LOGINChapitre 65
Zeylan
La douleur me réveille. Une brûlure sourde dans la poitrine. Une gêne qui pulse. J'ouvre les yeux lentement. Le plafond blanc. Les bips réguliers. L'odeur d'antiseptique. L'hôpital. Encore.
Je tourne la tête. Péniblement. Le couloir de mon regard balaie la chambre. La chaise près du lit. Vide.
Je fixe cette chaise. Longtemps. Trop longtemps
Chapitre 66ElyssaJe marche. Sans but. Sans direction. Les rues sont vides à cette heure. Le froid me mord la peau. Mais je ne le sens pas. Je ne sens plus rien. Rien que cette douleur. Cette douleur qui m'a réveillée ce matin. Cette douleur qui ne me quitte plus.Il a failli mourir. À cause de moi. Pour moi. Une balle. Dans sa poitrine. Parce qu'il s'est jeté devant moi. Parce que son corps a agi avant sa mémoire. Parce que son âme n'a rien oublié. Et moi. Je suis restée là. À le regarder. À crier. À supplier. À me briser.Je m'arrête au milieu du trottoir. Je ferme les yeux. Je revois la scène. Le coup. Le bruit. Son corps qui tombe. Le sang. Partout. Sur mes mains. Sur mes vêtements. Sur mon âme.— Je ne peux plus, je murmure dans le vi
Chapitre 65ZeylanLa douleur me réveille. Une brûlure sourde dans la poitrine. Une gêne qui pulse. J'ouvre les yeux lentement. Le plafond blanc. Les bips réguliers. L'odeur d'antiseptique. L'hôpital. Encore.Je tourne la tête. Péniblement. Le couloir de mon regard balaie la chambre. La chaise près du lit. Vide.Je fixe cette chaise. Longtemps. Trop longtemps. Quelque chose se serre dans ma poitrine. Plus fort que la blessure. Plus fort que la balle. Un vide. Un manque. Une absence qui n'a pas de nom mais qui a un visage.— Où est-elle ?Ma voix est rauque. À peine audible. Un garde se penche vers moi.— Monsieur ?— La femme. Celle qui était là. Celle qui...Je m'arrête. Je cherche mes mots. Je
Chapitre 64ElyssaJe ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. La porte de sa chambre est là, devant moi, fermée, et derrière cette porte, il se bat pour sa vie. Pour ma vie. Parce qu'il a pris une balle qui m'était destinée. Parce qu'il s'est jeté devant moi sans réfléchir. Parce que son corps a agi avant sa mémoire. Parce que son âme, elle, n'a rien oublié.Alors je reste. Debout. Adossée au mur froid du couloir. Les heures passent. Les infirmières vont et viennent. Les médecins entrent et sortent. Chaque fois que la porte s'ouvre, je retiens mon souffle. Chaque fois qu'elle se referme, je prie. Je prie pour qu'il vive. Je prie pour qu'il se réveille. Je prie pour qu'il se souvienne.Mes jambes tremblent. Mes blessures me font mal. Mon corps crie grâce. Mais je ne bouge pas. Je ne peux pas. Pas
Chapitre 63SereinaLa nouvelle m'atteint en plein conseil. Un messager entre, tremblant, et murmure quelques mots à l'oreille de Malrik. Mais je les entends. Je les entends tous. Le Roi Noir a été blessé. Par balle. En protégeant une femme. Une inconnue. Une moins-que-rien.Le silence qui suit est assourdissant. Les regards glissent vers moi. Furtifs. Gênés. Puis les murmures commencent. D'abord discrets. Puis plus audacieux.— Il a pris une balle pour elle ?— Pour une étrangère ?— Et sa fiancée ? Elle ne compte donc pour rien ?Je reste droite. Le menton haut. Le visage de marbre. Mais à l'intérieur, quelque chose se fissure. Quelque chose se brise.— C'est une honte, souffle un vi
Chapitre 62ZeylanLe noir. Puis des éclats. Des bribes. Des lumières qui dansent. Des voix qui passent. Des bruits. Des silences. Je flotte. Entre deux eaux. Entre deux mondes. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais plus.La douleur est là. Quelque part. Dans ma poitrine. Une brûlure sourde. Un fer rouge. Mais elle est lointaine. Comme si elle appartenait à un autre. À un corps que j'aurais laissé derrière moi. Je dérive. Dans un océan noir. Sans boussole. Sans repère.Et puis. Une voix. Qui perce le brouillard. Qui traverse les ténèbres. Qui vient jusqu'à moi. Une voix que je connais. Une voix qui m'est plus familière que la mienne. Plus intime. Plus ancienne. Une voix qui parle à un endroit de moi que je ne connaissais pas. Un endroit que l'amnésie
Chapitre 61ElyssaLe coup part. Le bruit claque dans l'air. Et Zeylan s'écroule.Je ne comprends pas tout de suite. Je ne réalise pas. Une seconde passe. Deux. Le monde continue de tourner. Les voitures passent. Les gens marchent. Mais moi, je suis figée. Mon corps ne répond plus. Mon cœur s'est arrêté.Et puis je le vois. Par terre. Devant moi. Son corps affaissé sur le trottoir. Du sang. Beaucoup de sang. Qui coule. Qui imbibe son manteau. Qui forme une flaque sombre sous lui.— Zeylan !Le cri sort de ma gorge. Déchirant. Animal. Je me jette à genoux près de lui. Mes mains se posent sur son visage. Ses joues. Ses tempes. Je le tiens. Je le serre. Je le cherche.— Zeylan ! Réponds-moi ! Regarde-moi !Ses paup







