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CHAPITRE 9 : L'Essayage 1

ผู้เขียน: Déesse
last update ปรับปรุงล่าสุด: 2026-01-30 03:37:58

Lia

Le calme ne dure qu’un moment. Un moment suspendu, fragile, où seul le bip du moniteur semblait marquer le passage d’un temps normal.

Puis elle bouge. Un frémissement des paupières d’abord. Un soupir plus profond. Ses doigts se contractent faiblement dans ma main. Je me penche, l’espoir , stupide, naïf , faisant battre mon cœur plus vite. Peut-être que le sommeil l’a apaisée. Peut-être…

Ses yeux s’ouvrent. Ils sont troubles, vitreux, empreints d’une confusion profonde. Elle cligne plusieurs fois, fixant le plafond blanc sans le reconnaître. Elle tourne la tête lentement, et son regard erre sur la pièce : la fenêtre, le fauteuil vide où sa mère était assise, le chariot en acier chromé.

Puis il se pose sur moi.

Un instant, rien. Un vide. Puis une lueur y apparaît. Une lueur familière, douce. Mais c’est une douceur d’avant. Une douceur qui n’a plus sa place ici.

— Lia.

Sa voix est rauque, ensommeillée, mais il y a une note presque normale qui me glace le sang.

— Tu es déjà là. Tu es toujours à l’heure, toi.

Elle essaie de sourire, un petit sourire fatigué. Elle se redresse un peu sur les coudes, grimace légèrement.

— Mon Dieu, j’ai mal partout. Cette nuit de filles a été trop agitée, je crois. Tu m’as fait boire combien de cocktails, déjà ?

Elle plaisante. Elle plaisante. Mon estomac se tord. Je garde sa main, qui est devenue moite.

— Anahid…

— Ne fais pas cette tête, je vais bien. Juste une grosse gueule de bois. Mais il ne faut pas traîner.

Elle jette un coup d’œil autour d’elle, fronçant les sourcils.

— Où sommes-nous ? C’est quel hôtel ? C’est… moderne. Très blanc.

Un frisson de terreur pur et glacé descend le long de ma colonne vertébrale. Ce n’est pas du déni. C’est plus profond. Plus effrayant. Son esprit, saturé de douleur, a reculé. Il a trouvé un refuge dans un avant qui n’existe plus.

— Anahid, écoute-moi. Tu es à l’hôpital.

— L’hôpital ? Pourquoi ? Je me suis blessée en dansant ? Oh mon Dieu, le mariage !

Ses yeux s’écarquillent, non pas de terreur, mais d’une inquiétude pressante, normale. L’inquiétude d’une mariée le jour de son essayage.

— Il faut qu’on y aille, Lia. Vite. L’essayage de la robe est à 11h, chez Mme Arpine. Tu te souviens ? Avec les dernières retouches. Et après, on doit aller chercher les alliances. Ara doit finir tôt au bureau aujourd’hui, il nous rejoindra là-bas.

Le nom. Prononcé avec une tendresse naturelle, évidente. Comme une lame qu’elle s’enfoncerait elle-même dans la poitrine sans le savoir.

Je sens mes propres doigts trembler. Mon cœur bat à grands coups sourds dans mes oreilles. Non. Non, pas ça. Ne laisse pas ton esprit faire ça. Reviens.

— Anahid, arrête. Il n’y a pas d’essayage.

— Quoi ? Mais si ! C’est aujourd’hui ! Jeudi ! Elle secoue la tête, un peu agacée. Arrête de plaisanter, c’est important. Aide-moi à me lever. Je dois me laver le visage, je dois avoir une tête affreuse.

Elle repousse les draps, cherche à pivoter ses jambes hors du lit. Le cathéter fixé à son bras tangue dangereusement. Le moniteur émet un bip plus aigu.

— Non, attends ! Je me lève, la main posée sur son épaule pour la contenir doucement. Elle est faible, mais déterminée par l’urgence de son illusion.

— Laisse-moi, Lia ! Il est quelle heure ? On va être en retard ! Et maman, où est maman ? Elle devait venir me chercher à l’appartement. Elle est en bas ?

— Ta mère est là. Elle…

La porte des toilettes de la chambre s’ouvre à ce moment-là. Sa mère en sort, le visage encore humide, les cheveux en désordre. Elle voit Anahid, à moitié sortie du lit, et son visage s’éclaire un bref instant avant de se figer en voyant le mien.

— Anahid, jan ! Tu es réveillée !

— Maman ! Enfin ! Vite, il faut partir. Lia ne veut pas me dire l’heure, elle dit qu’il n’y a pas d’essayage. Elle a perdu la raison.

Anahid rit. Un petit rire clair, fatigué, mais un rire. Le son le plus horrible que j’aie jamais entendu.

La mère d’Anahid me regarde, ses yeux s’emplissent d’une compréhension immédiate et d’une panique noire. Elle porte une main à sa bouche.

— Anam guyn (mon sang)… doucement…

— Pas le temps d’être douce, maman ! On a le programme chargé ! Aide-moi à trouver mes a

ffaires. Où sont mes vêtements ? C’est quoi cette chemise horrible ?

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