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CHAPITRE 5

Penulis: RS WILD
last update Terakhir Diperbarui: 2026-01-14 07:02:57

SOFIA

Le silence qui suit est terrifiant. Je sens mon cœur cogner contre mes côtes comme un animal piégé. Léo reste immobile, la trace rouge de mes doigts commençant à marquer sa joue mate. Lentement, il ramène son visage face au mien. Ses yeux ne sont plus gris d’orage ; ils sont devenus noirs, d’une noirceur absolue, sans aucune trace d’humanité.

Il passe sa langue sur sa lèvre inférieure, un sourire de prédateur étirant le coin de sa bouche.

— Mauvais choix, petite chose, siffle-t-il d’une voix si basse qu’elle me fait frissonner jusqu’à la moelle.

Avant que je puisse esquisser le moindre mouvement de recul, sa main fond sur ma gorge. Il ne m’étrangle pas, mais sa prise est ferme, me plaquant brutalement contre le marbre de la fontaine. L’eau glacée éclabousse mon dos, mais je ne sens que la chaleur brûlante de son corps contre le mien.

— Tu viens de me donner une excellente raison de ne pas attendre Palerme pour te donner ta première leçon de savoir-vivre.

Il se penche, ses lèvres effleurant l’oreille que j’ai tenté de protéger.

— On rentre. Tu vas dire à ton père que tu es impatiente de partir. Et si je vois une seule larme couler devant lui, je te jure que la ceinture de ton père te semblera être une caresse comparée à ce que je vais te faire subir dans la voiture.

Sa prise sur ma gorge se relâche juste assez pour me laisser respirer, mais il ne me lâche pas. Il me traîne littéralement vers la maison, ses doigts ancrés dans mon bras comme des serres d’acier. Mes talons s’enfoncent dans le gravier, je trébuche, mais il me maintient debout avec une force insultante.

Quand nous franchissons la porte-fenêtre du salon, mon père et ma mère sont toujours là, debout près du buffet, comme s’ils attendaient le verdict d’un juge.

— Tout s’est bien passé ? demande mon père, l’œil brillant d’une curiosité malsaine.

Léo s’arrête net, me tirant contre son flanc. Sa main descend de mon bras pour venir se poser lourdement sur ma hanche, juste là où la ceinture a laissé ses traces les plus cuisantes. Je manque de défaillir sous la douleur, mais je serre les dents jusqu’à ce qu’elles craquent.

— Mieux que prévu, Lucien, répond Léo d’une voix parfaitement calme, presque charmeuse. Votre fille est... pleine de surprises. À tel point que j’ai décidé de ne pas attendre. Nous partons pour Palerme. Tout de suite.

Ma mère sursaute, un sourire nerveux aux lèvres.

— Mais... ses bagages ? Le protocole ?

— Elle n’a besoin de rien, tranche Léo. Je m’occuperai de l’habiller. Et de la déshabiller.

Le silence qui suit est lourd de sous-entendus crasseux. Mon père jette un regard à mon visage blême, à mes yeux rougis, puis il croise le regard d’acier de Léo. Il voit la trace de ma gifle, cette légère rougeur sur la joue de son partenaire d’affaires, et je vois la peur traverser ses yeux. Il sait que je l’ai provoqué. Il sait qu’il me livre à un homme qu’il a lui-même offensé par procuration.

— Sofia ? articule mon père, une dernière lueur de culpabilité au fond des yeux. Tu es d’accord avec ça ?

Léo resserre sa main sur ma hanche. Ses ongles s’enfoncent dans ma chair meurtrie. C’est un signal clair : Mente ou tu vas souffrir.

Je regarde cet homme qui m’a donné la vie et qui vient de me vendre. Je regarde ma mère qui ajuste son collier de perles en évitant mon regard.

— Oui, papa, dis-je d’une voix que je ne reconnais pas, une voix de morte. Je suis impatiente de découvrir ma nouvelle demeure.

Léo lâche un petit rire satisfait.

— Vous avez entendu. Lucien, on se voit pour la signature finale à Palerme.

Il ne me laisse pas le temps de les embrasser, ni même de jeter un dernier regard à mon piano. Il m’entraîne vers le perron. Mercedes est là, sur le côté, les mains jointes, une larme coulant sur sa joue ridée. Elle est la seule à pleurer pour moi.

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