ログインAlexander La chapelle n'est pas seulement petite, elle est minuscule, une crevasse de pierre oubliée au milieu de nulle part, choisie parce que le silence y est si pur qu'on entend les battements de son propre cœur, parce que les murs y sont si épais qu'ils tiennent le monde entier à distance, parce que c'est ici, dans ce sanctuaire anonyme, que nous avons décidé de tout effacer pour tout recommencer. Il n'y a pas de fleurs, pas de musique, pas d'orgue, pas de chœur. Il n'y a que la respiration rauque des cierges qui consument leur cire en larmes fumantes, des courants d'air glacés qui se faufilent sous les portes comme des fantômes curieux, et un prêtre, un vieillard voûté dont la voix tremble, une voix d'outre-tombe qui semble bénir autant les vivants que les morts. Dimitri est là. Il est debout dans l'ombre d'un pilier, si parfaitement immobile qu'il pourrait être une sculpture de sel, une statue de doule
Elle me regarde, elle me regarde longtemps, très longtemps, et je vois, je vois dans ses yeux la même force, le même courage, la même détermination, le même amour, et je sais, je sais qu'elle va dire oui, qu'elle va accepter, qu'elle va choisir, qu'elle va aimer, pour de bon, pour toujours.— Oui, dit-elle, et ses larmes coulent, ses larmes de joie, ses larmes de paix, ses larmes de renaissance. Oui, Alexander, oui, je veux t'épouser, oui, je veux être ta femme, oui, je veux être ta compagne, oui, je veux être ton amie, oui, je veux être ton amante, oui, je veux être ta vie, pour de bon, pour toujours.Je prends la bague, je la glisse à son doigt, ses doigts tremblent, ses mains tremblent, tout son corps tremble, et je l'embrasse, je l'embrasse comme je n'ai jamais embrassé, comme on embrasse ce qu'on a perdu et qu'on retrouve, comme on embrasse ce qu'on a cru m
Je pleure sur Dimitri, sur ses mains qui m'ont tenue, sur ses yeux qui m'ont regardée, sur son cœur qui m'a aimée, même après tout ça, même après toutes mes trahisons, toutes mes ruines, toutes mes cendres, je pleure sur lui, sur l'homme qu'il est, sur l'homme qu'il est devenu, sur l'homme qu'il sera, pour toujours, à jamais.Je pleure sur moi, sur cette femme que j'étais, sur cette vengeance que j'ai portée, sur cette haine que j'ai nourrie, sur cette douleur que j'ai traversée, sur cette renaissance que j'ai choisie, sur cette vie que j'ai construite, sur cet amour que j'ai trouvé, pour de bon, pour toujours.Les larmes coulent, elles coulent comme une rivière, comme une mer, comme un océan, elles emportent tout, la haine, la rage, le désespoir, elles emportent les ombres du passé, les fantômes de la nuit, les souvenirs de l'enfer, e
Je me retourne, Dimitri est là, dans l'encadrement de la porte, ses yeux gris me regardent, ses mains ne tremblent pas, ses lèvres sourient, et je vois, je vois dans ses yeux la même force, le même courage, la même détermination, et je sais, je sais qu'il a raison, qu'il a toujours eu raison, que c'est le seul chemin, la seule voie, la seule issue.— Tu ne t'es pas trompé, répète-t-il, et il s'approche, il pose sa main sur mon épaule, il me regarde, ses yeux sont calmes, ses traits sont apaisés, ses mains sont fermes. Tu as choisi la vie, Alexander, tu as choisi l'amour, tu as choisi le pardon, et c'est ce choix qui t'a sauvé, qui t'a sauvé de toi-même, qui t'a sauvé de ce que tu aurais pu devenir, de ce que tu aurais été, de ce que tu aurais fait.— Comment sais-tu ? demandé-je, et ma voix est brisée, épuis&e
AlexanderJe les regarde, ces deux êtres que j'aime, que j'ai aimés, que j'aimerai toujours, même après tout ça, même après toutes ces trahisons, toutes ces ruines, toutes ces cendres, et je vois, je vois dans leurs yeux la même force, le même courage, la même détermination, et je sais, je sais qu'ils ont raison, qu'ils ont toujours eu raison, que c'est la seule façon, la seule chance, la seule issue.— Comment ? demandé-je, et ma voix n'est qu'un souffle, une prière, un désespoir. Comment ne pas les haïr, comment ne pas vouloir les détruire, comment ne pas vouloir les tuer, après tout ce qu'ils ont fait, après tout ce qu'ils ont tenté, après tout ce qu'ils auraient pu faire ?— En les arrêtant, répond Dimitri, et ses yeux brillent, ses mains se serrent, sa voix devient fer
Elle prend son téléphone, elle compose le numéro qu'elle connaît par cœur, qu'elle connaît depuis toujours, qu'elle connaîtra toujours, et elle parle, elle parle à voix basse, elle explique, elle demande, elle supplie, et je la regarde, je la regarde parler à l'homme qu'elle a aimé, qu'elle a perdu, qu'elle a retrouvé, qu'elle a choisi de quitter, et je me demande si elle regrette, si elle souffre, si elle pense encore à lui, si elle l'aime encore, si elle l'aimera toujours.— Il vient, dit-elle, et elle repose le téléphone, elle se tourne vers moi, ses yeux sont calmes, ses traits sont apaisés, ses mains ne tremblent plus. Il vient, Alexander, il vient pour nous aider, pour les arrêter, pour nous sauver.— Pourquoi ? demandé-je, et ma voix est à peine un souffle, une question que je n'ose pas poser, une réponse que je n'attends pas, une vérité que je ne veux pas savoir. Pourquoi il vient, pourquoi il nous aide, pourquoi il nous sauve, après tout ce que je lui ai fait, après tout ce q
AmeliaJe n'ai pas dormi.Les draps sont enroulés autour de mes jambes, trempés de sueur, et le jour qui filtre à travers les rideaux a cette couleur grise de l'aube qui n'arrive pas à percer. Mon corps tout entier est une plaie à vif, chaque nerf tendu vers un seul point, une seule absence, une se
RoyJe retiens une exclamation. Elle n’est pas vieille. Trente-cinq ans, peut-être ? Mais son visage est ravagé. Des cernes profonds comme des blessures, des pommettes coupantes, une bouche entrouverte sur des dents abîmées, une lèvre fendue. Et pourtant… pourtant, il y a une étrange netteté dans s
IvyC’est ce dont Magda a parlé. Des « goûts particuliers ». Son membre, en érection, est disproportionné par rapport à sa petite taille. Long, épais. Et il brille. Littéralement. Il a appliqué une sorte de gel ou d’huile qui le fait luire d’un éclat obscène et artificiel dans la lumière tamisée. C
IvyC’est la fin. La fin de quelque chose, peut-être juste la fin du jour. Je ne sais plus. Le temps a perdu sa forme, il n’est plus qu’une boue épaisse et répétitive, mesurée par l’entrée et la sortie des ombres.Le cinquième est parti. L’odeur de lui, un mélange de transpiration aigre et de désin







