تسجيل الدخولFiorenza
Je sors du Palace par la porte de service, mon sac en bandoulière, l'esprit encore troublé par la découverte de la chambre 505. Valerio n'a rien dit, mais son silence en disait long. Cette chambre est un sanctuaire, un tombeau, un souvenir qu'il refuse de partager. Et moi, par hasard, je suis tombée dessus.Je marche dans les rues de Naples, le soleil hivernal caressant mon visage. J'ai besoin d'air. Besoin de m'éloigner de l'hôtel, de ses couloirs silencieux, de seXimenaLa villa est silencieuse. Les domestiques sont partis. Les lumières sont éteintes. Les rideaux sont tirés. La lune brille à travers les vitres. Une lumière pâle. Argentée. Qui glisse sur le sol. Sur les draps. Sur nos peaux.Nous sommes dans la chambre. La grande chambre. Le lit immense. Les draps blancs. Les bougies. Des dizaines de bougies. Qui brûlent. Qui dansent. Qui éclairent. Qui réchauffent. Qui transforment la nuit en cathédrale. En temple. En sanctuaire.Valerio est debout. Devant la fenêtre. Il regarde les collines. Les vignes. Les cyprès. La nuit. Il ne dit rien. Il attend. Il respire. Ses épaules se soulèvent. Lentement. Profondément. Il est nu. Nu comme au premier jour. Nu comme toujours. Sa peau. Ses muscles. Ses cicatrices. Celles de la balle. Celles de la vie. Celles de l'amour.Je suis assise sur le lit. Je le regarde. Je le dévore des yeux. Je le connais par cœur. Chaque centimètre. Chaque courbe. Chaque relief.
Je prends une inspiration. Je ferme les yeux. Je les rouvre. Je le regarde. Droit dans les yeux. — Premièrement. Tu ne me mens jamais. Jamais. Même pour me protéger. Même pour me faire plaisir. Même pour rien. Jamais. — Jamais. — Deuxièmement. Tu me dis tout. Tout ce que tu penses. Tout ce que tu ressens. Tout ce que tu caches. Tout. — Tout. — Troisièmement. Tu me laisses être moi. Sans juger. Sans contrôler. Sans posséder. Je suis à toi. Mais je suis à moi aussi. Toujours. — Toujours. — Quatrièmement. Tu m'aimes. Même quand je suis insupportable. Même quand je suis têtue. Même quand je suis folle. Même quand je te déteste. — Même quand tu me détestes. — Cinquièmement. Tu me fais rire. Tous les jours. Même les jours sombres. Même les jours de pluie. Même les jours où tout va mal. — Tous les jours. — Sixiè
Ximena L'Italie. Je n'y suis jamais allée. Je n'ai jamais vu la Toscane. Les collines. Les cyprès. Les vignes. Les villages perchés. Les routes sinueuses. Les couleurs. L'ocre. Le vert. Le doré. Tout ce que les peintres ont essayé de capturer. Tout ce que les poètes ont essayé de décrire. Tout ce que je découvre. Maintenant. Avec lui. Nous sommes arrivés hier. Un vol privé. Un petit aéroport. Une voiture de location. Une route qui serpente. Des paysages à couper le souffle. Une villa. Immense. Ancienne. En pierre. Avec des volets verts et des géraniums aux fenêtres. Un jardin. Des oliviers. Des cyprès. Une piscine. Une vue. La vue. Sur les collines. Sur les vignes. Sur le ciel. Valerio m'a dit que c'était un cadeau. Un cadeau pour mon diplôme. Un cadeau pour nous. Un cadeau pour notre nouvelle vie. J'ai ri. J'ai pleuré. Je l'ai embrassé. Je l'ai remercié. Il a haussé les épaules. Il a dit que ce n'était rien
Le soir.Nous dînons dans un petit restaurant. Pas le Ritz. Pas le luxe. Un petit restaurant italien. Une trattoria. Des tables en bois. Des nappes à carreaux. Des bougies. De la musique douce. Des rires. Des conversations. Des vies.Valentina lève son verre.— À Ximena. À la femme la plus forte, la plus belle, la plus intelligente que je connaisse. À ma sœur. À mon amie. À mon modèle.— À Ximena.Nous trinquons. Le vin est rouge. Chaud. Un peu âpre. Il glisse dans ma gorge. Il réchauffe mon ventre. Il colore mes joues.Diego lève son verre.— À Ximena. Et à Serrano. À leur bonheur. À leur amour. À leur avenir. Et à moi. Parce que sans moi, ils seraient morts. Tous les deux. Et je mérite une médaille. Ou au moins un verre.— Diego !— Quoi ? C'est vrai.Il rit. Nous rions. Valerio rit. Un vrai rire. Un rire profond. Un rire qui secoue ses épaules. Un rire qui illumine son visage. Il r
Ximena Le réveil sonne à six heures. Je tends la main pour l'éteindre. Mes doigts rencontrent le vide. Le côté de Valerio est froid. Les draps froissés. L'oreiller encore marqué de la forme de sa tête. Il est parti. Il est toujours parti avant moi. Il ne dort presque jamais. Ou il dort trop peu. Quelques heures. Parfois moins. Son corps est une machine. Son esprit est une lame. Il ne s'arrête jamais. Je me lève. Je m'étire. Mon épaule tire. Toujours. La cicatrice est rose maintenant. Fine. Une ligne qui traverse ma peau comme un fil de soie. Je la touche. Je la connais par cœur. Chaque centimètre. Chaque relief. Chaque mémoire. Je prends ma douche. L'eau chaude glisse sur mon corps. Sur mes seins. Sur mon ventre. Sur mes cuisses. Je ferme les yeux. Je laisse l'eau me réveiller. Me purifier. Me préparer. Aujourd'hui est un grand jour. Aujourd'hui, je termine mes études. Aujourd'hui, je soutiens ma thèse. Aujo
L'après-midi passe. Les cours. Les couloirs. Les escaliers. Les toilettes. Les regards. Les chuchotements. Les ricanements. Les sourires. Les jugements. Tout un mélange. Tout un chaos. Tout un monde. Je marche à côté de lui. Toujours. Je ne le lâche pas. Ma main dans son bras. Mon épaule contre son épaule. Ma respiration calée sur la sienne. Je suis forte. Je suis à lui. Je suis moi. Dans le couloir du deuxième étage, un groupe de garçons nous bloque le passage. Trois. Quatre. Des grands. Des costauds. Des fils de famille. Des héritiers. Des prétendants. Des ennemis. — Serrano. — Messieurs. — On a entendu dire que tu t'étais marié. — C'est exact. — Avec elle. — Avec elle. — La fille qui a failli mourir. La fille qui a été kidnappée. La fille qui... — La fille qui est ma femme. Oui. C'est elle.







