LOGINChapitre 3 : Le Poids du Passé
LE POINT DE VUE DE Élena Morel
Je n'aurais jamais dû l'appeler.
Assise dans ma voiture garée devant la maison familiale, je fixais mon téléphone comme s'il allait exploser entre mes mains. Mon cœur battait encore à tout rompre, et mes doigts tremblaient légèrement. L'appel venait de se terminer, mais la voix de Gabriel résonnait encore dans mes oreilles.
Cette voix. Froide. Distante. Étrangère.
« Je suis désolé, vous devez faire erreur. Je ne connais aucune Élena. »
Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il avoir oublié ? Nous avions été ensemble pendant deux ans. Deux années de ma vie où j'avais cru avoir trouvé l'homme avec qui je vieillirais. L'homme qui me regardait comme si j'étais la huitième merveille du monde. L'homme qui me murmurait qu'il m'aimerait jusqu'à son dernier souffle.
Et maintenant, il prétendait ne même pas se souvenir de mon nom.
Je fermai les yeux, essayant de calmer le tourbillon d'émotions qui menaçait de me submerger. Colère. Tristesse. Confusion. Humiliation. Tout se mélangeait en une boule douloureuse au creux de mon estomac.
Concentre-toi, Élena. Ce n'est pas le moment de s'effondrer.
J'inspirai profondément et sortis de la voiture. La demeure familiale se dressait devant moi, imposante avec ses pierres blanches et ses volets bleus. La maison où j'avais grandi. La maison où mon père nous lisait des histoires le soir. La maison qui, aujourd'hui, était en train d'être vidée par des huissiers sans pitié.
En approchant de l'entrée, je vis deux hommes en costume sortir avec des cartons. L'un d'eux portait le service en porcelaine de ma grand-mère. Ces assiettes qui avaient traversé trois générations. Ces assiettes que maman sortait seulement pour les grandes occasions.
Maintenant, elles allaient être vendues aux enchères pour rembourser des dettes que nous n'aurions jamais dû avoir.
« Excusez-moi ! » J'accélérai le pas. « Vous ne pouvez pas prendre ça ! »
L'homme me regarda avec une indifférence professionnelle.
« Mademoiselle Morel, je présume ? » Il me tendit un document officiel. « Ordonnance de saisie. Tout ce qui se trouve dans cette propriété peut être confisqué pour couvrir les dettes de la société Morel & Associés. Si vous avez des objections, vous devez les adresser au tribunal. »
« Mais ce sont des objets personnels ! Des souvenirs de famille ! »
« La loi ne fait pas de distinction, mademoiselle. Désolé. »
Il n'avait pas l'air désolé du tout.
Je les regardai charger le service dans leur camionnette, impuissante. Comment en étions-nous arrivés là ? Il y a encore une semaine, nous étions une famille respectable. Mon frère dirigeait une entreprise florissante. Ma mère présidait des œuvres de charité. Moi, je terminais mon master en gestion et j'avais tout l'avenir devant moi.
Une semaine. C'est tout ce qu'il avait fallu pour que notre monde s'effondre.
Je poussai la porte d'entrée et trouvai ma mère assise dans le salon, figée sur le canapé comme une statue. Elle regardait les huissiers aller et venir, emportant morceau par morceau notre vie d'avant. Ses mains étaient crispées sur ses genoux, et je voyais qu'elle luttait pour retenir ses larmes.
« Maman... »
Elle leva les yeux vers moi, et ce que je vis me brisa le cœur. Claire Morel avait toujours été une femme élégante, digne, forte. Celle qui tenait la famille unie après la mort de papa. Celle qui nous répétait que nous surmonterions tout, ensemble.
Aujourd'hui, elle ressemblait à une femme de vingt ans de plus. Son visage était creusé, ses yeux rouges et gonflés. Ses cheveux, d'habitude impeccablement coiffés, tombaient en mèches désordonnées sur ses épaules.
« Élena, ma chérie... » Sa voix se brisa. « Dis-moi que c'est un cauchemar. Dis-moi que je vais me réveiller et que tout sera redevenu normal. »
Je m'agenouillai devant elle et pris ses mains dans les miennes. Elles étaient glacées.
« Je sais, maman. Je sais que c'est difficile. Mais on va s'en sortir. Je te le promets. »
« Comment ? » Elle secoua la tête, les larmes coulant librement maintenant. « Comment allons-nous nous en sortir ? Ton frère va être arrêté. Notre maison va être saisie. Nous n'avons plus rien, Élena. Plus rien. »
« Ce n'est pas vrai. Nous nous avons encore. »
Mais même en prononçant ces mots, je sentais leur fragilité. L'argent, ou plutôt son absence, avait le pouvoir de détruire même les liens familiaux les plus solides. J'avais vu tellement de familles se déchirer pour moins que ça.
« Où est Julien ? » demanda maman soudainement.
« Au bureau. Il... il règle des affaires. »
Mensonge. Julien était probablement en train de vider une bouteille de whisky, paralysé par la peur de ce qui l'attendait demain matin. Mais je ne pouvais pas dire ça à maman. Son cœur ne le supporterait pas.
« C'est ma faute, » murmura-t-elle. « Si j'avais été plus attentive... Si j'avais posé plus de questions sur les affaires de l'entreprise... »
« Maman, non. » Je serrai ses mains plus fort. « Tu n'es responsable de rien. C'est... »
Je m'interrompis. Que pouvais-je dire ? Que quelqu'un avait sabotéZé notre entreprise ? Que Julien était victime d'un complot ? Cela sonnait comme une théorie du complot paranoïaque. Et pourtant, j'avais vu le message. La menace anonyme. Les preuves d'une orchestration minutieuse.
Quelqu'un nous voulait du mal. Quelqu'un de puissant. Quelqu'un de déterminé.
Mais qui ? Et surtout, pourquoi ?
« Va te reposer, maman. Monte dans ta chambre. Je m'occupe de tout ici. »
Elle hocha la tête faiblement et se leva avec difficulté. Je la regardai monter lentement l'escalier, voûtée comme si elle portait le poids du monde sur ses épaules.
Dès qu'elle disparut à l'étage, je me laissai tomber sur le canapé et enfouis mon visage dans mes mains.
Gabriel.
Je devais le voir demain. J'avais obtenu un rendez-vous, mais à quel prix ? Il avait fallu que je rampe, que je supplie, que je m'humilie au téléphone. Et même après tout ça, il ne m'avait accordé que quinze minutes.
Quinze minutes pour sauver ma famille.
Quinze minutes avec un homme qui prétendait ne plus me connaître.
Je sortis mon téléphone et ouvris la galerie photo. Tout au fond, dans un dossier que je n'avais jamais eu le courage de supprimer, se trouvaient des dizaines de photos de nous deux. Gabriel et moi.
Je fis défiler les images, masochiste, m'infligeant volontairement cette douleur.
Gabriel m'embrassant sous la pluie. Gabriel riant à une blague stupide que j'avais faite. Gabriel endormi, la tête sur mon épaule, si paisible. Gabriel me regardant avec cette intensité qui me donnait l'impression d'être la seule femme sur terre.
Comment cet homme-là, cet homme qui m'avait aimée avec tant de passion, pouvait-il avoir tout oublié ?
Un accident, avait dit Julien. Un accident qui avait partiellement effacé sa mémoire.
Mais était-ce vraiment possible ? Pouvait-on oublier quelqu'un qui avait été si important ? Pouvait-on effacer deux années d'amour, de rires, de larmes, de promesses comme on efface un tableau noir ?
Mon téléphone sonna. Sophie. Ma meilleure amie.
J'hésitai à répondre. Je n'avais pas la force d'expliquer, de raconter, de revivre tout ça une fois de plus. Mais Sophie était persistante. Elle rappellerait jusqu'à ce que je décroche.
« Allo ? »
« Élena ! » Sa voix était chargée d'inquiétude. « J'ai vu les infos. Ils parlent de l'entreprise de ton frère. C'est vrai ? C'est vraiment si grave ? »
Les infos. Bien sûr. Le scandale était déjà public. D'ici demain matin, notre nom serait traîné dans la boue par tous les médias du pays.
« C'est grave, oui. »
« Mon Dieu, Élena... Qu'est-ce que tu vas faire ? »
Je fermai les yeux.
« Je vais voir Gabriel. »
Un silence stupéfait accueillit ma déclaration.
« Gabriel ? Ton ex Gabriel ? Gabriel Voss ? »
« Oui. »
« Élena, tu es folle ? Après ce qu'il t'a fait ? Après t'avoir abandonnée sans explication ? »
« Je n'ai pas le choix, Sophie. Il est le seul qui puisse nous aider. »
« Et s'il refuse ? »
« Je... je trouverai un moyen de le convaincre. »
« Comment ? »
Je ne répondis pas immédiatement. Dans ma tête, un plan commençait à se former. Un plan désespéré. Un plan dangereux. Mais un plan qui pourrait peut-être fonctionner.
Si Gabriel avait perdu la mémoire, s'il ne se souvenait vraiment plus de moi, alors peut-être... peut-être que je pouvais utiliser ça à mon avantage.
« Élena ? » La voix de Sophie me ramena au présent. « À quoi tu penses ? »
« Sophie... tu te souviens quand on était au lycée et que tu me disais que j'étais capable de faire tourner la tête à n'importe quel homme ? »
« Élena, non. Ne me dis pas que tu penses à— »
« Si Gabriel ne se souvient pas de moi, alors pour lui, je suis une inconnue. Une femme qu'il n'a jamais rencontrée. »
« Et donc ? »
« Et donc, je peux le séduire à nouveau. »
« C'est de la folie ! »
« C'est la seule option que j'ai. » Ma voix se durcit. « Je vais le séduire. Je vais le faire tomber amoureux de moi. Et quand il sera accroché, je lui demanderai de sauver mon frère. Un homme amoureux ferait n'importe quoi pour la femme qu'il aime. »
« Élena... » Sophie soupira profondément. « Tu réalises ce que tu dis ? Tu vas manipuler ton ex ? L'homme qui t'a brisé le cœur ? »
« Il a fait pire. »
« Peut-être. Mais toi, tu n'es pas comme lui. Tu n'es pas quelqu'un qui manipule les gens. »
J'eus un rire amer.
« Les gens changent, Sophie. Quand on n'a plus le choix, quand on est acculée au pied du mur, on fait des choses qu'on n'aurait jamais cru possibles. »
« Et après ? Après l'avoir séduit, après avoir obtenu ce que tu veux, qu'est-ce que tu feras ? Tu disparaîtras ? Tu lui briseras le cœur comme il a brisé le tien ? »
La question me fit hésiter. Je n'avais pas pensé à l'après. Je n'avais pensé qu'à sauver Julien, sauver maman, sauver ce qui pouvait encore l'être de notre famille.
« Je ne sais pas, » admis-je. « Mais je m'occuperai de ça quand le moment viendra. Pour l'instant, je dois me concentrer sur demain. »
« Tu as rendez-vous quand ? »
« 18 heures. À son bureau. »
« Tu veux que je vienne avec toi ? Pour te soutenir ? »
« Non. » Je secouai la tête, même si elle ne pouvait pas me voir. « C'est quelque chose que je dois faire seule. Mais merci, Sophie. Merci d'être là. »
« Toujours, ma belle. Tu sais que tu peux compter sur moi. »
Après avoir raccroché, je restai assise dans le silence du salon, écoutant les bruits des huissiers qui continuaient leur travail à l'étage.
Demain. Dans moins de 24 heures, je reverrai Gabriel Voss.
L'homme que j'avais aimé plus que tout.
L'homme qui m'avait abandonnée sans un regard en arrière.
L'homme que j'allais devoir séduire pour sauver ma famille.
Je me levai et montai dans ma chambre. Devant mon miroir, j'examinai mon reflet. Cheveux châtains en bataille. Cernes sous les yeux. Visage marqué par le stress et l'insomnie.
Ce ne serait pas suffisant.
Si je voulais que mon plan fonctionne, je devais être irrésistible. Je devais être la femme dont Gabriel Voss ne pourrait pas détourner le regard. La femme qui hanterait ses pensées. La femme pour laquelle il serait prêt à tout.
J'ouvris mon placard et commençai à passer en revue mes vêtements. Rien ne convenait. Trop sage. Trop ordinaire. J'avais besoin de quelque chose qui dirait « regarde-moi » sans crier « je cherche à te séduire ».
Un équilibre délicat.
Mon regard tomba sur une robe noire tout au fond. Une robe que j'avais achetée il y a des années mais que je n'avais jamais osé porter. Trop moulante. Trop sophistiquée. Trop... audacieuse.
Demain, ce serait parfait.
Je la sortis et la posai sur mon lit, puis me dirigeai vers ma coiffeuse. Maquillage. Parfum. Accessoires. Je devais tout planifier. Chaque détail comptait.
Mon téléphone vibra. Un message de Julien.
« L'avocat dit que j'ai 5% de chances d'éviter la prison. 5%. Elena, je suis foutu. »
Je serrai les dents et tapai ma réponse.
« Tu n'es pas foutu. Je vais arranger ça. Fais-moi confiance. »
« Comment ? »
« Laisse-moi m'occuper de ça. Repose-toi. »
Je posai le téléphone et me regardai à nouveau dans le miroir.
« Tu peux le faire, » murmurai-je à mon reflet. « Pour Julien. Pour maman. Pour papa qui nous regarde là-haut. Tu peux le faire. »
Mais au fond de mes yeux, je voyais la vérité. La peur. Le doute. La terreur de revoir Gabriel. La terreur de ce que je ressentirais en me retrouvant face à lui.
Et si je craquais ? Et si, dès que nos regards se croiseraient, toutes les émotions enfouies remontaient à la surface ? Et si je me mettais à pleurer, à lui demander pourquoi, pourquoi il m'avait abandonnée, pourquoi il m'avait fait tant de mal ?
Non. Je devais être forte. Froide. Calculatrice.
Je devais être ce que je n'avais jamais été : une manipulatrice.
Chapitre 42LE POINT DE VUE DE JULIEN La lueur bleutée du petit matin filtrait à travers les stores de l’appartement de Sylvie, dessinant des lignes pâles sur le désordre de nos vêtements éparpillés au pied du lit. L’air était tiède, chargé d’un silence paisible et du parfum de sa peau sur mes draps. Elle était blottie contre mon épaule, un bras jeté sur ma poitrine, ses doigts traçant des cercles absents sur mon torse. Le monde semblait s’être arrêté, réduit à cette pièce, à cette paix.Mais mon esprit, lui, ne savait pas s’arrêter. C’était à la fois une force et une malédiction. Alors que la chaleur de son corps commençait à me berter vers le sommeil, une pensée a fait surface, têtue et glaciale. L’après. Toujours l’après.Je me suis tourné sur le côté, l’enveloppant un peu plus. Sa nuque sentait le shampooing et la sueur douce.« Sylvie ? » ai-je murmuré, ma voix encore rauque de sommeil et d’intimité.« Mmmh ?— Maintenant qu’Élena est hors de la course… qu’est-ce que tu comptes
Chapitre 41 :Une victoire, deux goûtsLE POINT DE VUE DE Julien L’appartement de Sylvie sentait le cèdre et le thé vert, avec en fond une vague odeur de vieux livres — une odeur qui, bizarrement, me rassurait toujours. La dernière lueur du soir filtrait à travers les stores, dessinant des raies dorées sur le parquet. Et au milieu du salon, il y avait elle, un sourire large aux lèvres et deux flûtes à champagne à la main.« Alors ? » a-t-elle lancé, les yeux brillants de malice. « Tu réalises, Julien ? C’est plié. Finito. Élena et Gabriel c'est fini . »J’ai pris la flûte qu’elle me tendait, nos doigts se frôlant une seconde de trop. Un courant, comme toujours.« Je réalise, oui. Surtout quand je vois ta tête de chat qui a avalé la canari. » J’ai levé mon verre. « À nous. Et à ton génie diabolique. »« À notre génie diabolique, corrige. Sans ton calme, il aurait flanché au dernier moment. »On a trinqué. Le champagne était frais, pétillant, à l’image de l’énergie entre nous. On a parl
Chapitre 40 : Le Retour Désespéré[Point de vue : Gabriel Voss - Shanghai, Chine - 4h30 du matin]Je fixai mon téléphone, incrédule.« Numéro bloqué. »Élena m'avait bloqué.Ma main trembla tellement que je faillis lâcher l'appareil.Quelle vidéo ? De quoi parlait-elle ?Je relus nos derniers échanges, mon cœur battant à tout rompre.« J'ai vu la vidéo. »« La vidéo de toi et Sylvie. Hier. Dans son appartement. »Hier.J'étais arrivé à Shanghai avant-hier. J'avais passé toute la journée d'hier en réunions avec les partenaires chinois. Comment aurais-je pu être avec Sylvie ?C'était impossible.Absolument impossible.Mais Élena semblait convaincue. Tellement convaincue qu'elle était partie. Qu'elle m'avait bloqué. Qu'elle avait dit que c'était fini.Non. Non, non, non.Je composai le numéro de Marcus. Il était 21h30 à Paris. Il répondrait.Il le fallait.« Gabriel ? » Sa voix était alerte. « Qu'est-ce qui se passe ? »« Marcus. » Ma voix se brisa. « Il faut que tu ailles chez moi. Main
CHAPITRE 39 LE POINT DE VUE DE Sylvie DuchampJ'avais passé toute la nuit à éditer les vidéos. Chaque angle. Chaque plan. Chaque moment devait être parfait.Et maintenant, à 10 heures du matin, c'était fait.Je regardai le fichier final sur mon écran. Quinze minutes de "Gabriel Voss" me faisant l'amour. De lui m'embrassant passionnément. De nous, enlacés dans mon lit.C'était parfait. Tellement parfait que même moi, qui connaissais la vérité, j'avais du mal à voir la différence.Le masque était invisible sous angle. Les mouvements de Julien étaient convaincants. Sa voix, assourdie par la passion, ressemblait assez à celle de Gabriel.Personne ne pourrait douter que c'était lui.Personne.Je créai un compte email temporaire. Anonyme. Intraçable.Puis je composai le message.« Chère Élena,"Je pense que tu devrais voir ça. Je suis désolée d'être celle qui te montre la vérité, mais tu mérites de savoir qui est vraiment l'homme avec qui tu vis." J'attachai le fichier vidéo.Mon doigt pl
Chapitre 38LE POINT DE VUE DE JULIEN Nous étions allongés dans le lit, nos corps enchevêtrés, nos respirations encore saccadées.Mon Dieu.Je n'avais jamais... jamais ressenti quelque chose comme ça.Sylvie était... il n'y avait pas de mots. Incroyable. Experte. Passionnée. Sensuelle au-delà de tout ce que j'avais connu.Chaque mouvement avait été parfait. Chaque toucher, électrique. La façon dont elle avait réagi à moi, dont nos corps s'étaient imbriqués... c'était comme si nous avions été faits l'un pour l'autre.Je n'avais jamais connu une femme comme Sylvie.Jamais.Elle se tourna vers moi, ses doigts traçant paresseusement des motifs sur mon torse.« C'était... » Elle sourit. « Parfait. »« Oui. » Ma voix était rauque. « Parfait. »« Les caméras ont tout enregistré. » Elle se redressa sur un coude, me regardant. « Chaque seconde. Chaque gémissement. Chaque moment. »La réalité me frappa soudainement.Les caméras. Élena. Le plan.Qu'est-ce que j'ai fait ?Mais avant que je puiss
Chapitre 37 : Le Jour JPoint de vue : Julien Morel14 heures. Pile.Je me tenais devant la porte de l'appartement de Sylvie, le masque dans une main, mon cœur battant si fort que je craignais qu'on puisse l'entendre dans le couloir.C'était le moment. Plus de retour en arrière possible.J'avais passé la nuit dernière éveillé, me retournant dans mon lit, rejouant la "répétition" dans ma tête. Le goût des lèvres de Sylvie. La douceur de sa peau. La façon dont son corps s'était cambré sous mes mains.*Mon Dieu.*Je frappai à la porte.Elle ouvrit presque immédiatement, comme si elle m'attendait juste derrière.« Julien. » Son sourire était électrique. « Entre. Vite. »Je pénétrai dans l'appartement. Tout était exactement comme hier, sauf que maintenant, je remarquai les détails. De petites caméras dissimulées. Une sur l'étagère du salon. Une autre camouflée dans un cadre photo. Probablement d'autres dans la chambre.« Tu les vois ? » demanda Sylvie en suivant mon regard.« Oui. »« Parf







