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Impossible

Author: Anatory
last update publish date: 2026-03-28 05:31:19

Il pensait que j’allais supplier. Il ne m’avait jamais vraiment regardée.

Alexandre était rentré avant moi. Je le trouvai assis dans le salon, son iPad sur les genoux, une tasse de café à la main. Il portait une chemise blanche propre, le col ouvert, les cheveux encore humides il avait pris une douche en rentrant. Cette image de normalité domestique, ce tableau d’un homme revenu chez lui après une journée de travail, me parut ce soir-là plus indécente que n’importe quelle autre chose de la jou
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    Le déjeuner se déroula en plein air, près de l'étang. Une grande nappe blanche, des plats de saison, des rires et des discussions. Elsa était assise entre Marcus et la mère de Julien, une femme rieuse qui lui raconta des anecdotes sur la jeunesse de Marcus.— Il était timide, dit-elle. Très timide. Il rougissait dès qu'une fille le regardait.— Ce n'est plus le cas, dit Elsa.— Non, effectivement. Il a changé.Marcus sourit, gêné.— C'était il y a longtemps.— Pas si longtemps, dit Julien en s'approchant avec un verre de vin. Tu te souviens de la fois où tu es tombé dans la rivière devant tout le monde ?— Non.— Si. Tu avais seize ans, tu voulais impressionner une fille…— Julien.— Elle s'appelait Sophie. Tu avais fait un plongeon, mais tu avais mal calculé.Marcus posa sa fourchette.— Ça suffit.— Pourquoi ? C'est drôle.— Non. C'est du passé.Julien leva les mains, souriant.— D'accord, d'accord. Je ne dirai plus rien. On va parler des iris, tiens.Elsa regarda Marcus. Il avait l

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    La valise était ouverte sur le lit, à moitié vide, à moitié pleine. Elsa la regardait sans la voir. Ses doigts jouaient machinalement avec un col de chemise, ses yeux fixant le vide, sa tête ailleurs.Elle n'arrivait pas à se décider.Pas sur les vêtements elle avait déjà choisi trois robes, deux pulls, un manteau élégant. Sur le reste. Sur ce week-end. Sur ce qu'il représentait.Marcus l'avait appelée la veille pour lui donner les derniers détails : "Ma mère a invité toute la famille élargie. Mes deux sœurs, leurs maris, leurs enfants, mes cousins, mes tantes, mes oncles, les amis proches de la famille… Environ cent personnes, comme je t'avais dit." Elsa avait ri, mais le rire s'était figé dans sa gorge. Cent personnes. Une armée. Une meute. Tous les regards braqués sur elle, sur la nouvelle petite amie de Marcus, sur celle qui n'était pas encore divorcée, sur celle qui arrivait avec son passé comme un boulet.Elle se regarda dans le miroir. Sa robe était simple, élégante, pas trop

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    La voiture longea une allée bordée d’arbres centenaires avant de s’arrêter devant une imposante demeure de pierre claire. La maison de Marguerite Duval, sa « deuxième résidence » comme elle aimait l’appeler, était un véritable manoir. Des fenêtres à meneaux, des volets peints en bleu nuit, une porte massive en chêne sculpté. On se serait cru dans un film d’époque, ou dans un musée. Viviane dut faire un effort pour ne pas serrer les mâchoires.— Détends-toi, murmura Alexandre en coupant le moteur. Souris. Et laisse-moi parler.— Je sais faire, répondit-elle d’une voix neutre.Ils descendirent. L’air était frais, chargé de l’odeur des hortensias qui bordaient la façade. Une domestique vêtue de noir leur ouvrit, les précéda dans un grand hall aux murs tapissés de tableaux anciens. Des portraits de famille, sans doute. Des Duval de génération en génération, tous fiers, tous raides, tous méprisants.Marguerite les attendait dans le salon. Elle était assise dans un fauteuil près de la chemi

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