Share

Chapitre 4

Author: Lola Vernier
J'étais folle de rage. Si un regard avait pu tuer, Élise aurait déjà été réduite en pièces. Je n'avais plus d'autre choix que de lui révéler l'identité de Béatrice.

« Tu vas beaucoup trop loin ! C'est la mère de Raphaël ! S'il lui arrive quoi que ce soit, quand Raphaël arrivera, il ne te le pardonnera jamais ! »

Mais Élise a éclaté de rire avec mépris.

« Vous êtes vraiment prêtes à inventer n'importe quoi ! Ah oui ? Elle ? Elle serait la mère de Raphaël, maintenant ? Tu crois vraiment que je vais te croire ? »

« Vous m'avez gâché mon moment de détente à la piscine. Je vais vous donner une bonne leçon ! La prochaine fois que vous sortirez de chez vous, vous réfléchirez à deux fois avant de provoquer quelqu'un ! »

Dans mes bras, Béatrice tremblait légèrement et sa respiration devenait de plus en plus faible. Cette fois, elle faisait réellement une crise cardiaque.

Si elle ne prenait pas très vite son médicament, elle risquait vraiment de mourir.

Les yeux rougis par la panique, j'ai crié de toutes mes forces :

« Au secours ! Quelqu'un, au secours ! Venez nous aider ! Elle va mourir… »

Mais l'espace autour de la piscine était désert. Il n'y avait personne pour nous entendre.

Même Kévin commençait à paniquer. Il a demandé avec inquiétude :

« Élise, et si jamais… »

Elle l'a coupé avant qu'il puisse terminer. La vie de Béatrice ne semblait absolument pas la préoccuper.

« Il ne va rien se passer. Les femmes de son âge sont parfois plus solides qu'on ne le croit. Elle fait juste semblant. »

« Raphaël va arriver d'une minute à l'autre. On les laissera sortir quand il sera là. Quelques minutes de plus ne vont pas la tuer. Si quelque chose devait vraiment lui arriver, ce serait déjà arrivé. »

Si nous attendions encore, il risquait d'être trop tard pour sauver Béatrice. Quelques minutes de plus pouvaient suffire à lui coûter la vie.

Un profond désespoir m'a envahie.

C'est alors que Hugo Léon, le directeur de l'hôtel, est arrivé en courant. J'ai crié de toutes mes forces dans sa direction :

« Au secours ! Aidez-nous ! Elle fait une crise cardiaque ! Sortez-la vite de l'eau et appelez une ambulance ! »

Hugo avait déjà rencontré Béatrice une fois, de nombreuses années auparavant, mais il ne l'a pas reconnue dans l'état où elle se trouvait.

En revanche, dès qu'il l'a vue, il a compris que la situation était grave. Il avait entendu dire qu'un incident s'était produit à la piscine et était venu dans l'intention de se faire bien voir d'Élise. Il ne s'attendait pas à découvrir une femme qui risquait de mourir sous ses yeux.

Entre contrarier Élise et risquer de perdre son poste si une cliente mourait dans son hôtel, il a rapidement fait son choix.

Il s'est tourné vers Élise avec un sourire conciliant.

« Mademoiselle Renaud, nous devrions peut-être les laisser sortir de l'eau. S'il lui arrive vraiment quelque chose, vous n'aurez sûrement plus envie de profiter de cette piscine après ça. »

Élise lui a jeté un regard hautain avant de déclarer :

« Très bien. Puisque c'est vous qui le demandez, faites-les remonter. »

Hugo s'est empressé de demander à Kévin de nous aider à sortir de l'eau.

Béatrice était allongée sur le sol, complètement immobile. Sans même prendre le temps de retrouver mon souffle, j'ai couru jusqu'au vestiaire. J'ai récupéré mon sac aussi vite que possible avant de revenir auprès d'elle.

Les mains tremblantes, j'ai sorti en toute hâte son médicament d'urgence et j'allais le lui mettre dans la bouche…

Mais Élise a brusquement donné un coup de pied dans le flacon. Il a été projeté directement dans la piscine.

En voyant ma colère, Élise a affiché un sourire moqueur.

« Ça suffit, arrête ton cinéma. On vous a déjà laissées sortir de l'eau, alors dégagez maintenant. Et la prochaine fois que tu me croiseras, tu ferais mieux de m'éviter. Cette fois, je vais être généreuse et vous laisser partir toutes les deux. »

Folle de rage, je me suis précipitée sur elle et lui ai asséné une violente gifle.

« S'il lui arrive quoi que ce soit, je te jure que toi et Raphaël en paierez le prix ! »

Elle ne s'attendait visiblement pas à ce que j'ose encore lever la main sur elle. Elle a poussé un cri strident :

« Espèce de folle ! Je n'aurais jamais dû avoir pitié de vous ! J'aurais dû vous laisser crever toutes les deux dans cette piscine ! »

J'ai voulu me jeter de nouveau sur elle, mais Kévin et Hugo m'ont saisie par les épaules pour m'immobiliser. Élise en a profité pour me gifler une bonne dizaine de fois.

La douleur brûlante qui me dévorait les joues m'a brusquement ramenée à la réalité. Si je perdais encore du temps avec elle, Béatrice allait mourir.

Je me suis débattue de toutes mes forces et j'ai fini par me dégager. J'ai immédiatement sorti mon téléphone et appelé Raphaël.

« Raphaël, Béatrice fait une crise cardiaque ! On est à la piscine de l'hôtel de Marans. Fais venir immédiatement l'équipe médicale la plus proche ! »

« S'ils n'arrivent pas à temps, elle va mourir ! »

Mais Raphaël m'a répondu d'un ton impatient :

« Elle a des problèmes cardiaques, tu devrais faire plus attention à elle, non ? »

« Je suis en réunion. Appelle toi-même une ambulance. »

Et il a raccroché sans la moindre hésitation.

Je tremblais de rage. Comment pouvait-il rester aussi indifférent alors que je venais de lui dire que sa propre mère risquait de mourir ?

L'instant d'après, la voix ravie d'Élise a retenti du côté de l'entrée :

« Raphaël ! Tu es enfin là ! »

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Ils n'auraient jamais dû nous humilier   Chapitre 9

    Daniel était le fils de la sœur aînée de Béatrice. Après deux jours passés avec lui, j'ai dû reconnaître que Béatrice avait un véritable talent pour cerner les gens. Elle ne s'était pas trompée en le choisissant.Daniel était intelligent et déterminé, avec des principes bien ancrés.De son côté, Raphaël était revenu.Il avait appris que Béatrice l'avait déshérité, mais il n'arrivait tout simplement pas à croire que c'était vrai.Il refusait d'admettre que sa mère puisse léguer sa fortune à quelqu'un d'autre alors qu'il était son fils unique.Mais il avait oublié une chose essentielle : Béatrice détestait l'infidélité plus que tout. Il savait parfaitement à quel point elle avait souffert de la trahison de son mari. Pourtant, il avait fini par reproduire exactement le comportement de son père, portant ainsi à sa mère un coup d'autant plus cruel.Raphaël a supplié Béatrice de lui pardonner. Il lui a assuré qu'il avait compris son erreur et l'a implorée de lui accorder une seconde chance.

  • Ils n'auraient jamais dû nous humilier   Chapitre 8

    À ce moment-là, les cris d'Élise ont retenti dans le couloir.« Pourquoi vous m'attrapez ? Lâchez-moi tout de suite ! Mon mari, c'est Raphaël Delaunay ! »Deux gardes du corps l'ont fait entrer de force dans la chambre.« Cette femme rôdait devant la chambre d'un air suspect. »Élise s'est aussitôt tournée vers Raphaël en prenant un air pitoyable.« Raphaël, je voulais seulement venir voir ta mère et lui présenter mes excuses. »Raphaël s'est emporté contre les gardes du corps.« Vous ne l'avez pas entendue ? Lâchez-la immédiatement ! »Les deux hommes ont regardé Béatrice. Elle a hoché la tête tout en leur lançant un regard entendu.Dès qu'elle a été libérée, Élise s'est précipitée auprès de Raphaël et s'est agrippée à son bras.« Raphaël, j'ai eu tellement peur… »Puis elle s'est tournée vers Béatrice avec un sourire désinvolte.« Désolée pour hier, madame. Je ne savais pas que vous étiez la mère de Raphaël. »Béatrice ne lui a accordé qu'un regard indifférent.« Inutile de me présen

  • Ils n'auraient jamais dû nous humilier   Chapitre 7

    À en juger par l'heure, Raphaël avait sûrement déjà raccompagné Élise à l'hôtel et devait être sur le chemin du retour.J'ai dû appeler deux fois avant que quelqu'un décroche. Mais ce n'était pas la voix de Raphaël.Élise a lancé d'un ton sarcastique :« Juliette, tu ne peux vraiment pas nous lâcher un peu ? Tu es pire qu'un pot de colle ! »J'ai répondu d'une voix grave :« Passe-moi Raphaël. J'ai quelque chose d'urgent à lui dire. »À ce moment-là, Béatrice m'a demandé d'activer le haut-parleur. La voix d'Élise a aussitôt résonné dans la chambre.« Raphaël est sous la douche. On vient de s'amuser au lit et d'essayer de nouvelles choses… Il n'arrivait plus à s'arrêter. »« Juliette, tu crois vraiment pouvoir rivaliser avec moi ? Tu ferais mieux de le quitter avant de t'humilier davantage. »J'ai froncé les sourcils et lui ai lancé sèchement :« Je te le répète une dernière fois : passe-moi Raphaël. Sa mère doit lui parler de toute urgence ! »Élise a laissé échapper un petit rire narq

  • Ils n'auraient jamais dû nous humilier   Chapitre 6

    Raphaël s'est aussitôt placé devant Élise pour la protéger. Sa voix trahissait malgré lui une certaine nervosité.« Juliette, qu'est-ce que tu comptes faire ? Élise est encore jeune, ne lui en tiens pas rigueur. Je vais la faire partir tout de suite et je te promets que je ne la reverrai plus jamais. »Je l'ai regardé sans la moindre trace d'amour dans les yeux et j'ai laissé échapper un ricanement.« Raphaël, quelle générosité ! Je te rappelle quand même que la personne qu'elle a failli tuer aujourd'hui, c'est ta propre mère ! »Derrière lui, Élise s'est remise à crier :« Mais tout ça, c'est de ta faute ! Si tu m'avais dit plus tôt qu'elle était la mère de Raphaël, je n'aurais jamais fait ça ! »« S'il faut blâmer quelqu'un, c'est toi ! Tu voulais détruire notre relation, alors tu as délibérément mis la vie de sa mère en danger ! »« Je le savais, tu es une femme sournoise et manipulatrice ! »C'était tellement absurde que j'en ai presque ri de colère. Elle déformait complètement la

  • Ils n'auraient jamais dû nous humilier   Chapitre 5

    Elle s'est précipitée dans les bras de l'homme qui venait d'arriver et s'est blottie contre lui.« Raphaël, pourquoi tu as mis autant de temps ? Ces deux femmes m'ont vraiment maltraitée tout à l'heure. »Elle lui a montré sa joue encore rouge à cause de la gifle que je lui avais donnée et s'est plainte d'un air blessé :« Regarde, cette garce m'a frappée tellement fort que j'ai encore la joue toute gonflée. »« Cette fois, tu dois vraiment me défendre. Et après, tu resteras quelques jours de plus avec moi pour me consoler. »Raphaël a regardé sa joue avec inquiétude, puis il a demandé d'un ton furieux :« Qui a osé te frapper ? Je ne laisserai certainement pas celles qui t'ont fait ça s'en tirer comme ça ! »« Ne t'inquiète pas. Je me suis spécialement libéré toute la semaine pour toi. Cette fois, je vais rester avec toi et bien m'occuper de toi. »Voilà donc l'homme qui venait tout juste de raccrocher avec moi. Le même qui, la veille au soir, m'avait serrée dans ses bras en se plaign

  • Ils n'auraient jamais dû nous humilier   Chapitre 4

    J'étais folle de rage. Si un regard avait pu tuer, Élise aurait déjà été réduite en pièces. Je n'avais plus d'autre choix que de lui révéler l'identité de Béatrice.« Tu vas beaucoup trop loin ! C'est la mère de Raphaël ! S'il lui arrive quoi que ce soit, quand Raphaël arrivera, il ne te le pardonnera jamais ! »Mais Élise a éclaté de rire avec mépris.« Vous êtes vraiment prêtes à inventer n'importe quoi ! Ah oui ? Elle ? Elle serait la mère de Raphaël, maintenant ? Tu crois vraiment que je vais te croire ? »« Vous m'avez gâché mon moment de détente à la piscine. Je vais vous donner une bonne leçon ! La prochaine fois que vous sortirez de chez vous, vous réfléchirez à deux fois avant de provoquer quelqu'un ! »Dans mes bras, Béatrice tremblait légèrement et sa respiration devenait de plus en plus faible. Cette fois, elle faisait réellement une crise cardiaque.Si elle ne prenait pas très vite son médicament, elle risquait vraiment de mourir.Les yeux rougis par la panique, j'ai crié

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status