FAZER LOGINElena avait beau relire la même phrase pour la cinquième fois, elle n’arrivait toujours pas à la retenir.Elle finit par laisser tomber son stylo sur le bureau et passa les mains sur son visage. Ses yeux la brûlaient à force de fixer les pages, et une douleur sourde commençait à lui serrer les tempes. Dans sa chambre, le silence n’était interrompu que par le bruit occasionnel des voitures dans la rue et le froissement des feuilles qu’elle tournait sans même s’en rendre compte.Son bureau était devenu un véritable champ de bataille. Des livres ouverts, des fiches empilées les unes sur les autres, des surligneurs sans capuchon et des feuilles couvertes de notes dont elle ne se souvenait même plus avoir écrit certaines.L’examen était dans une semaine.Sept jours.Elle avait beau se répéter qu’elle avait encore du temps, elle avait surtout l’impression d’être en retard sur tout. Les articles de droit se mélangeaient aux jurisprudences, les exceptions contredisaient les règles qu’elle ven
Il s’allongea sur moi. Son poids me couvrit, me rassura, m’ancra. Sa bouche retrouva la mienne. Sa langue glissa entre mes lèvres pendant que ses mains dégrafaient mon soutien-gorge. La dentelle tomba. Il prit un sein dans sa bouche, sa langue tourna autour du téton, le suçota, le mordilla juste assez pour que je gémisse. Sa main libre descendit, fit glisser ma culotte le long de mes hanches, de mes cuisses, de mes chevilles. Je me retrouvai nue sous lui, trempée, tremblante.Ses doigts glissèrent entre mes cuisses. Il me trouva déjà ouverte, déjà prête. Un doigt pénétra, puis deux. Il les fit bouger lentement, profondément, pendant que son pouce dessinait des cercles précis sur mon clitoris. Je gémissais, les hanches se soulevant vers sa main. Il prit son temps. Me porta presque au bord. Puis s’arrêta.Je le sentis se positionner. La tête de son sexe contre mon entrée. Il entra lentement, doucement, centimètre par centimètre, comme s’il avait peur de me briser. Je gémis. Un gémisseme
Je souris sans répondre. Il n’y avait rien à ajouter. Les mots étaient usés, trop petits pour ce qui se passait entre nous. Ce que je voulais, ce n’était pas des phrases. C’était lui. Sa peau contre la mienne. Son souffle chaud dans le creux de mon cou. Ses mains qui savaient déjà où se poser, qui connaissaient chaque courbe, chaque frisson, chaque parcelle de mon corps comme si elles l’avaient cartographié depuis toujours.Il m’embrassa.Un baiser lent d’abord, presque hésitant, comme s’il redécouvrait ma bouche. Ses lèvres effleurèrent les miennes, s’y posèrent, s’y attardèrent. Puis le baiser s’approfondit. Sa langue trouva la mienne, la caressa, la domina avec une douceur qui n’avait rien de faible. Sa main remontait le long de ma nuque, ses doigts s’enfoncèrent dans mes cheveux, et il m’attira contre lui jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace entre nos corps.Je me laissai faire. Je me laissai emporter. Les larmes de tout à l’heure avaient laissé place à une chaleur nouvelle, lou
Je me réinstallai contre lui. Pendant quelques minutes, nous ne dîmes plus rien. La musique remplissait doucement le silence, et je me laissai bercer par la chaleur de ses bras. Je voulais garder ce moment intact, ne pas penser aux échéances qui approchaient ni aux décisions que je devrais bientôt prendre.Puis un souvenir me revint.Je relevai la tête.— Au fait, tu te souviens de ce que tu m'avais dit à propos de Nadia ?Marcus fronça légèrement les sourcils.— Nadia ? La professeure ?— Oui. Tu m'avais dit que tu la trouvais étrange. Que tu avais l'impression qu'elle posait trop de questions et que tu n'arrivais pas à lui faire confiance.— Je m'en souviens très bien. Pourquoi ?J'hésitai un instant, cherchant comment lui raconter la conversation sans lui donner plus d'importance qu'elle n'en avait peut-être.— Il s'est passé quelque chose aujourd'hui. Elle est venue dans mon bureau pour discuter de l'audition de Sophia et Elena, notamment du choix de celle qui représentera l'acadé
L'appartement baignait dans une lumière douce, éclairé par les lampes tamisées et les quelques bougies que Marcus avait disposées sur la table basse. Une mélodie de jazz s'élevait discrètement dans la pièce, portée par les accents mélancoliques d'un saxophone. Installés sur le canapé, nous profitions de cette soirée tranquille, loin des obligations et des inquiétudes qui avaient occupé nos journées. Mes jambes repliées sous moi, je m'étais rapprochée de Marcus, dont la main reposait naturellement sur mon genou.C'était une soirée ordinaire, sans rien d'extraordinaire à raconter. Pourtant, après tout ce que nous avions traversé, cette simplicité avait quelque chose de précieux. Pour la première fois depuis longtemps, je pouvais envisager l'avenir sans avoir immédiatement peur de ce qu'il me réservait.Je tournai la tête vers lui et laissai mes doigts jouer distraitement avec le col de sa chemise. Il baissa les yeux vers moi, un sourire tendre aux lèvres. Ce même sourire qui, depuis le
La porte de mon bureau s'ouvrit sans qu'on frappe. Nadia entra, son sac en bandoulière, un sourire aux lèvres. Elle avait cette démarche assurée, presque désinvolte, qui la caractérisait depuis le premier jour. Elle referma la porte derrière elle et s'approcha de mon bureau, les yeux brillants.— T'as l'air de bonne humeur, dit-elle en posant son sac sur la chaise face à moi.Je levai les yeux de mon ordinateur, un sourire aux lèvres. Je n'avais pas l'intention de m'étendre sur les raisons de cette bonne humeur. Pas encore. Pas ici. Pas avec elle.— Oui, ça va. Journée tranquille.— Tant mieux. Parce que j'ai des choses à te dire.Elle s'assit, croisa les jambes, et son visage prit cette expression concentrée qu'elle avait quand elle passait en mode professionnel. Ses doigts jouaient avec le fermoir de son sac.— L'audition approche. Dans une semaine exactement. Il faut qu'on décide qui seront les têtes d'affiche pour la grande soirée, et surtout, qui représentera l'académie au concou
Le Dr. Vasquez me fit entrer directement dans son bureau, sans attendre. Sa secrétaire n’eut même pas le temps d’annoncer mon arrivée. Elle m’attendait, debout derrière son bureau, les mains posées sur le dossier du fauteuil face à elle. Elle avait ce regard des gens qui ont quelque chose de diffic
Quatre jours. Quatre jours entiers à tenir le monde à bout de bras pour que ce gala ressemble à une évidence.Quatre jours à vérifier les fiches techniques du traiteur, à goûter trois versions du même velouté de potiron, à négocier avec le fleuriste pour que les orchidées blanches importées de Tha
J’attendis que la porte d’entrée se referme.Viviane était partie. J’avais entendu sa voix dire quelque chose à Alexandre, légère, presque désinvolte un « à plus tard » sans doute, ou un « merci pour le café » puis ses pas dans le couloir, le clic net de la serrure, et enfin le silence. Un silenc
Je rentrai à neuf heures du matin, les vêtements froissés, la bouche sèche. Mes cheveux étaient retombés en mèches ternes autour de mon visage, ma robe bleu nuit portait les plis d’une nuit passée sur un drap trop étroit. Je n’avais même pas pris la peine de me recoiffer avant de quitter la chambre







