LOGINAlyssa
Silas prend une longue inspiration. Ses mains se joignent sur ses genoux, se tordent l'une dans l'autre, et je remarque qu'elles tremblent. Le grand Silas Cruz, le chef redouté des Corbeaux, le tueur impitoyable, le stratège sans faille – il tremble comme un enfant qui va avouer une bêtise.
<AlyssaSilas prend une longue inspiration. Ses mains se joignent sur ses genoux, se tordent l'une dans l'autre, et je remarque qu'elles tremblent. Le grand Silas Cruz, le chef redouté des Corbeaux, le tueur impitoyable, le stratège sans faille – il tremble comme un enfant qui va avouer une bêtise.— Le soir où je t'ai fait enlever, dit-il d'une voix lointaine, tu sortais d'une garde de trente-six heures. Tu étais épuisée. Tu avais les traits tirés, les yeux cernés, et tu boitais légèrement parce que tu t'étais tordu la cheville en courant dans un couloir pour réanimer un patient qui faisait un arrêt cardiaque. Tu avais sauvé ce patient. Comme tu
Je l'ai choisie, oui.Pas par hasard. Par obsession.Ce mot qu'elle n'a pas encore prononcé, mais qu'elle prononcera bientôt, et qui sera le plus terrible de tous.Je range les photos dans l'enveloppe kraft, lentement, soigneusement. Je les glisse dans la poche intérieure de ma veste, là où se trouve déjà le dessin de Miguel. Deux dossiers. Deux femmes. Mon frère et ma compagne. Les deux êtres que j'ai le plus aimés, les deux êtres à qui j'ai fait le plus de mal.Puis je sors de l'infirmerie et je pars à sa recherche.Je la trouve dans la cou
Des pas dans le couloir. Lourds, pressés. Sa démarche , je la reconnaîtrais entre mille, cette façon qu'il a de faire trembler le parquet sans même s'en rendre compte. La porte de l'infirmerie s'ouvre à la volée.— Alyssa ?Silas est sur le seuil, essoufflé comme s'il avait couru. Derrière lui, j'aperçois la silhouette massive de Vega, une ombre fidèle et silencieuse. Silas regarde mon visage, puis le dossier étalé sur le bureau, puis les photos, puis mes mains qui tremblent comme des feuilles dans la tempête. Son expression change instantanément. Je vois les muscles de sa mâchoire se contracter, ses épaules se raidir, ses poings se serrer le long de son corps.
AlyssaL'infirmerie est en désordre. Pas le désordre habituel, celui des journées chargées, des pansements à changer, des sutures à poser – non, un désordre différent, plus profond, comme si quelqu'un avait fouillé mes affaires avec méthode et précipitation.Je le remarque tout de suite en entrant. Le tiroir de mon bureau est entrouvert. Mes dossiers médicaux, d'habitude parfaitement alignés dans leur classeur métallique, dépassent en pagaille. Mon carnet de notes – celui où je consigne les symptômes, les diagnostics, les traitements – n'est plus à sa place habituelle, calé contre la lampe à pétrole. Il est posé bien en évid
Sa voix se brise sur le dernier mot, et il reprend son souffle avant de continuer.— Je te raconte ça parce que tu as choisi d'être mon égale. Tu l'as proclamé devant tous les Corbeaux. Tu as tenu le pistolet que je t'ai donné. Un égal doit connaître tout le dossier, même les pages qu'on voudrait arracher et brûler. Même les pages qui font mal, celles qu'on relit la nuit en se haïssant.Je serre ses doigts glacés entre les miens, tentant de leur transmettre un peu de chaleur, un peu de vie.— Je comprends, je dis.— Vraiment ? deman
AlyssaSilas est rentré tard, ce soir. Très tard. Je n'ai pas entendu le bruit de ses bottes dans l'escalier, ni son pas dans le couloir – j'étais dans l'infirmerie, à classer des dossiers médicaux à la lueur d'une lampe à pétrole. Quand il est apparu dans l'encadrement de la porte, j'ai sursauté, ma plume a glissé sur le papier, laissant une traînée d'encre noire.Il est venu s'asseoir sur le tabouret, comme il le fait de plus en plus souvent. Pas pour une blessure. Pas pour un soin. Juste pour être là, dans mon territoire, entouré de mes fioles et de mes bandages et de cette odeur d'antiseptique qui semble le rassurer.Aujourd'hui, i







