Se connecterElsa sentit son cœur s’emballer. Les mots qu’elle venait de prononcer résonnaient encore dans l’air, chargés d’espoir et d’impatience.Maître Fontaine posa ses mains à plat sur le dossier, les doigts joints, un sourire prudent aux lèvres.— Il ne faut pas s’emballer, Elsa. Mais oui, il y a de très fortes chances.Elsa sentit son cœur bondir dans sa poitrine, mais elle se força à rester calme. Elle connaissait son avocate : elle n’était pas du genre à faire des promesses en l’air. Si elle disait cela, c’est qu’elle avait de bonnes raisons de le penser.— Expliquez-moi, dit-elle en se penchant en avant.Maître Fontaine ouvrit le dossier, en sortit une liasse de papiers qu’elle fit glisser vers Elsa.— Ce que j’ai trouvé, Elsa, ce n’est pas une preuve directe de la relation entre Alexandre et Viviane à l’époque des faits. Pas encore. Mais c’est beaucoup plus que ce que nous avions jusqu’à présent.Elle sortit une photo, une image un peu floue, prise de loin. On y voyait Alexandre, sortan
Elsa gara sa voiture devant le cabinet de Maître Fontaine, le cœur battant un peu plus vite que d’habitude. Elle coupa le moteur, resta une seconde immobile, les mains posées sur le volant. Elle avait besoin de ce rendez-vous. Besoin d’entendre que quelque chose avançait, que la procédure n’était pas bloquée pour toujours. Elle ne supportait plus l’idée d’être encore légalement liée à Alexandre, ne supportait plus qu’il ait une emprise sur elle, ne serait-ce que sur le papier.Elle voulait être libre. Pour elle. Pour Marcus. Pour cette vie qu’ils commençaient à construire ensemble.Elle descendit de la voiture, traversa le trottoir, poussa la porte du cabinet. La réceptionniste la reconnut immédiatement et lui adressa un sourire professionnel.— Maître Fontaine vous attend, Madame Duval. Je vais vous conduire.Elsa suivit la jeune femme dans le couloir, ses pas résonnant sur le parquet ciré. La porte du bureau s’ouvrit. Maître Fontaine était assise derrière son grand bureau en bois so
2 jours plus tard.La salle de répétition était vide quand Viviane arriva. Elle avait pris l’habitude de venir en avance, pour s’installer, pour se préparer mentalement, pour éviter les regards, les chuchotements, les regards en coin. Elle avait besoin de ces quelques minutes de calme avant que les autres n’arrivent.Elle posa son sac sur une chaise, sortit sa partition, et s’approcha du piano. Le professeur n’était pas encore là. Elle était seule. Elle inspira profondément, posa ses doigts sur les touches, et commença à chanter doucement, pour elle-même, pour se réchauffer la voix.Les semaines passées avaient été un véritable enfer. Alexandre, le viol, les nuits sans sommeil, les cauchemars, les crises de larmes. Mais elle avait décidé de ne pas se laisser sombrer. Elle avait décidé de se battre. Pas pour lui. Pas pour eux. Pour elle. Pour la femme qu’elle voulait redevenir.Sa voix, ce matin-là, était plus chaude que d’habitude. Plus profonde, plus assurée. Elle sentait une nouvell
La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, trop claire, trop crue. Elle s’infiltrait dans la chambre comme une lame, coupant l’obscurité protectrice, forçant Viviane à ouvrir les yeux. Elle les cligna, désorientée, le corps lourd, les membres engourdis comme si elle avait dormi des heures sans jamais vraiment se reposer. Le lit était vide. Elle n’eut pas besoin de tendre la main pour le vérifier. Elle le sentait dans l’air, dans le silence, dans cette absence qui pesait sur sa poitrine comme une pierre.Alexandre n'était pas venu.Cela faisait trois jours. Trois jours qu'il prétextait du travail, des réunions tardives, des dossiers urgents. Trois jours qu'il envoyait des messages vagues, des excuses sans conviction, des promesses qu'il ne tenait jamais. Elle savait que c'étaient des mensonges. Elle savait qu'il avait honte. Qu'il ne pouvait pas la regarder en face après ce qu'il avait fait. Qu'il préférait fuir plutôt que d'assumer, plutôt que de s'excuser, plutôt que de reco
Le lendemain matin, Elsa était encore dans la cuisine, en train de préparer le petit-déjeuner, quand elle entendit la clé tourner dans la serrure. Elle sourit. Marcus. Il avait ses propres clés, depuis quelques semaines. Elle avait hésité à les lui donner, au début, par peur de s'engager trop vite, mais maintenant, elle ne regrettait pas. C'était bon de savoir qu'il pouvait entrer à tout moment, qu'il était chez lui ici aussi.— Il y a quelqu'un ? lança-t-il en entrant.— Dans la cuisine, répondit-elle.Il apparut dans l'embrasure de la porte, un sourire aux lèvres, deux tasses de café à la main. Il portait un jean et un pull-over, les cheveux encore humides, comme s'il venait de se doucher. Il s'approcha d'elle, posa les tasses sur le plan de travail, et l'embrassa sur la joue.— Tu es en avance, dit Elsa.— Je voulais te surprendre.— Et ça a marché ?— Un peu.Il allait l'embrasser de nouveau quand son regard s'arrêta sur le manteau rouge accroché dans l'entrée, près de la porte.—
L'aéroport JFK grouillait de monde, un flot incessant de voyageurs pressés, de valises qui roulaient sur le sol luisant, de voix qui s'appelaient dans toutes les langues. Elsa était là, debout près de la sortie des arrivées, le regard fixé sur les portes automatiques. Elle avait les mains enfoncées dans les poches de son manteau, les épaules légèrement voûtées, le cœur battant un peu plus vite que d'habitude.Madeleine.Sa tante. La sœur de sa mère. La seule personne de sa famille qui lui restait vraiment. Elle ne l'avait pas vue depuis des mois, pas depuis qu'elle était partie pour New York. Elles s'étaient parlé au téléphone, bien sûr, mais ce n'était pas la même chose. Rien ne remplaçait la présence de Madeleine, sa voix chaude, son rire, cette façon qu'elle avait de la regarder comme si elle voyait au-delà des apparences, jusqu'à l'enfant qu'elle avait été.L'appartement était calme, baigné par la lumière douce de fin d'après-midi. Elsa avait préparé du thé, comme elle le faisait
Le Dr. Vasquez me fit entrer directement dans son bureau, sans attendre. Sa secrétaire n’eut même pas le temps d’annoncer mon arrivée. Elle m’attendait, debout derrière son bureau, les mains posées sur le dossier du fauteuil face à elle. Elle avait ce regard des gens qui ont quelque chose de diffic
je ne sais pas exactement combien de verres j’ai bus. Assez pour que le monde prenne cette texture légèrement floue qui rend les choses supportables. Assez pour que mes joues soient trop chaudes et mes pensées un peu trop libres. Assez pour que, quand je croisais mon reflet dans les surfaces sombre
Victoria la soeur d'Alexendre arriva deux heures en retard dans une robe vert émeraude qui proclamait sans ambiguïté qu’elle était la vraie maîtresse de cet espace. La soie ruisselait sur ses épaules nues, ses talons claquaient sur le marbre avec l’assurance de quelqu’un qui n’a jamais eu à demand
J'ai appris très tôt que sourire coûte moins cher que d'expliquer pourquoi on ne sourit pas.Le soleil se couchait sur Manhattan et moi j'étais là, debout devant la baie vitrée du penthouse, une tasse de thé froid dans la main droite.Je m'appelle Elsa Duval. Vingt-huit ans. Épouse d'Alexandre Duva







