MasukChapitre 5
LE POINT DE VUE DE LÉONARDO
Je rentre dans ma chambre comme on revient d’une guerre perdue : lourd, sale de pluie, les épaules encore tendues. La porte claque derrière moi avec ce bruit sec qui dit qu’il n’y aura pas de discussion.
La chambre est celle que j’ai toujours eue trop grande pour un homme seul, trop petite pour le poids du silence qui l’habite. Je jette la veste sur une chaise, les gouttes trouent l’air autour de moi comme des petites questions sans réponse.
Je m’avance vers la console où repose la bouteille. J’ai toujours gardé ce flacon pour les moments où le monde devient trop net : un whisky dur, sans fioritures. Je verse. Le liquide coule, ambré, et je soulève le verre. Deux gorgées, et la chaleur monte comme un mensonge confortable. Trois. Le métal du liquide ralentit les bords du monde.
Puis quelque chose cède. C’est d’abord un souffle, puis un hoquet, puis des sanglots trop gros pour un homme qui s’est promis de ne jamais pleurer en public. Mes mains tremblent sur le verre. Je porte la main à mes yeux pour cacher les larmes, mais elles arrivent malgré tout lentes, épaisses, comme si elles avaient attendu ma permission pendant dix ans. Elles ne ressemblent pas à la faiblesse. Elles ressemblent à l’aveu qu’un empire peut aussi être un père, et que ce père n’est plus.
Je laisse tomber la tête en arrière, les yeux fermés, les larmes se mêlant à la pluie encore sur mon visage. Les images s’enchaînent : la pression d’une main sur mon épaule quand j’étais enfant, sa voix qui disait d’être fort, la colère contenue derrière son sourire, la façon dont il redressait les hommes lorsqu’ils pliaient. Tout ça me revient en une charge si lourde que je dois m’asseoir. Le verre tressaille entre mes doigts.
Quand j’ai à peu près repris contenance, j’appuie sur le téléphone. Matteo décroche après deux sonneries, sa voix est un souffle familier.
— Allô ?
— Matteo, j’ai besoin… fais venir une escorte. Rapide. Dans une heure. Dans ma Chambre . Discrète. Pas de drame.
Il y a un moment d’hésitation de l’autre côté, comme s’il cherchait à m’empêcher d’ajouter une étincelle à la nuit.
— Quelles préférences ? demande-t-il, prudent.
J’inspire. Les mots sont une façon comme une autre de me raccrocher au monde.
— Brune. Élégante. Capable de parler peu et d’effacer sa présence. Qu’elle sache se tenir, qu’elle sache écouter, et surtout qu’elle parte sans questions. Rien d’extraordinaire. Pas d’attentions sentimentales. Payée cash. Discrétion totale. Compris ?
— Compris, répond Matteo. Je m’en occupe.
Je raccroche avant qu’il n’ajoute la lecture de moralité que je sais qu’il voudrait me faire. Le combiné retombe sur le bois et le silence revient, plus lourd encore. Je pose le verre contre mes lèvres et bois. Le goût est amer, mais il calme le tremblement dans mes doigts.
Assis au bord du lit, je laisse la nuit m’envelopper. Les larmes ont tari, remplacées par une colère sourde, concentrée. Le whisky m’assomme doucement; chaque gorgée me rend plus précis, pas plus doux. J’imagine déjà l’arrivée : une porte qui s’ouvre, des pas mesurés, une voix qui sait où se taire. Ce n’est pas du réconfort. C’est un contrepoint, un leurre nécessaire pour passer la nuit.
Je bois encore. La bouteille se vide à peine, mais dans mon esprit tout se met en marche des pièces à déplacer, des visages à sonder, une promesse qui brûle au fond de ma poche. J’appuie ma tête contre le mur, ferme les yeux et laisse la boisson effacer, pour un instant, la netteté du deuil.
On frapper discret, trois coups parfaitement timés. Je posai le verre, essuyai d’un revers la trace humide sur ma lèvre, puis j’allai ouvrir.
Elle se tenait sur le palier comme si elle avait toujours appartenu à ces lieux droite, sûre, maîtrisée. Une robe noire qui apprivoisait la lumière sans la réclamer, des talons qui claquaient à peine sur le tapis, un chignon lâche qui laissait courir quelques mèches autour d’un visage travaillé pour l’efficacité : joli sans être d’une beauté ostentatoire, séduisant sans réclamer d’attention. Son parfum : quelque chose de chaud, de fleuri, une signature qui reste après qu’on l’ait oubliée. Son regard jeta un coup d’œil rapide sur la pièce derrière moi, jaugea la bouteille, la veste sur la chaise, puis revint à moi, calme et attentif.
Je restai un instant sur le seuil, et j’aimai la façon dont elle ne me regardait ni avec envie ni avec crainte, mais avec une neutralité professionnelle respectueuse, précise. J’étais Leo De Luca ; ma présence pesait dans la pièce comme un ordre. Pourtant, je ne voulais pas d’un théâtre de soumission : je voulais une présence, une compagnie contrôlée, agréable et discrète. C’est ce que je cherchais. C’est ce qu’elle offrit sans un mot.
— Entrez, dis-je d’une voix basse. Fermez la porte derrière vous.
Elle obéit, la porte claqua doucement. Ses gestes étaient mesurés, comme s’il s’agissait d’un rituel connu. Elle retira sa veste d’un geste lent et la posa sur le dossier d’une chaise, sans effleurer rien d’autre que ce qui était nécessaire. Aucun geste trop rapide, aucune provocation. La manière dont elle se mouvait mettait en scène sa maîtrise : professionnelle, respectueuse des codes, et néanmoins chaude.
Je l’ai détaillée de haut en bas sans aucune retenue, mon regard glissant sur ses cuisses longues et parfaitement gainées.
Je m’exécutai, claquant doucement la porte. Elle s’était déjà tournée vers le lit, avançant avec des pas lents, volontairement provocateurs. Ses hanches se balançaient de gauche à droite, et je sentais mon souffle devenir plus court.
Je me rapprochai d’elle, jusqu’à ce que mon torse effleure son dos. Mon souffle frôla son oreille.
Elle se retourna, planta ses yeux dans les miens, et souffla en effleurant ma mâchoire de ses doigts '
Je me mordis la lèvre, mes mains glissant déjà sur ses hanches, caressant le tissu chaud de sa robe.
Ses lèvres s’étirèrent en un sourire gourmand.
Puis elle s’approcha d’un geste brusque et m’embrassa. Ses lèvres étaient douces, chaudes, terriblement excitantes. Sa langue vint chercher la mienne avec une faim évidente. Mon corps réagit aussitôt, plaquant le sien contre le mur. Ses gémissements étouffés contre ma bouche suffisaient déjà à me rendre fou.
Ses lèvres m’avaient déjà rendu accro. Chaque seconde où sa bouche dévorait la mienne, je sentais mon corps se durcir davantage. Elle avait une manière de m’embrasser qui ne laissait aucune place au doute : elle me voulait, là, tout de suite.
Mes mains descendirent naturellement sur ses hanches, puis glissèrent vers l’arrière, attrapant la rondeur ferme de ses fesses à travers le tissu de sa robe. Elle gémit dans ma bouche, un petit son rauque qui me fit presque perdre la tête.
Sans attendre, mes doigts attrapèrent l’ourlet de sa robe et la firent remonter doucement le long de ses cuisses. Sa peau était lisse, chaude, tremblante déjà sous mes caresses. Elle leva les bras dans un geste presque impatient, et je tirai la robe vers le haut jusqu’à la faire glisser hors de son corps. Elle tomba au sol, révélant un ensemble lingerie rouge assorti, terriblement sexy.
Je reculai d’un pas pour la regarder, et lâchai dans un souffle :
— Putain, t’es une vision.
Elle sourit, fière, et s’approcha en glissant ses mains sur mon torse. Ses doigts trouvèrent rapidement le bas de ma chemise qu’elle commença à déboutonner un à un, ses yeux plantés dans les miens. Le tissu céda bientôt et je sentis ses mains chaudes explorer ma peau nue, descendant jusqu’à ma ceinture.
Mon souffle s’accéléra, mes muscles se contractaient sous ses caresses. Je la plaquai doucement contre le mur, nos corps désormais collés, sa poitrine gonflée s’écrasant contre mon torse. Ses hanches roulaient déjà contre moi, cherchant le contact, la friction.
Je glissai mes lèvres le long de sa mâchoire, puis dans son cou, goûtant sa peau parfumée. Elle bascula la tête en arrière, gémissant plus fort, ses ongles s’enfonçant dans mon dos.
Mes mains descendirent sur ses cuisses, les soulevant d’un geste fluide. Instinctivement, ses jambes s’enroulèrent autour de ma taille, collant encore plus nos corps. Je sentais son souffle court, ses lèvres cherchant à nouveau les miennes, et mon désir qui explosait sous cette proximité.
On titubait presque jusqu’au lit, sans rompre notre étreinte, nos vêtements tombant un à un sur le chemin. Chaque froissement de tissu, chaque gémissement, chaque regard enflammé… c’était une torture délicieuse qui ne faisait qu’amplifier l’instant.
Une fois sur le lit, je la fais allonger. Je retire son string révélant une chatte bien rasée et enflée. Je me lèche les lèvres. Puis je m’abaisse pour l’embrasser, passant ma main sur sa longue et brillante cuisse. J’embrasse ses tétons et ce dernier se durcit sous ma langue.
Je continue de lui donner des baisers sur le ventre jusqu’à son bas-ventre et ses hanches se soulèvent.
J’écarte fortement ses cuisses pour pouvoir avoir accès facilement à sa chatte enflée. Je prends mon index que j’introduis dans le bout de sa chatte et un gémissement s’échappe de sa bouche :
— Ahhh.
Je l’observe et je la vois se lécher les lèvres et je dis :
Du coup je pose ma langue sur son organe de plaisir situé juste au-dessus de la fraise. Je me mets à la lécher comme un chien affamé qui a une ass
iette de lait en face.
Je fais des tours avec ma langue pour bien la faire gémir.
Chapitre 56 : Le Dernier Pas Dans la Gueule du LoupDu point de vue de Don RomanoLe Palatine se dressait devant moi comme un monstre d’acier et de verre. Majestueux. Intouchable. Un temple pour les puissants, un théâtre pour les alliances et les trahisons. Aujourd’hui, c’était ma scène. Mes gardes avancèrent en formation serrée autour de moi, silhouettes sombres et menaçante. Chacun d’eux portait une arme invisible mais prête. Tous savaient que Leonardo De Luca voulait ma tête. Et moi, je le savais encore mieux qu’eux.Mais ce soir… je n’avais pas peur.Non. Ce soir, je suis intouchable. Qui oserait lever la main dans la réunion la plus protégée d’Europe ?Qui tenterait un coup dans un lieu où chaque recoin était sous surveillance ? Personne. Pas même ce petit morveux de De Luca. Je pénétrai dans le hall principal du Palatine.Le silence tomba. Tous les regards se tournèrent vers moi. Les Dons, les leaders, les héritiers, les lieutenants… Tous respectaient le pouvoir. Tous me craigna
Chapitre 55 : Préparer la tempêteLE POINT DE VUE LÉO .Matteo entra sans frapper le seul qui avait encore ce privilège.Il s’installa en face de moi, les bras croisés, son regard ancré dans le mien.— Alors… comment tu comptes t’y prendre ? dit-il d’une voix grave.Je poussai un long souffle.— Je dois le tuer, Matteo. Je n’arrive même plus à dormir en sachant qu’il est encore en vie.Mes doigts tapèrent nerveusement le bureau.— Chaque seconde où Romano respire, c’est une insulte à mon père. À Isabella. À moi.Matteo me fixa, le visage dur mais compréhensif.— Je comprends. Mais il faudra être stratégique. Si on se précipite… on y passe tous.Je pinçai les lèvres.Il avait raison.Rien ne devait être laissé au hasard.— Tu as une idée ? demandai-je.Matteo hocha la tête.— Oui. On envoie un homme près de la villa de Romano. Discret. Invisible. Il observe chaque mouvement. Dès que Romano sort avec ses hommes, on prépare une interception. On l’enlève, on le met à genoux, et on lui fai
Chapitre 54 : La fracture invisibleLE POINT DE VUE d’Isabella Le silence de Léo s’abattit entre nous comme une lame.Pas un silence vide.Un silence lourd, qui disait beaucoup trop.Je le fixai.Ses yeux, d’ordinaire si déterminés, semblaient perdus, tiraillés entre deux mondes qui n’étaient jamais faits pour se rejoindre.Je soufflai, la gorge serrée :— Je suppose que ton silence veut dire oui…Ses lèvres bougèrent, il voulut répondre, mais rien ne sortit.Et je le vis — ce combat intérieur.Cette rage glacée contre mon père.Et cette lutte pour ne pas me perdre, moi.J’eus mal.Physiquement.Comme si quelque chose s’était effondré dans ma poitrine.Je reculai d’un pas.Ma main glissa de la sienne.Il fit un geste pour me retenir.— Isabella, attends.J’arrêtai le mouvement de sa main en posant mes doigts dessus, doucement.Comme une caresse triste.— Léo…Sa respiration était lourde, presque haletante, comme s’il manquait d’air.Je repris, la voix tremblante :— Je sais que mon p
Chapitre 53 : La sentence des traîtresLE POINT DE VUE DE LEONARDO Le garde reconduisit Clara dans le grand salon, les poignets tremblants, le souffle coupé.Isabella restait à mes côtés, silencieuse, les mains encore crispées.Moi… j’étais calme.Trop calme.Le genre de calme qui précède les tempêtes et les exécutions.Clara fut poussée devant moi.Elle tomba presque à genoux, les larmes déjà prêtes.— Monsieur Leonardo… je… je peux expli—— Non.Ma voix claqua sèchement.— Tu vas répondre. Et seulement répondre.Elle hocha la tête, les épaules secouées.Je fis un pas vers elle.Lent, précis, glacé.— Pourquoi ? demandai-je, les yeux fixés sur elle.— Pourquoi avoir tenté de me tuer ?Elle éclata en sanglots.— C’était mon frère… ils… ils ont dit qu’ils le tueraient si je n’obéissais pas…Je la fixai, impassible.— Ils ? Qui “ils” ?— Don Romano… et un de ses hommes… sanglota-t-elle.— Il m’a dit que si je ne mettais pas le poison dans votre repas, mon frère serait exécuté avant la
Chapitre 52 : Juste avant la dernière gorgéeLE POINT DE VUE DE Leonardo La villa était étrangement calme ce soir-là. Trop calme, peut-être.Un silence lourd, comme si les murs eux-mêmes retenaient leur souffle.Je m’étais installé dans la salle à manger, encore légèrement endolori de mes blessures, mais assez rétabli pour apprécier un vrai repas. Et pour la première fois depuis longtemps, je m’autorisai un moment simple :un dîner.Tranquille.Sans menace apparente.La servante — Clara — avait tout préparé. Le couvert soigneusement dressé, les assiettes brûlantes, le parfum du poulet rôti flottant comme un souvenir de maison.Et devant moi, un verre de jus d’orange parfaitement aligné avec mon assiette.Je notai que Clara semblait tendue ce soir. Plus silencieuse que d'habitude. Le regard fuyant.— Tout va bien ? lui avais-je demandé.Elle avait sursauté.— Oui, monsieur… tout va très bien.Un mensonge évident.Mais je ne poussai pas.Je n’avais pas la tête à jouer au détecteur de m
Chapitre 51 : Le Goût Amer de la VéritéLE POINT DE VUE DE d’Isabella Je rangeai mon téléphone dans ma poche, mais avant d’atteindre le couloir menant au bureau de mon père, une voix attira mon attention.Une voix forte. Ma voix intérieure me suppliait de ne pas approcher.Mais mes pieds avancèrent seuls.La porte du bureau n’était pas complètement fermée.Une fente étroite.Juste assez pour laisser passer le son…La voix de mon père.Froide. Calculatrice.Implacable.— Tout sera en place ce soir. Il ne verra rien venir.Je me figeai. Une sueur glacée coula entre mes omoplates.La voix au téléphone répondit, basse mais distincte :— Le poison est déjà dans le plat de Léo , Don Romano. Je sentis mon cœur se briser.L’air se déroba autour de moi.Poison. Dans le plat de Leonardo.Mon père répondit calmement :— Parfait. Avant demain soir, il sera mort. Je n’aurai pas de deuxième chance, je ne peux pas échouer.Tout mon corps trembla.Pas de peur. De dégoût.Une nausée violente me sais







