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CHAPITRE 98

작가: Trimis Lirus
last update 게시일: 2026-07-14 13:30:37

VILANOVA

Je relevai les yeux vers lui.

— Et toi, Rafael ? Qu'est-ce que tu sais, toi ?

Il hésita. Je vis quelque chose passer dans son regard — une hésitation, une peur, peut-être la conscience que ce qu'il allait dire ne pourrait plus être effacé.

— J'ai connu ta mère, dit-il lentement. Pas comme un amant. Comme un ami. Elle venait parfois à la maison où je travaillais, pour des raisons que je n'ai pas comprises sur le moment. Elle me parlait de toi. De l
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    SELENE Les couloirs du domaine étaient déserts quand je sortis de ma chambre. La nuit était tombée depuis longtemps, mais je n'avais pas dormi. Je n'avais pas pu. Les nouvelles étaient arrivées quelques heures plus tôt, comme un coup de poing dans l'estomac : Vilanova avait disparu. Enlevée. Emmenée par des hommes qui n'avaient pas laissé de traces, pas de message, pas de revendication. Juste un vide, une absence, un silence qui hurlait plus fort que tous les cris.Je n'avais pas pleuré. Pas tout de suite. Je m'étais assise sur le bord de mon lit, les mains serrées sur mes genoux, le regard fixé sur le mur. Les heures avaient passé, lentes, interminables, et je les avais comptées une par une, comme on compte les battements de son propre cœur.Je pensais à elle. À Vilanova. À cette sœur que j'avais passée des années à haïr, à jalouser, à mépriser. Cette sœur qui avait tout reçu sans jamais le demander. Cette sœur qui avait été choisie, protégée, aimée, alo

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    KAELENLa première heure fut celle du déni. Je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais pas y croire. Elle m'avait promis de rentrer avant la nuit, de rester en contact, de ne pas s'aventurer trop loin. Elle n'avait pas rompu ses promesses. Pas elle. Pas Vilanova.J'attendis. Je regardai les aiguilles de l'horloge tourner avec une lenteur insupportable. Dix-neuf heures. Vingt heures. Vingt et une heures.Ses affaires étaient encore dans la chambre. Sa robe préférée, suspendue dans l'armoire. Son parfum, sur la coiffeuse. Ces petits riens qui disaient qu'elle était là, qu'elle allait revenir. Je les regardai comme on regarde des reliques, des preuves que quelqu'un a existé. Mais l'existence n'est pas une promesse de retour.Vingt-deux heures. Je n'attendis plus.Je pris mon téléphone, composai son numéro. La sonnerie résonna, vide, sans réponse. Je rappelai. Encore. Encore. Rien.Je sortis de la chambre en courant, mes pas martelant

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    VILANOVA Les jours qui suivirent la conférence de presse furent un tourbillon. Des appels, des messages, des demandes d'interviews. Des avocats qui me contactaient pour m'offrir leurs services, des familles qui voulaient s'associer à mon nom, des ennemis qui tentaient de me faire taire par des menaces voilées. Le monde s'était ouvert devant moi, et avec lui, une marée que je n'avais pas anticipée.Je ne m'y étais pas préparée. Personne ne s'y prépare.Kaelen avait renforcé la sécurité autour du domaine. Des gardes patrouillaient jour et nuit, des caméras surveillaient chaque accès, des hommes en noir se tenaient devant les portes comme des sentinelles silencieuses. Mais malgré cette protection, je sentais que quelque chose n'allait pas. Une ombre. Une présence. Un regard que je ne voyais pas, mais que je sentais.Je me disais que c'était la paranoïa, la fatigue, le stress de ces jours passés à révéler des secrets que j'avais portés trop longtemps. Mais au fond de moi, une voix me mur

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