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Chapitre 29 : La Braise et l'Étau

Author: Darkness
last update Last Updated: 2026-01-16 19:29:20

Cassandre

La porte de la cabine se referme sur un silence cotonneux. Le monde extérieur , les restes du studio, l’écho des flashs, le parfum de Nikos est coupé. Ici, il n’y a que le rythme saccadé de mon souffle contre le cuir et le bourdonnement aigu dans mes oreilles.

Mes doigts cherchent les attaches du corset. Ils tremblent, maladroits, glissant sur le cuir lisse et la sueur. Chaque boucle défaite est une libération minuscule, un souffle qui revient, un peu plus profond. Le vêtement tombe à
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    CassiaDes regards se collent à moi. Des regards d’hommes, avides, fascinés. Des regards de femmes, jalouses ou admiratives. Je les absorbe. Ce sont des preuves. Je suis encore là. Je peux encore attirer, troubler, exister par moi-même.Léa crie quelque chose à mon oreille, inaudible. Chloé rit, tournoie. Nous formons un triangle de lumière et de chair, un rempart temporaire contre le monde de Nikos.Au plus fort de la nuit, le visage d’Anton me traverse l’esprit. Il doit savoir. Il est peut-être dehors, dans l’ombre, à observer. La pensée devrait me glacer.Elle m’excite, au contraire.Je danse plus sauvagement. Je ris plus fort. Je laisse un inconnu aux mains baladeuses me frôler, avant de le repousser d’un regard qui le gèle. Cette puissance est nouvelle. Elle est dangereuse. Elle est addictive.Je suis la braise, dehors, dans la nuit. Et pour l’instant, personne ne contrôle l’oxygène.L’aube n’est pas loin quand nous émergeons, épuisées, les oreilles bourdonnantes, les pieds meurt

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    CassandreLa porte est close. Le silence de l’écrin blanc et parfait s’épaissit, devient palpable. Il pense m’avoir enfermée ici avec ma rage, qu’elle va tourner en rond, s’user contre les murs lisses. Il pense que la solitude et le luxe vont me travailler, me rendre malléable.Il se trompe.La rage ne doit pas tourner en rond. Elle doit se durcir, s’affûter. Et pour cela, il lui faut du contraste. Il lui faut le monde. Le bruit, le mouvement, les regards. Il faut que je me souvienne qui je suis, en dehors de son regard à lui. Avant qu’il ne façonne entièrement l’image.Je traverse le salon, mes doigts effleurant les surfaces froides. Le bureau design. Une tablette y est posée, allumée, vierge. Un outil. Ou un piège. Je l’ignore. Mes yeux parcourent les angles des plafonds, les cadres trop neutres. Ses yeux sont ici, quelque part. Son oreille.Très bien. Qu’il écoute. Qu’il regarde. Je vais lui donner un spectacle.Je prends la tablette. Je ne cherche pas. Je sais. Mes contacts à moi,

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    CassandreLa porte de la cabine se referme sur un silence cotonneux. Le monde extérieur , les restes du studio, l’écho des flashs, le parfum de Nikos est coupé. Ici, il n’y a que le rythme saccadé de mon souffle contre le cuir et le bourdonnement aigu dans mes oreilles.Mes doigts cherchent les attaches du corset. Ils tremblent, maladroits, glissant sur le cuir lisse et la sueur. Chaque boucle défaite est une libération minuscule, un souffle qui revient, un peu plus profond. Le vêtement tombe à mes pieds avec un bruit mou. L’air frais du studio, pourtant tiède, me mord la peau comme une lame. Je frissonne. Ce n’est pas le froid. C’est le relâchement. Le corps, après la bataille, découvre ses blessures.Je m’appuie contre le miroir. Mon reflet me fixe — un visage de guerre peint, les yeux cernés de khôl mangé, la bouche encore crispée dans un rictus fantôme. La fille dans la glace a l’air folle. Ou libre. La ligne est mince. Je ferme les yeux. Je revois le sien, dans l’ombre. Cet insta

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    CassandreEt puis, je le sens.Une présence nouvelle dans l’ombre.Un froid dans la nuque qui n’a rien à voir avec la climatisation.Je ne tourne pas la tête.Je continue à fixer l’objectif, mon visage un masque de marbre.Mais du coin de l’œil,je perçois un mouvement dans le coin sombre, près du canapé. Une silhouette s’est assise. Elle croise les jambes. Une lueur faible , l’écran d’un téléphone ou la braise d’une cigarette s’allume puis s’éteint.Nikos.Il est venu.La terreur monte d’un coup, acide, au fond de ma gorge. Un vertige. Les lumières se mettent à danser. La voix de Viktor devient lointaine, étouffée.—Cassandre ? Un peu plus d’énergie, peut-être ? L’envol, c’est aussi une force. Montrez-moi la colère.La colère.Je la sens,soudain, comme un animal fou se réveillant dans ma poitrine, se débattant contre le corset de cuir. Une colère pure, brute, qui brûle la peur. Elle monte de mes entrailles, embrase mes veines. Ce n’est plus la lassitude, la douleur distante. C’est de l

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    CassandreLe studio est un hangar de lumière et d’ombres. Des hauteurs du plafond, des projecteurs pendent comme des guêpes métalliques, éteints pour l’instant. Des rouleaux de fonds en papier, des paravents, des échelles. L’air sent la poussière et le café froid. Une nervosité créative palpable. Et au fond, près d’un écran d’ordinateur portable, un espace plus sombre, aménagé avec un canapé bas, une table. Le poste d’observation.La voiture s’est arrêtée à l’arrière, porte dérobée. Anton a ouvert, vérifié le périmètre d’un regard, avant de me laisser passer devant lui. Nous sommes entrés dans un couloir de béton, puis directement dans la fournaise glacée de la préparation.— Cassandre ! Enfin ! La voix est trop joyeuse, trop forte. Élodie, la directrice de production, s’avance, les mains tendues comme pour une étreinte qu’elle n’osera pas terminer. Elle s’arrête à un mètre, prend mon apparence des pieds à la tête. Un sourire professionnel, crispé. — Le voyage s’est bien passé ? Vous

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