로그인Il rit. Un rire amer, sans joie.
— Tu es comme toutes les autres. Tu crois que l'amour donne des droits. Tu crois que parce que je t'ai dit je t'aime, tu peux tout savoir, tout comprendre, tout contrôler.
— Ce n'est pas ce que...
— Sors, Camille. Je ne veux plus te voir.
Je prends ma robe, je l'enfile en tremblant. Mes mains sont si maladroites que les boutons glissent, que le tissu se froisse. Je n'arrive pas à fermer correctement.
— Sors, dit
Il rit. Un rire amer, sans joie.— Tu es comme toutes les autres. Tu crois que l'amour donne des droits. Tu crois que parce que je t'ai dit je t'aime, tu peux tout savoir, tout comprendre, tout contrôler.— Ce n'est pas ce que...— Sors, Camille. Je ne veux plus te voir.Je prends ma robe, je l'enfile en tremblant. Mes mains sont si maladroites que les boutons glissent, que le tissu se froisse. Je n'arrive pas à fermer correctement.— Sors, dit-il encore.Je cours vers la porte. Mes pieds nus glissent sur les dalles. J'ouvre, je passe, je referme.Derrière moi, j'entends quelque chose se briser. Un verre. Une carafe. Peu importe.Je descends l'escalier en courant, les larmes qui coulent, la robe à moitié ouverte, les cheveux défaits.Ne prononce plus jamais son nom.Je ne savais pas qu'un nom pouvait être une malédiction.CamilleJe ne devrais pas remonter.
CamilleIl revient le lendemain.Je l'attends dans sa chambre, comme toujours. L'eau du bassin fume doucement. L'huile de lavande embaume l'air. Mes mains sont calmes, mais mon cœur est une cage où se débattent des oiseaux fous.Il monte.Il est fatigué, le visage tiré, les épaules lourdes. Mais quand il me voit, son visage s'illumine.— Camille, dit-il. Tu es là.— Je suis là.Il s'approche, me prend dans ses bras. Son étreinte est douce, presque timide. Il pose sa tête contre la mienne, ferme les yeux.— La route était longue, dit-il. Je n'ai pensé qu'à toi.— Moi aussi, dis-je.Mensonge. J'ai pensé à Rosalind. À ses yeux. À son sourire. À ce fantôme qui se tient entre nous sans que je l'aie invité.— Lave-moi, dit-il. J'ai bes
CamilleC'est une semaine après la confidence à Margot.Le château est silencieux ce jour-là , une de ces journées mortes où les nuages pèsent sur les toits, où la pluie fine rend tout gris. Alistair est parti à la ville pour des affaires. Il ne reviendra que demain.Il m'a dit de me reposer. De profiter de son absence.Mais je ne sais pas me reposer. Les journées sans lui sont plus longues que les nuits avec lui. Je tourne en rond dans les cuisines, je guette les bruits de l'escalier, j'attends quelque chose qui ne vient pas.— Va te promener, me dit Margot. L'air te fera du bien.— Il pleut.— Tu vas fondre ?Je prends un manteau, je sors.La pluie est fine, presque une brume. Elle couvre le château d'un voile gris, adoucit les angles, estompe les contours. Je marche sans but, les mains dans les poch
Le silence retombe. J'entends mon cœur battre dans ma poitrine. Un bruit sourd, obstiné, comme un avertissement.— Tu as vu Élise, ces derniers jours ? demandé-je.— Oui.— Elle m'a dit des choses. Sur sa femme. Sur lui. Elle m'a dit qu'il aspire les âmes.— Élise a raison. Et elle a tort. Parce qu'elle te hait, mais elle sait de quoi elle parle. Elle a vécu la même chose que toi. Elle a cru qu'elle était spéciale, elle aussi. Elle a cru qu'il changerait pour elle. Et quand il l'a jetée, elle a mis des années à s'en remettre.Margot lâche mes mains, se lève.— Écoute-moi, Camille. Je vais te dire quelque chose que tu n'as pas envie d'entendre. Mais il faut que tu l'entendes.Elle se penche, me regarde droit dans les yeux.— Il a détruit sa femme. Pas avec ses poings
Elle s'avance dans la pénombre, s'arrête devant moi. Son visage est dur, mais ses yeux sont doux.— Je savais que tu viendrais ici, dit-elle. C'est là que tu pleures, pas vrai ? Depuis des semaines. Je t'entends, parfois.— Désolée, dis-je en reniflant. Je ne voulais pas...— Tais-toi. Viens.Elle s'assied à côté de moi sur le sac de farine. La toile grince sous son poids. Elle est grande, massive, rassurante. Elle sent la soupe et le feu de bois.— Raconte, dit-elle.— Je ne peux pas.— Tu peux. Je ne suis pas ta mère, je ne suis pas ton amie. Je suis ta supérieure. Et ta supérieure te dit de parler, parce que tu deviens dangereuse pour toi-même et pour les autres. Tu as failli te couper la main tout à l'heure.— Ce n'était rien.— C'était la cinquième
Je sors. L'air est frais, le ciel bas. Je traverse la cour, longe les communs. Le jardin potager est derrière la chapelle, à l'abri des regards.Je cueille le thym. Le laurier. Je remplis mon panier.— Camille.Je me retourne.Élise est là.Elle est appuyée contre le mur de la chapelle, les bras croisés. Elle porte une robe verte qui lui va bien, ses cheveux blonds tombent en cascade sur ses épaules. Elle est belle. D'une beauté froide, tranchante, comme un couteau qu'on vient d'aiguiser.— Élise, dis-je. Je ne t'avais pas vue.— Je sais. Tu ne vois pas grand-chose en ce moment, à ce qu'il paraît.Son sourire est un coup de dague.— Qu'est-ce que tu veux ? demandé-je en serrant mon panier contre moi.— Rien. Juste te parler. Femme à femme.Elle s'approche. Ses talons claquent
CamilleLe lendemain matin, je me réveille dans ses bras.La lumière grise de l'aube filtre à travers les rideaux. Il dort encore, son souffle lent contre ma nuque, sa main posée sur mon ventre. Pendant un instant, j'oublie tout. La veille, les trois jours d'attente, la brutalité de ses caresses. P
Sa main glisse de ma joue à mon cou. Ses doigts se referment, pas assez fort pour m'étouffer, juste assez pour que je sente leur pression.— Parce que quand tu es là, je ne contrôle rien. Je suis à toi, complètement, idiotement.
Je devrais partir. Je devrais plier ce billet, le jeter au feu, et redescendre. Je devrais lui montrer que je ne suis pas à ses ordres, que je ne suis pas un jouet qu'on prend et qu'on laisse quand ça nous chante.Mais mes jambes ne bougent pas.Je regard
Ma mère arrête de caresser mes cheveux.— Est-ce que tu l'aimes ?— Oui.— Et lui ? Il t'a dit qu'il t'aimait ?— Oui. Mais c'était avant. Avant qu'il disparaisse.Ma mère se tait un long moment. Le feu cr&eacut







