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CHAPITRE 6

Penulis: RS WILD
last update Terakhir Diperbarui: 2026-01-14 07:04:11

SOFIA

L’un des gardes du corps de Léo ouvre la portière arrière du SUV central. L’intérieur est un gouffre de cuir noir et d’ombre.

— Monte, ordonne Léo.

Je m’exécute, le corps rigide. Il s’engouffre derrière moi, refermant la portière avec un bruit mat qui scelle mon destin. Les serrures se verrouillent automatiquement. Clac.

La voiture s’ébranle. À travers la vitre teintée, je vois la silhouette de mes parents s’effacer sur le perron. Ils sont déjà en train de célébrer leur transaction.

Le trajet s’annonce long. Léo s’installe confortablement, étendant ses longues jambes. Il ne me regarde pas tout de suite. Il sort un couteau à cran d’arrêt de sa poche intérieure, fait jouer la lame avec un bruit sec, et commence à s’en curer les ongles avec une nonchalance terrifiante.

— On est seuls, maintenant, Sofia, murmure-t-il sans quitter sa lame des yeux. Tu peux arrêter de sourire. On va s’occuper de cette main qui a osé me frapper.

Le SUV glisse sur l’asphalte avec une régularité de prédateur. À l’avant, le chauffeur et le garde du corps sont deux statues de pierre, sourds et aveugles à ce qui va se passer à l’arrière. La vitre de séparation est montée. Nous sommes dans une bulle de cuir noir, saturée par l’odeur de Léo.

Il replie son couteau d’un coup sec. Le silence devient un poids sur mes poumons.

— Viens ici, ordonne-t-il sans même me regarder.

Je reste figée contre la portière, les doigts crispés sur l’accoudoir.

— Je suis très bien ici, Monsieur Vitiello.

Dans un mouvement d’une rapidité foudroyante, il attrape mon poignet. celui-là même qui l’a frappé  et me tire violemment vers lui. Je pousse un cri alors que je bascule sur ses genoux. Sa main libre s’écrase sur ma nuque pour m’empêcher de me redresser, m’obligeant à rester courbée devant lui, le visage à quelques centimètres de sa braguette.

— Je n’aime pas me répéter, Sofia. Et je déteste qu’on me défie devant mes hommes.

Il prend mon poignet et le tord légèrement, juste assez pour me faire gémir de douleur. Il examine ma main comme s’il s’agissait d’un objet défectueux qu’il s’apprête à réparer.

— Cette main est bien trop fragile pour porter un coup si lourd. Tu as de la chance que je sois d’humeur généreuse aujourd’hui, sinon je l’aurais déjà brisée.

Il porte ma main à ses lèvres. Je m’attends à une morsure, mais il dépose un baiser glacial sur mes articulations, ses yeux d’orage fixés dans les miens. C’est plus effrayant qu’une gifle.

— Mais puisque tu es si pressée d’utiliser tes mains sur moi... on va commencer ton éducation tout de suite.

Il lâche ma nuque, mais sa main descend lentement le long de ma colonne vertébrale pour s’arrêter pile sur mes cuisses. À travers la soie fine de ma robe ivoire, ses doigts devinent les reliefs des zébrures laissées par mon père. Je tressaille violemment.

— Ton père t’a marquée comme du bétail, murmure-t-il, sa voix devenant soudainement plus basse, plus rauque. Mais il a fait un travail d’amateur. Il a frappé pour te faire mal. Moi, quand je te marquerai, ce sera pour que tu te souviennes à chaque seconde de ta vie à qui tu appartiens.

Ses doigts commencent à remonter le long de ma cuisse, soulevant le bord de ma robe avec une lenteur insupportable.

— Retire ta culotte, Sofia.

Mon sang ne fait qu’un tour. Je tente de me redresser, mais il me plaque à nouveau contre lui, son bras comme une barre de fer autour de ma taille.

— Quoi ? Non ! Jamais ici, je...

— J’ai dit : retire-la. Ou je demande au chauffeur de s’arrêter sur le bas-côté et je laisse mes hommes te tenir pendant que je te prends sur le capot. À toi de choisir le niveau d’humiliation que tu peux supporter aujourd’hui.

Ses yeux ne cillent pas. Il est sérieux. Mortellement sérieux. Ma dignité se bat contre mon instinct de survie, et pour la première fois de ma vie, la peur est la plus forte. Les mains tremblantes, je glisse mes doigts sous la soie de ma robe...

Mes doigts tremblent tellement que j’ai du mal à saisir la dentelle fine. L’humiliation me brûle plus que les coups de mon père. Sous le regard impitoyable de Léo, je soulève mes hanches, juste assez pour faire glisser le tissu le long de mes jambes. C’est un acte de reddition totale, un abandon de mon intimité dans ce cockpit de cuir et de verre.

Je dépose le morceau de tissu sur le siège, à côté de sa cuisse. Je me sens nue, exposée, malgré la robe qui me recouvre encore.

— Bien, murmure-t-il, un éclair de satisfaction sauvage dans le regard. Tu vois ? Quand tu ne discutes pas, les choses sont beaucoup plus simples.

Il ne me laisse pas le temps de respirer. Sa main, grande et chaude, se glisse sous ma robe, remontant avec une assurance qui me donne le vertige. Quand ses doigts effleurent la peau meurtrie de mes cuisses, je ne peux retenir un gémissement de douleur.

— Chhh... calme-toi, petite chose.

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