LOGINVINCELa lumière du matin s’infiltre par les hublots, traçant des arabesques dorées sur les épaules de Sofia. Assise en tailleur, elle émerge à peine des draps froissés, comme si le lit l’avait gardée prisonnière toute la nuit. Ses cheveux noirs, emmêlés par le sommeil, encadrent un visage où brillent deux yeux verts – aussi calmes qu’un lac sous la brume. Elle me regarde sans ciller, et son indifférence a quelque chose d’étrangement envoûtant.— Vince ?— Oui ?— Ce bateau… Elle hésite, puis se reprend, sa voix plus ferme. Achetons-le.Je ris, bas, sans joie.— Pourquoi ?— Parce que je veux que tu m’emmènes loin d’ici. Elle ne détourne pas les yeux. Loin de tout ça.Je la regarde, longuement. Trop longuement. Assez pour voir la lueur de défi dans son regard, mais aussi cette ombre, cette peur qu’elle essaie de cacher.— Et où est-ce que tu veux aller, ma reine ?Elle sourit, lent, dangereux. Un sourire qui ne monte pas jusqu’à ses yeux.— Partout où tu iras.Je l’embrasse, profond,
VINCELe soleil perce à travers les hublots, dessinant des motifs dorés sur la peau de Sofia. Elle est là, nue, enroulée dans les draps froissés, ses cheveux noirs étalés comme une auréole sombre sur l’oreiller. Ses lèvres sont encore gonflées de nos baisers, ses cuisses marquées de mes doigts.Ma reine.Les mots m’ont échappé. Pas une erreur – une vérité.Et putain, ça me terrifie.Je me lève, prêt à m’habiller, à reprendre le contrôle. Parce que c’est ce que je fais. Je contrôle. Je domine. Je possède.Mais elle me sourit.Un sourire lent, dangereux, qui me glace le sang et me fait bander en même temps.Puis elle se penche.Ses lèvres effleurent ma peau, traçant un chemin brûlant le long de mon torse, descendant, descendant…— Tu fais quoi, Sofia ?Ma voix est rauque, tendue. Je devrais l’arrêter. Je devrais.Mais je ne le fais pas.— Je m’occupe de mon mari, murmure-t-elle contre mon ventre, pour qu’il ne regarde personne d’autre que moi.Un rire m’échappe, sec, presque douloureux.
VINCELe craquement de l’os sous mon poing résonne encore dans mes oreilles quand je lâche Marco. Il s’effondre au sol, sanglant, geignant comme un chien.— Prochaine fois, c’est une balle, craché-je. Nettoie ça.Antonio me tend une serviette propre. J’essuie mes phalanges, le sang de Marco tachant le tissu blanc.Les collaborateurs ,Salvatore, le vieux Don de Messine, et ses deux lieutenants observent depuis le coin lounge du Columbus, verres en main. Pas un mot. Ils savent que dans notre monde, la faiblesse se paie cash.Je rajuste ma veste, sourire froid aux lèvres.— Messieurs, désolé pour l’intermède. Marco confondait Palermo avec un cirque. Revenons aux affaires.Salvatore hoche la tête, impressionné malgré lui.— T’as pas perdu la main, Moretti. Léo Vitiello nous cause encore des emmerdes sur les routes de Catane. Il bloque deux cargaisons. On veut ton feu vert pour le raser.Je m’assois, whisky à la main, et déroule le plan : drones pour surveiller ses planques, hommes infilt
VINCE— Viens.Sa main s’est refermée autour de mon poignet, chaude, possessive. Il n’a pas attendu ma réponse. Il m’a tirée vers lui, comme si j’étais une chose à lui, une chose qu’il pouvait déplacer à sa guise.Je n’ai pas résisté.Pas vraiment.Mon corps a suivi, traître, comme s’il savait déjà où Vince voulait m’emmener. Vers le feu. Vers la chute.La musique pulsait plus fort à mesure que nous nous enfoncions dans le ventre du yacht. Les rires, les verres qui s’entrechoquent, les regards qui glissent sur nous – sur moi – comme des lames. Vince ne me lâchait pas. Ses doigts étaient un étau autour de mon poignet, et je sentais son pouce caresser ma peau, lentement, délibérément.Comme une promesse.Ou une menace.Un homme était adossé au bar, un verre de whisky à la main. Costume sur mesure, montre qui valait probablement plus que ma vie. Il nous a vus. M’a vue. Ses yeux ont glissé sur moi, trop longtemps, trop intensément, avant de remonter vers Vince.Un sourire en coin.— Vince
— Blondie, je la punissais.— Bien sûr. À coups de queue.Il a ri, un son rauque, presque animal.— Il n’y avait rien de charnel. Blondie est une ex aussi. Elle m’a trahi. Je la haïrais jusqu’à ma mort.— Tu l’as sautée quand même.— Je l’ai sodomisée pour la punir. Et elle n’a pas vraiment apprécié.J’ai senti la colère monter en moi, brûlante, incontrôlable.— Tu n’as pas le droit de faire ça si vraiment tu me considères comme ton épouse.Il a incliné la tête, ses yeux noirs plongés dans les miens.— Tu aurais préféré que je te le fasse à toi ?J’ai froncé les sourcils, le défiant du regard.— Quoi ?— Tu veux que je te punisse, Sofia ? Pour la scène que tu me fais ? pour te remettre a ta place ?Sa voix était basse, dangereuse. Un grondement sourd qui a glissé le long de ma colonne vertébrale comme une caresse interdite. Ses doigts ont effleuré ma joue, traçant une ligne de feu jusqu’à ma gorge, et j’ai senti mon pouls s’emballer sous sa paume.— Parce que je peux. Il a murmuré, s
SOFIALe vent du large me giflait, mordant mes joues encore humides de larmes. Je serrais les poings si fort que mes ongles s’enfonçaient dans mes paumes, laissant des marques en forme de croissants de lune. Dignité. Respirer. Ne pas lui donner cette satisfaction.Je me suis penchée par-dessus la rambarde du pont supérieur, les vagues noires léchant la coque du Columbus comme des langues avides. Leurs murmures m’appelaient, m’offraient l’oubli. Sauter. Disparaître. Ne plus avoir à choisir entre la haine et ce désir maudit qui me consumait.— Le mariage n’a pas l’air de te réussir, ma chérie.Sa voix m’a transpercée comme une lame rouillée. Je n’ai pas bronché. Pas tout de suite. J’ai laissé le silence s’étirer, lourd, chargé de tout ce que je refusais de lui donner. Puis j’ai tourné la tête vers elle, lentement, comme si chaque mouvement me coûtait un effort surhumain.Diane était adossée à la porte des cabines, un verre de champagne à la main. Sa robe rouge sang épousait chaque courb
sofiaLe silence de la chambre est si épais qu’il en devient palpable, comme une seconde peau collée à la mienne. Je reste allongée sur le ventre, le visage enfoui dans l’oreiller qui sent la lessive industrielle et la poussière ancienne. Chaque respiration fait remonter une vague de douleur sourde
VINCENous arrivons sur le palier. La porte massive de ma chambre se dresse devant nous. Je l’ouvre d’un coup sec et je la pousse à l’intérieur avant de verrouiller le loquet derrière nous. Le clic métallique résonne comme une sentence définitive.Je me retire ma veste, la jetant sur un fauteuil, t
SOFIAMes jambes flageolent encore, secouées par les spasmes de douleur et l’épuisement qui se mélangent dans mes veines comme un poison lent. Il n’y a aucune douceur dans l’air, juste un sentiment de dévastation qui me laisse le souffle court.Il ne me laisse pas au sol. Ses mains s’accrochent à m
SOFIAVince me saisit par la taille et me force à me lever. Mes jambes tremblent, encore flageolantes sous le choc de ce qui vient de se passer. D’un geste sec, il me fait pivoter pour que je lui tourne le dos. Je me sens terriblement exposée, debout au milieu de la cabine, ma robe ivoire en lambea







