LOGINChapitre 104
Selene
Je la trouve dans le jardin d'hiver, assise sur un banc de pierre, ses longs cheveux noirs répandus sur ses épaules, ses yeux violets fixés sur les fleurs qui s'épanouissent dans la pénombre. Lysandra ne se retourne pas quand j'approche, mais je sais qu'elle m'a entendue.
— Reine Selene, dit-elle sans bouger. Quelle surprise.
— Pas vraiment. Je
Chapitre 104SeleneJe la trouve dans le jardin d'hiver, assise sur un banc de pierre, ses longs cheveux noirs répandus sur ses épaules, ses yeux violets fixés sur les fleurs qui s'épanouissent dans la pénombre. Lysandra ne se retourne pas quand j'approche, mais je sais qu'elle m'a entendue.— Reine Selene, dit-elle sans bouger. Quelle surprise.— Pas vraiment. Je savais que je te trouverais ici.Je m'arrête à quelques pas d'elle, les mains posées sur mon ventre, et je la fixe avec une froideur que je ne me connaissais pas.— Tu as tenté de séduire mon époux hier soir.Elle tourne enfin la tête, un sourire aux lèvres.— Séduire ? Le mot est fort. J'ai simplement été... aimable.&
Chapitre 103KaelLe banquet est somptueux, les tables croulent sous les mets et les vins précieux, les bougies font danser des ombres sur les murs de pierre, et pourtant je n'ai aucun plaisir à être ici. Je suis assis au centre de la table d'honneur, Selene à ma droite, son ventre arrondi contre mon bras chaque fois qu'elle se penche vers moi. Elle est belle, ce soir, mais je sens sa fatigue, et je sais qu'elle n'aurait pas dû venir.Lysandra est assise en face de moi. Ses yeux violets ne me quittent pas. Elle porte un verre de vin à ses lèvres, lentement, sans jamais cesser de me fixer.— Roi Kael, dit-elle enfin, sa voix douce et dangereuse. Vous êtes bien silencieux, pour un homme qui vient de sceller une alliance avec les vampires.— Je me réjouirai quand les actes auront confirmé les paroles.— Toujours aussi méfiant. C'est une qualité, chez un roi. Mais parfois, la méfiance empêche de voir les offrandes sincères.Elle pose sa main sur la table, ses doigts pâles s'approchant des
Chapitre 102SeleneJe me tiens droite malgré le poids de mon ventre, les mains croisées devant moi, le regard fixé sur la femme qui vient de franchir les portes de la salle du trône. Lysandra, cheffe des vampires, est plus belle que je ne l'imaginais, d'une beauté pâle et irréelle, comme sculptée dans le marbre et la lumière lunaire. Ses cheveux noirs tombent en cascade sur ses épaules, ses yeux sont d'un violet sombre, presque noir, et ses lèvres esquissent un sourire qui n'atteint pas son regard.— Reine Selene, dit-elle d'une voix basse, mélodieuse, chargée d'un pouvoir ancien. Je suis honorée de vous rencontrer enfin.— Cheffe Lysandra, réponds-je en inclinant légèrement la tête. Asseyons-nous, nous avons beaucoup à discuter.Elle s'as
Chapitre 101KaelLa salle du trône est plongée dans une semi-obscurité que les torches ne parviennent pas à dissiper, comme si une ombre invisible s'était glissée dans la pierre et refusait d'en sortir. Je suis assis sur le trône de basalte, les mains crispées sur les accoudoirs, le regard fixé sur les portes massives que l'on vient d'ouvrir. Selene est à ma droite, droite malgré son ventre arrondi, et je sens sa tension comme on sent venir l'orage.Ils entrent. Quatre silhouettes enveloppées de capes noires aux reflets argentés, le visage pâle comme la lune, les yeux luisant d'un éclat rouge dans la pénombre. Leur démarche est lente, fluide, presque irréelle, et le silence qui les accompagne est plus oppressant que tous les cris de guerre.— Roi Kael, dit le premier d'ent
Chapitre 100SeleneLa grossesse se déroule paisiblement, presque trop paisiblement. Chaque matin, je me réveille avec une énergie nouvelle, mon ventre s'arrondit doucement, et je sens la vie de notre enfant se renforcer de jour en jour. Les guérisseuses viennent régulièrement, m'examinent, me rassurent, et leurs sourires s'élargissent à chaque visite. Kael, malgré sa peur, a appris à desserrer un peu son étreinte, à me laisser respirer, à me faire confiance. Il pose souvent sa main sur mon ventre, parle à l'enfant, et dans ses yeux gris, je vois une tendresse qui me bouleverse.Mais ce soir, un épuisement étrange me gagne, plus profond que la simple fatigue de la journée. Je m'allonge sur le lit, ferme les yeux, et glisse dans un sommeil lourd, presque immédiat, comme si une force douce m'attirai
Chapitre 99KaelJe la regarde se lever du lit, ses gestes lents, son ventre qui s'arrondit sous la robe légère, et je sens mon cœur se serrer d'une peur que je ne maîtrise plus. Chaque matin, je me réveille avec cette angoisse au creux de la poitrine, cette certitude que le danger rôde, que les ténèbres attendent un moment d'inattention pour frapper de nouveau. J'ai failli la perdre. J'ai failli perdre notre enfant. Alors je surveille tout, je contrôle tout, je protège comme un loup dont la tanière est menacée.— Tu as encore posté des gardes devant la porte, dit Selene sans se retourner, une pointe d'impatience dans la voix.— Deux, seulement. Pour ta sécurité.— Pour ma sécurité, répète-t-elle en se tournant enfin vers moi. Kael, je
Chapitre 7SeleneJe ne sais pas combien de temps je reste prostrée sur les pavés, le goût du sang dans la bouche, les oreilles bourdonnantes, le cœur en charpie, mais quand je relève enfin la tête, la place est presque vide, seuls quelques traînards s'attardent pour me jeter des regards mauvais av
Chapitre 6SeleneL'aube est grise et glacée lorsque je franchis enfin les portes du village, les vêtements en lambeaux, les pieds nus et blessés, les cheveux emmêlés par le vent et la course folle de la nuit, et le silence qui m'accueille est pire qu'un hurlement, un silence lourd, anormal, un sile
Chapitre 5 DarianLa nuit est tombée depuis longtemps lorsque je réunis les anciens dans la salle du conseil, une pièce circulaire aux murs de pierre noire où les torches jettent des ombres mouvantes sur les visages fatigués de ceux qui gouvernent le clan Silverpine depuis des décennies.L'odeur d
Chapitre 4 SeleneLes branches griffent mon visage et mes bras nus tandis que je m'enfonce dans la forêt, loin de la clairière, loin des regards, loin de cette humiliation qui colle à ma peau comme de la poix brûlante, et je cours, je cours sans savoir où je vais, les poumons en feu, les pieds ens







