un automate programmé pour obéir et protéger.— Le rapport complet, monsieur. Comme vous l'avez demandé.Je ne réponds pas tout de suite. Mes doigts caressent le bord du dossier, cette épaisse c

  • Daddy et moi 3   Chapitre 8 : L'ascenseur 2

    Je le regarde à la dérobée, incapable de détacher mes yeux de sa silhouette. Son dos est large, puissant, ses épaules tendant le tissu de sa veste à chaque mouvement infime. Ses mains sont glissées dans les poches de son pantalon, des mains longues, fines, aux doigts qui semblent capables de briser aussi bien que de caresser. Un détail infime, un bouton de manchette en argent gravé d'un blason que je ne reconnais pas, scintille sous la lumière tamisée de la cabine.Et puis l'ascenseur s'arrête. Les portes s'ouvrent sur un couloir de marbre, désert, silencieux. Il sort sans un regard en arrière, sans un mot, sans un signe qu'il a remarqué ma présence. Les portes se referment derrière lui, et l'ascenseur reprend sa descente.Je reste figée, le dos collé à la paroi, les jambes tremblantes. L'air qu'il a laissé derrière lui sent le cèdre, le cuir, et quelque chose d'autre, un parfum épicé, masculin, qui s'accroche à mes narines comme une signature olfactive.Je descends jusqu'au rez-de-ch

  • Daddy et moi 3   Chapitre 7 : L'ascenseur

    FiorenzaLa journée a été longue. Douze heures debout, les doigts dans la terre, les pétales, la sève, à courir entre l'atelier et le jardin d'hiver pour livrer des compositions florales aux clients du Palace. Franco m'a poussée jusqu'à mes limites, exigeant toujours plus de rapidité, plus de précision, plus de perfection. Je n'ai pas protesté. J'ai obéi, les dents serrées, les muscles douloureux, le cerveau en compote. C'est exactement ce dont j'avais besoin : un travail assez épuisant pour m'empêcher de penser, une fatigue assez écrasante pour m'assommer le soir venu et m'offrir quelques heures de sommeil sans rêves.Mais ce soir, la fatigue est différente. Elle est mêlée à une étrange fébrilité, une sensation de malaise diffus qui me poursuit depuis le milieu de l'après-midi. Peut-être est-ce le regard de Signora Gallo quand elle est passée dans l'atelier, ce regard appuyé, presque compatissant, qu'elle m'a lancé avant de disparaître dans l'escalier de service. Peut-être est-ce la

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status