LOGINJe me retire, je me redresse, je me rhabille, je ne la regarde pas, je ne peux pas la regarder, je ne peux pas voir son visage, ses larmes, ses marques, je ne peux pas voir ce qu'elle est devenue, ce que je suis devenu, ce que nous sommes devenus.
— Va-t'en, dis-je, et ma voix est brisée, épuisée, anéantie. Va-t'en, Amelia, va-t'en, retourne vers lui, retourne vers ta vie, retourne vers tes mensonges, mais pars, pars maintenant, pars avan
J'ai perdu Ivy, celle qui a juré vengeance, celle qui a porté la haine comme un bouclier, celle qui a traversé l'enfer pour en arriver là, et qui est morte dans cette chambre d'hôtel, dans cette bibliothèque, dans ce jardin, dans les bras de deux hommes qu'elle a détruits, qu'elle a aimés, qu'elle a perdus.Je me lève enfin, je prends une douche, je m'habille, je sors, la lumière du jour me brûle les yeux, le bruit de la ville me vrille les oreilles, les gens qui marchent, qui parlent, qui vivent, me rappellent que je suis vivante, que je suis là, que je dois continuer, même si je ne sais plus pourquoi, même si je ne sais plus comment, même si je ne sais plus pour qui.Je marche sans but, dans les rues que je connais, que je ne connais pas, que je reconnais à peine, et je pense à lui, à Dimitri, à ses mains sur moi, à ses
Je reste là, au milieu des papiers éparpillés, des dossiers ouverts, des chiffres qui dansent devant mes yeux, à regarder ce qui reste de mon empire, ce qui reste de ma vie, ce qui reste de moi, et je ne vois que ruines, que cendres, que néant.Le téléphone sonne, je ne réponds pas, je ne peux pas répondre, je ne sais plus parler, je ne sais plus penser, je ne sais plus être, et les messages s'accumulent, les avocats qui veulent me voir, les banquiers qui veulent me parler, les créanciers qui veulent être payés, les actionnaires qui veulent être rassurés, et je reste là, immobile, silencieux, brisé, à regarder le monde s'effondrer autour de moi, à regarder ma vie s'écrouler comme un château de cartes, à regarder l'homme que j'étais mourir lentement, douloureusement, définitivement.Je pense à elle, &a
AlexanderLes jours qui suivent le départ d'Amelia sont un long tunnel noir, une descente interminable vers un fond que je ne vois pas, que je ne cherche même plus à voir, que j'ai accepté comme ma destination finale, le lieu où je finirai par m'écraser, par me briser, par disparaître.Je ne sors pas de la villa, je ne réponds pas au téléphone, je n'ouvre pas les lettres qui s'accumulent devant la porte, je ne vois pas les hommes qui viennent, qui repartent, qui finissent par ne plus venir, et je reste là, dans ce fauteuil qu'elle aimait, à boire, à boire, à boire encore, jusqu'à ce que les bouteilles soient vides, jusqu'à ce que ma tête soit vide, jusqu'à ce que je ne pense plus à elle, plus à lui, plus à nous, plus à rien.L'alcool coule dans ma gorge comme une rivière de feu, elle brû
J'ai perdu Ivy, celle qui a juré vengeance, celle qui a porté la haine comme un bouclier, celle qui a traversé l'enfer pour en arriver là, et qui est morte dans cette chambre d'hôtel, dans cette bibliothèque, dans ce jardin, dans les bras de deux hommes qu'elle a détruits, qu'elle a aimés, qu'elle a perdus.Je me lève, je vais à la salle de bain, je regarde mon reflet dans le miroir, et je vois une étrangère, une inconnue, une morte qui ne sait pas qu'elle est morte.Ses yeux sont rouges, ses joues sont creuses, ses lèvres sont sèches, sa peau est grise, ses cheveux sont emmêlés, sa robe est déchirée, et elle me regarde avec des yeux qui ont trop vu, trop vécu, trop souffert, des yeux qui me demandent pourquoi, pourquoi j'ai fait ça, pourquoi j'ai choisi ça, pourquoi j'ai détruit tout ce que j'aimais, tout
Je me retire, je me redresse, je me rhabille, je ne la regarde pas, je ne peux pas la regarder, je ne peux pas voir son visage, ses larmes, ses marques, je ne peux pas voir ce qu'elle est devenue, ce que je suis devenu, ce que nous sommes devenus.— Va-t'en, dis-je, et ma voix est brisée, épuisée, anéantie. Va-t'en, Amelia, va-t'en, retourne vers lui, retourne vers ta vie, retourne vers tes mensonges, mais pars, pars maintenant, pars avant que je ne te tue, avant que je ne nous tue, avant que je ne tue tout ce qui nous reste d'humanité, de dignité, d'espoir.Elle se lève, elle ramasse sa robe, elle la met, elle ne me regarde pas, elle ne dit rien, elle traverse le salon, elle ouvre la porte, elle disparaît, et je reste là, seul, dans ce salon où nous avons aimé, où nous avons ri, où nous avons cru que tout était possible, que rien ne pourrait nous s&eacu
Elle pleure, ses larmes coulent sur mes doigts, sur mes mains, sur cette photo qu'elle tient encore, sur cette preuve qu'elle ne peut pas effacer, qu'elle ne peut pas nier, qu'elle ne peut pas brûler comme elle a brûlé les autres preuves, celles de sa vengeance, celles de sa haine, celles de son passé.— Je ne voulais pas t'aimer, dit-elle, et ses mots sont un couteau dans ma chair, un couteau qu'elle tourne, qu'elle enfonce, qu'elle retire pour mieux le renfoncer. Je ne voulais pas aimer, je ne voulais pas choisir, je ne voulais pas être celle que je suis devenue, mais je ne pouvais pas m'arrêter, je ne pouvais pas renoncer, je ne pouvais pas choisir entre lui et toi, entre ce que vous me donniez, entre ce que vous me preniez, entre ce que vous étiez pour moi.— Alors tu as choisi les deux, dis-je, et ma voix est calme à nouveau, cette calme qui précède les tempêtes, cett
La deuxième photo, elle dans le hall, elle qui attend l'ascenseur, ses cheveux en désordre, ses joues roses, ses yeux brillants, cette même lumière que je vois quand elle rentre le soir, cette même lumière qui me dit qu'elle a aimé, qu'
Tu ne voulais pas, mais tu as fait, tu as choisi, tu as décidé, chaque jour, chaque heure, chaque seconde, tu as choisi de mentir, de trahir, de détruire, et maintenant tu pleures, tu te lamentes, tu te demandes pourquoi tu es si malheureuse, mais tu as voulu ça, tu as voulu cet enfer, tu l'as cons
Amelia / IvyMais au milieu de la matinée, mon téléphone vibre, son nom s'affiche sur l'écran, Dimitri, et mon cœur s'emballe, mes mains tremblent, mes jambes se dérobent, et je sais que je vais dire oui, que je vais part
Je la regarde danser dans le salon, le soir, quand nous écoutons de la musique et que je la prends dans mes bras, et je sens son corps qui se raidit, ses mains qui s'agitent, ses yeux qui cherchent une porte de sortie, une échappatoire, une excuse pour s'éloigne







