Se connecterJe suis rentrée chez moi, les idées encore confuses. Mais pourquoi ce thème me taraude-t-il autant l’esprit : « dernier croisement » ?
Je suis à présent dans ma chambre, reposée et changée. Étant donné mon arrivée peu discrète ce matin, les domestiques ont évité de m’importuner. Ma chambre est spacieuse : on y trouve un grand lit avec des draps à motifs de fleurs de lys, un bureau, un dressing, ainsi qu’une porte menant à la douche. Les couleurs sont assorties — bleu, rose et noir. Les tableaux aux murs représentent des paysages ainsi que des photos de moi et de ma famille. Une porte-fenêtre donne sur mon balcon, offrant une vue sur notre jardin et la piscine. Il doit être environ 22 heures maintenant. Je ne suis pas sortie de ma chambre ; j’avais besoin de retrouver mes esprits. Quand je suis arrivée à la villa en taxi, j’ai immédiatement envoyé le chauffeur chercher ma voiture, puis je me suis dirigée vers ma chambre sans plus de cérémonie. Je sais que Lindsey et moi sommes sorties hier, mais j’ai un trou noir à partir du moment où elle a demandé à aller aux toilettes, après qu’on nous a offert des verres. Que s’est-il passé ensuite pour que je me retrouve chez Kris Bell ? D’après ce qu’il m’a expliqué, je me suis évanouie dans ses bras en fuyant quelque chose. Mais quoi ? Je me lève de mon bureau et me dirige vers la porte-fenêtre en contournant mon lit. J’étais en peignoir, prête à me coucher, mais j’attends une visite : Lindsey. Elle doit venir m’expliquer ce qui s’est passé. Même si je ne suis pas sortie de ma chambre, je sais qu’elle est rentrée ce matin après moi, et que mon père n’est revenu que ce soir. Je l’ai prévenu que je rattraperai mes heures au bureau demain. J’observe le ciel étoilé, si immense, lorsque quelqu’un toque à ma porte. Enfin, l’heure des explications a sonné. D’une voix posée et sereine, je réponds : — Entrez. Elle ouvre doucement la porte et entre, un peu incertaine. — Kara, chérie… Je fronce les sourcils. — Sois directe, Lindsey. Que s’est-il passé hier ? — Te rappelles-tu de quelque chose en particulier ? — Devrais-je ? — Oh, mais non, mais non… Très suspect, tout ça. Lindsey et moi n’avons jamais été très proches, sans que je sache vraiment pourquoi. — Tu m’as dit vouloir tisser des liens, alors tu as proposé qu’on sorte, et voilà comment ça s’est terminé. Donc tu as intérêt à me dire où tu as disparu hier, ma belle. Elle tousse légèrement avant de répondre : — C’est plutôt toi qui as disparu, Kara. J’étais allée aux toilettes et, à mon retour, tu n’étais plus là. Je suis perdue. Pourtant, je suis une fille réfléchie. Je ne serais pas partie sans raison. Quelque chose fait tilt dans ma tête, un souvenir revient. — Je me souviens m’être sentie mal après avoir bu le verre qu’on m’a servi après ton départ. Je suis aussi sûre d’être partie te chercher aux toilettes. Tu n’as rien à dire là-dessus ? Elle grimace, visiblement troublée par ma réponse. — Kara, que veux-tu dire par là ? Tu ne tiens sûrement pas l’alcool. Et si tu es partie me chercher, je ne t’ai pourtant pas vue. Tout cela ne tient pas. Je soupire et m’assois sur mon lit. Je suis une femme d’affaires ; je participe souvent à des dîners professionnels. Être ivre après un seul verre est inconcevable. — Je vais en rester là pour ce soir. Mais dès que je me souviendrai de quoi que ce soit, tu devras me rendre des comptes. — Bien sûr, bien sûr… Mais dis-moi, comment es-tu rentrée ? Où as-tu passé la nuit ? Je lui lance un regard noir et ferme. Elle a toujours eu un peu peur de moi. — Ce ne sont pas tes affaires. Est-ce que je te pose des questions, moi ? Tu es rentrée après moi pourtant. Tu peux sortir maintenant. — Bien… Elle se retourne et sort. Dois-je m’en tenir à ce qu’elle a dit ? Non, il y a anguille sous roche. Mais je n’ai rien d’autre pour l’instant, alors je vais laisser tomber… pour le moment. Je consulte mon téléphone, réponds à quelques messages, puis me glisse dans mon lit. Alors que je m’endors, le visage de cet homme me revient à l’esprit. On dirait que je ne m’en lasse pas… C’est sur ces pensées que je me laisse emporter par Morphée…PDV : Kara Je suis sur le terrain pour une inspection de dernière minute du projet de rénovation Étoiles Filantes, notre futur hôtel de prestige. Il combinera chic et classe à l’état naturel. Un pur chef d’œuvre. Et j’y compte bien. La chaleur est écrasante, mais je reste concentrée. Aujourd’hui, je dois rencontrer le chef de chantier, M. Kevin Garden, pour faire le point final sur l’avancement des travaux. Sidney, mon assistante, me suit de près, tablette en main. Et moi sur mes talons ,posture droite et démarche sereine. — D’après ce que je vois, les choses ont bien avancé. Étoiles Filantes pourra bientôt ouvrir ses portes…. L’inauguration ne sera plus qu’une question de temps.Qu’en penses-tu, Sid ? — On est en plein développement, mais l’efficacité de l’équipe est remarquable. Je puis dire que je suis moi même très satisfaite du rendu mademoiselle. Je hoche la tête, satisfaite, et m’avance vers les ouvriers. Mais à peine arrivée, des éclats de rire fusent. Mon regard se dur
PDV : LindseyJe me trouve dans l’un des endroits que je déteste le plus : un bidonville. Toutes ces personnes me répugnent… beurk. Je paie le chauffeur Uber et descends. Je marche vers le point de rendez-vous, essayant d’éviter de salir mes talons Louboutin.Je m’approche d’une maison abandonnée et toque deux fois. La porte grince avant de s’ouvrir sur un visage que je connais trop bien. Qu’il est moche… pfff. Luca est peut-être obsédé, mais son visage est magnifique. Dommage qu’il s’intéresse à cette sale gosse, Kara.Je le suis à l’intérieur avec mon air hautain habituel. Nous nous arrêtons et il se tourne vers moi.— Vous avez mon argent, mademoiselle ? dit-il d’une voix tout aussi désagréable que lui.— T’ai-je permis de parler ? As-tu seulement le droit d’exiger quoi que ce soit ?Il grince des dents, son regard s’assombrit.— Je m’excuse, mademoiselle… mais j’ai fait le boulot. J’ai aidé monsieur Luca à mettre la drogue dans le verre.— Tais-toi ! Travail bâclé et mal fait ! Tu
Mon cœur battait la chamade et, si je ne me retenais pas, je flancherais. Il n’était plus qu’à un centimètre de mon visage. J’ouvre grand les yeux et ne peux m’empêcher de penser à cette idée fatidique : va-t-il… va-t-il m’embrasser ? Il entrouvre légèrement ses lèvres et mes pensées s’arrêtent.Je cesse de réfléchir et mon regard reste figé dans le sien. Au moment où il est assez proche, les lèvres entrouvertes, je veux dire quelque chose… mais quoi ? Il m’hypnotise. Ses lèvres murmurent quelque chose. Je me secoue intérieurement et reviens à la réalité pour comprendre ce qu’il disait.— M’entendez-vous, Kara ?Je bégaye encore un peu, toujours secouée.— Euh… qu’avez-vous dit ? Vous êtes si proche, monsieur…— J’ai dit : comment m’appelles-tu ?Il referme son emprise et moi, toujours coincée entre lui et le bureau, je ne comprends pas vraiment sa question.— Je ne vous suis pas très bien, monsieur Bell.— Tu m’appelles par mon nom de famille, et tellement formellement… Je te tutoi
C’est une belle matinée qui se profile à l’horizon. Les rayons du soleil montraient déjà le bout de leur nez. Je suis très ponctuelle, surtout pour le travail ; je ne ménage aucun effort pour cela. Je me regarde une dernière fois dans le miroir pour m’assurer que tout est parfait.Ma coiffure blonde relâchée tombait sur mes épaules, mon léger maquillage me donnait un air doux mais sérieux, et ma veste-robe noire m’allait parfaitement, surmontée de mes talons noirs pour que mon style de PDG soit parfait. Je prends mon sac à main Louis Vuitton et sors de ma chambre, descends les escaliers et passe par le salon, recevant les salutations du personnel.J’arrive enfin à la cuisine où la table du petit déjeuner était déjà dressée autour de mon père et Lindsey. Je m’approche de mon père.— Bonjour père, dis-je en lui faisant la bise.— Bonjour ma chérie, comment te sens-tu aujourd’hui ? J’ai ouï dire que ça n’allait pas hier.Je m’assieds et Dame Brigitte me sert mon assiette. C’est l’intenda
Je suis rentrée chez moi, les idées encore confuses. Mais pourquoi ce thème me taraude-t-il autant l’esprit : « dernier croisement » ? Je suis à présent dans ma chambre, reposée et changée. Étant donné mon arrivée peu discrète ce matin, les domestiques ont évité de m’importuner. Ma chambre est spacieuse : on y trouve un grand lit avec des draps à motifs de fleurs de lys, un bureau, un dressing, ainsi qu’une porte menant à la douche. Les couleurs sont assorties — bleu, rose et noir. Les tableaux aux murs représentent des paysages ainsi que des photos de moi et de ma famille. Une porte-fenêtre donne sur mon balcon, offrant une vue sur notre jardin et la piscine. Il doit être environ 22 heures maintenant. Je ne suis pas sortie de ma chambre ; j’avais besoin de retrouver mes esprits. Quand je suis arrivée à la villa en taxi, j’ai immédiatement envoyé le chauffeur chercher ma voiture, puis je me suis dirigée vers ma chambre sans plus de cérémonie. Je sais que Lindsey et moi sommes sorti
Je ressentais des rayons sur mon visage et je ne pus m'empêcher d'ouvrir lentement les yeux. Je vis une porte-fenêtre ouverte qui permettait aux rayons du soleil de m'atteindre d'où j'étais. Je me relevai aussitôt avec un mal de tête horrible et je commençai à avoir les idées claires sur le moment. Je balayai mon regard dans la pièce, une grande chambre avec une architecture magnifique. La baie vitrée qui occupait presque tout un mur laissait entrer la lumière du jour et offrait une vue époustouflante sur les gratte-ciel du centre-ville de Toronto. Le lac Ontario scintillait dans la lumière du matin, offrant un contraste apaisant avec l'activité frénétique de la ville.Je me trouvais dans un grand lit à baldaquin, avec des draps de soie et des oreillers moelleux. J'essayai de me rappeler les événements d'hier, mais rien ne venait à moi à part le fait que j'étais avec Lindsey hier en boîte de nuit, ce qui signalait être une mauvaise idée. Mais quelque chose clochait, mon esprit était m







