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Chapitre 4

last update 最終更新日: 2026-02-23 02:14:47

POV : JEFFREY, 15 ANS

  Un ans plus tard.

Je reçus ma première mission officielle.

Un bar clandestin refusait de payer l'impôt aux Kingboy. Pire : il payait désormais les Fristson.

Une insulte. Une provocation. Un message.

J'y allai avec seulement deux gardes. Pas d'armes visibles. Pas de violence immédiate.

Seulement la parole.

Je pénétrai dans le bar enfumé. Les conversations cessèrent. Les regards se tournèrent vers moi.

Un adolescent... mais un adolescent au manteau noir et au lion d'or.

Je m'approchai du comptoir.

— «Appelle ton patron.»

Le gérant éclata de rire.

—« Toi ? Un gamin va me donner des ordres ?!»

Je ne répondis pas. Je sortis une photo.

La fille du patron. Devant son école.

Le rire s'évapora.

Il courut chercher son chef.

Le patron arriva en hurlant :

—« Qui ose menacer ma fille ?»

Le gérant me désigna du doigt, tremblant.

L'homme s'approcha... et vit le lion Kingboy.

— «Un envoyé... Kingboy ?»

Puis il éclata de rire.

— «Cette vieille mouche t'envoie, toi ? Un gamin ?»

Je levai lentement la tête.

«— Assez la récré.»

Je posai d'autres photos.

Son fils. Sa cadette. Sa femme. Ses parents.

Leurs horaires. Leurs trajets. Leurs habitudes.

Tout y était.

Il devint livide.

— «L'impôt. Ce soir.»

Il hocha la tête. Sortit l'argent. Me le tendit sans discuter.

Avant de partir, je me retournai.

—« Dis aux Fristson que je suis venu récupérer ce qui m'appartient. Et pour toi... je te pardonne d'avoir appelé ma grand-mère une vieille mouche. Cette fois.»

Je quittai le bar.

Ce soir-là, le monde comprit : le lion n'était plus un enfant.

Il était devenu une menace.

QUATRE ANS PLUS TARD : L'HIPPODROME D'AMASO

  POV : JEFFREY, 19 ANS

Je venais de fermer mes dix-neuf ans. Un âge qui me rendait assez grand, assez fort, assez dangereux pour faire trembler n'importe qui.

À partir de maintenant, mon nom ne devait plus seulement être prononcé... il devait inspirer la peur.

Le soleil d'Amaso frappait la plaine comme un marteau de feu. Les courses annuelles... pour les naïfs, c'était un spectacle.

Pour les clans, c'était un champ de bataille.

J'arrivai avec quatre gardes vêtus de noir. Leur pas lourd imposait un silence. Les regards se tournèrent vers nous.

Depuis la mort de mon père... je n'étais plus le même.

Quelque chose en moi avait brûlé, et ce qui restait était plus tranchant, plus froid.

Les murmures me suivirent :

— «C'est Jeffrey Kingboy...»

— «Le fils du défunt chef...»

— «Il vient défier les Fristson ?»

— «S'il mise contre eux, il est fou...»

Je traversai la foule, calme comme la mort.

La tribune Fristson flamboyait en rouge et or. Au centre, "Jude Fristson". Beau, arrogant, sûr de lui. Toujours gagnant.

Parfait pour tomber.

  Je me dirigeai vers la table des paris.

Le bookmaker, tremblant, releva les yeux.

— «Monsieur Kingboy... voulez-vous placer une mise ?»

Je posai un carnet de chèques.

— «500 000. Sur ShadowMark.»

Le silence se fit autour de moi.

ShadowMark. Le cheval le plus lent du circuit. Un désastre ambulant.

Un pari suicidaire.

Le bookmaker balbutia :

— «ShadowMark...? Monsieur... ce cheval ne gagne jamais...»

—« Écris. 500 000. ShadowMark.»

— «Écris, 1 000 000, dit Jude en s'approchant. Cheval de Jude.»

Je souris froidement.

—« Écris, 2 000 000.»

Le public se fissura en rires et moqueries :

—« Il est devenu fou... »

— «Il veut juste provoquer les Fristson.»

— «Personne ne mise contre Jude !»

Je les ignorai.

Mes hommes, dans les coulisses, avaient fait leur travail :

• Le cheval de Jude avait reçu une micro-dose « accidentelle », suffisante pour casser son rythme en plein sprint.

• ShadowMark, lui, avait reçu un stimulant légal... mais amélioré façon Kingboy.

Un renversement propre. Invisible.

À quelques mètres, Jude me regardait arriver. Son sourire mauvais révélait plus de dents que d'esprit.

— «Alors, le petit orphelin daigne ressortir de son trou ?»lança-t-il.

Je passai sans le regarder.

Il insista, fort, pour que tout le monde entende :

— «On dit que tu vois encore ton père mourir devant toi... Son sang... Sa tête qui...»

Je me retournai. Lentement.

Nos yeux se croisèrent.

J'aurais pu le tuer là, tout de suite. Mais sa mort méritait mieux qu'un simple coup.

— «Regarde bien la course, Jude. À la fin... celui qui pleure, ce sera toi.»

Il rit nerveusement.

Moi, je m'éloignai déjà.

Aujourd'hui, j'allais humilier le clan Fristson sans même toucher une bride.

                                                                   LA COURSE

Les chevaux furent alignés. ShadowMark tremblait comme un animal qu'on juge trop faible pour vivre.

Les paris s'emballaient. Les Fristson riaient déjà.

Puis le signal retentit.

BANG !

Les chevaux partirent dans une explosion de poussière. Le cheval de Jude prit la tête immédiatement. Les partisans Fristson levèrent les bras.

—«» JUUUDE !

— «Il va encore gagner !»

Je restai impassible, les mains croisées dans mon dos.

À la moitié du premier tour...

Le cheval de Jude eut une micro-perte de rythme. Presque invisible. Presque naturelle.

Mais suffisante.

Il dérapa. Jude perdit l'équilibre. Il recula d'une place... puis deux... puis trois.

La tribune Fristson se figea.

Et pendant ce temps... ShadowMark, l'éternel perdant, mordait la piste.

Une vitesse nouvelle. Une puissance insoupçonnée.

—« Il remonte !»

— «Mais c'est impossible !»

— «SHADOWMARK EST DEUXIÈME !!!»

Dernier virage.

ShadowMark dépassa le cheval de Jude.

Puis le second favori.

Puis...

Il franchit la ligne d'arrivée.

«Premier.»

La foule explosa.

— «SHADOWMARK GAGNE !!!!»

— «JEFFREY KINGBOY A TOUT RENVERSÉ !!»

—« INCROYABLE !!»

Je souris intérieurement. Calmement.

La guerre venait de commencer.

Jude sauta de son siège en hurlant comme un animal blessé.

— «TRICHEUR ! JE VAIS TE BUTER !»

Il se précipita vers moi.

J'avançai d'un pas.

— «Ce n'est pas de la triche, Jude. C'est de la stratégie.»

Il tenta de me frapper.

Mes gardes réagirent. Rapides. Précis. Impitoyables.

Un coup au plexus. Un autre dans la mâchoire. Une chaise renversée.

Des cris. Des spectateurs reculant.

Les Fristson tombèrent un par un. Une petite guerre éclair. Une démonstration.

Jude essaya de se relever. Je le saisis par le col et l'écrasai au sol.

La foule hurla : «KINGBOY !! KINGBOY !!»

Son sang tacha la poussière.

—« On ne gagne pas avec la chance. On gagne avec l'intelligence.»

Je sortis un insigne doré de ma poche : le Lion des Kingboy.

Je le posai sur sa poitrine.

«— Emporte ça. Et dis à William...»

Je me penchai à son oreille.

—« "Le Roi. Un autre lion s'est réveillé."»

Je ne le savais pas encore... Mais en humiliant Jude ce jour-là, je venais de déclencher quelque chose d'irrévocable. William Fristson n'allait pas riposter avec des armes.

Ni avec des hommes.

Il allait m'envoyer quelque chose de bien plus dangereux.

Une arme vivante enveloppée de soie et de mensonges.

Son nom : Sofia Coppola.

Et elle allait devenir ma plus grande faiblesse...

Ou ma plus terrible erreur.

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