Mag-log inDamien tira les stores de son bureau et s’assit de l’autre côté du bureau noir, faisant tourner un stylo entre ses doigts. C’était devenu son geste préféré. La tasse de café noir apportée plus tôt était posée sur la table, intacte.
Il avait relu le dossier de Nadia plus d’une fois, mais lire sur quelqu’un n’était pas la même chose que de la rencontrer. Il voulait voir qui elle était vraiment. Un léger coup retentit à la porte, qui s’ouvrit en grinçant. Nadia entra dans le bureau en rajustant son écharpe sur ses épaules. Elle se demanda pourquoi la pièce était si sombre. Un instant, elle s’arrêta, laissant ses pensées tourner. Alors c’était lui. Le propriétaire de l’académie. L’homme dont on parlait à voix basse. Damien ne dit rien. Il continua de faire tourner le stylo tout en la regardant droit dans les yeux, exactement comme il l’avait fait depuis le toit. Il prit une cigarette et la plaça entre ses lèvres. Nadia le fixait. « Le briquet. » Nadia le regarda, la peur dans les yeux, en priant silencieusement de sortir vivante de cette pièce. « Pardon, monsieur ? » « Je déteste me répéter. » Un sourire bref et de travers étira ses lèvres. « Le briquet. » Elle s’approcha du bureau, le ramassa et le lui tendit. Il l’appela d’un geste de deux doigts. « Allume. » Ses mains tremblaient en approchant la flamme de la cigarette. Sa tête tournait. Cet homme allait-il la jeter par la fenêtre ensuite ? Damien aspira une bouffée et laissa s’échapper la fumée, dont l’odeur emplit la pièce. Puis il se redressa, les yeux fixés sur elle. « Je n’aurais pas choisi votre tableau. Je ne sais même pas ce que c’est. Vous, vous le savez ? » « Je… oui, monsieur. » Il tira une autre bouffée, la regardant balbutier. « J’ai payé les frais d’hôpital de votre mère, son opération et tout ce dont elle aura besoin. Et la même chose pour votre frère. » « Pardon ? » « Je déteste me répéter. » Des larmes lui montèrent aux yeux. « Pourquoi avez-vous fait ça ? Vous ne me connaissez même pas », dit-elle en riant, mais il n’y avait aucune joie dans ce rire. Elle ne savait pas d’où venait cette soudaine assurance, mais quelque chose en elle refusait de se taire. « Je fais ce que je veux, Nadia. Gardez ça en tête. » Elle le regarda sans détourner les yeux. « Je ne peux pas accepter. » Damien laissa échapper un rire bas, en relevant légèrement les sourcils. « Non ? Pourtant, vous l’avez déjà fait. » « Que voulez-vous ? » Damien tira encore sur sa cigarette, se leva et s’arrêta à un pas d’elle. « Jusqu’où êtes-vous prête à aller pour votre famille ? » Nadia ne répondit pas. Elle se contenta de le fixer tandis que Damien étudiait son visage. « Le traitement de votre mère continuera. Les frais de scolarité de votre frère seront pris en charge. Et votre famille n’aura plus jamais à s’inquiéter de l’argent. » Nadia rit à nouveau, les yeux brûlants. « Que voulez-vous ? » Damien retourna derrière le bureau et tira un second dossier vers lui. « Qu’est-ce que c’est ? » « Un contrat. » « Un contrat ? Pour quoi ? » Il prit un stylo et le tapa une fois contre le dossier. « J’ai besoin d’une épouse. » Nadia le fixa. Pendant quelques secondes, elle fut convaincue d’avoir mal entendu. Elle regarda le dossier sur le bureau, puis Damien, attendant qu’il se mette à rire. Il ne le fit pas. « Vous êtes sérieux ? » « Très. » Damien ouvrit le dossier et le tourna vers elle. Plusieurs pages étaient assemblées à l’intérieur, et son nom, Nadia Bennett, était imprimé en haut. Ses doigts se crispèrent sur le bord du papier. « Vous avez payé l’opération de ma mère parce que vous vouliez une épouse ? » Damien s’appuya contre le bureau, la cigarette brûlant entre ses doigts. « J’ai payé parce que je voulais quelque chose de vous. » « Quoi ? » « Votre réponse. » Nadia fronça les sourcils. Elle prit la première page et la parcourut rapidement. Le nom de sa mère y figurait, ainsi que les frais d’hôpital d’Ethan, les frais de scolarité et les dépenses médicales. C’était tout ce qu’elle s’était épuisée à essayer de payer, et il s’en était occupé. Elle releva lentement les yeux. « Vous m’avez fait enquêter. » « J’avais besoin de savoir à qui j’avais affaire. » « Vous n’en aviez pas le droit. » « Peut-être. » Il n’avait même pas l’air désolé. Nadia laissa retomber le papier sur le bureau. « Et si je dis non ? » Les yeux de Damien restèrent accrochés aux siens. « Vous sortez, et je continue ce que j’ai commencé. » Elle cligna des yeux. « C’est tout ? » « C’est tout. » « Alors pourquoi est-ce que j’accepterais de vous épouser ? » Damien tira une dernière bouffée avant de répondre. « Parce que vous ne faites pas confiance aux cadeaux. » Nadia ne dit rien. « Vous passerez chaque nuit à vous demander quand je viendrai réclamer quelque chose. Au moins avec un contrat, vous saurez exactement ce que vous me donnez. » Son estomac se noua. Elle détestait qu’il ait raison. « Que signifie exactement être votre femme ? » « Vous vivrez au domaine De Luca. Vous m’accompagnerez à certains événements, et vous respecterez les termes de l’accord. » « Et c’est tout ? » Son expression resta illisible. « Je ne vous ai pas offert de l’amour. » Les mots la blessèrent plus qu’elle ne l’aurait cru. Elle détourna le regard. « Alors que voulez-vous de moi ? » « Une épouse qui comprend l’arrangement et qui n’attend rien de plus. » Elle rit amèrement. « Vous transformez le mariage en un marché. » « C’en est un. » Nadia fixa à nouveau le contrat. Tout ce qu’elle avait passé des mois à tenter de maintenir debout se trouvait là, devant elle, sur ce bureau. Elle détestait Damien de rendre le choix si difficile, mais elle ne pouvait pas partir. Pas quand la vie de sa mère était en jeu. Nadia tendit la main vers le stylo. Damien la regardait en silence. « Quelle est la première condition ? » Il montra la première page. « Vous lirez tout avant de signer. » Elle parcourut les pages, une après l’autre. Son cœur battait de plus en plus fort à chaque ligne. « J’ai des conditions. » Damien fronça les sourcils. Qui était cette fille ? « Vous acceptez de m’épouser et vous essayez encore d’imposer des règles ? » Nadia le regarda en face. « J’accepte d’être votre femme. Pas votre possession. » Le silence qui suivit ces mots rendit la pièce glaciale. Ils se dévisagèrent, respirant lourdement. La plupart des gens baissaient les yeux en lui parlant. Nadia, non. « J’accepte d’être votre femme », répéta-t-elle. « Pas votre possession. » Damien sourit et vint se placer derrière elle. Ils pouvaient voir le reflet de l’autre dans le miroir en face d’eux. Il glissa ses doigts le long de sa nuque, leurs regards se croisèrent dans le miroir, et il murmura à son oreille : « Signez. » Ce n’était pas seulement un accord. C’était un mariage avec un homme qu’elle connaissait à peine, un homme qui lui faisait peur. Un homme qui était devenu, d’une façon ou d’une autre, la réponse à tous les problèmes qu’elle avait essayé de résoudre seule. Nadia arriva enfin à la dernière page. Sa main tremblait en inscrivant son nom. Nadia Bennett. Elle posa le stylo. Un instant, elle ne fit que fixer sa signature. Elle avait l’impression d’avoir signé une partie d’elle-même. Damien prit le contrat et vérifia la page. Nadia le regardait refermer le dossier, incertaine de ce qui allait suivre. « Et maintenant ? » Damien la regarda. « Maintenant, les préparatifs commencent. » L’estomac de Nadia se noua. « Les préparatifs de quoi ? » Son expression ne changea pas. « Notre mariage. » Il referma le dossier. « Vous pouvez sortir. »"Ce n'est pas toi que le tireur visait."Les doigts de Nadia se resserrèrent sur la couverture. La chaleur qu'elle avait ressentie plus tôt, assise à côté de Damien, s'échappa de la pièce comme si quelqu'un avait ouvert une fenêtre quelque part. Le visage de Damien bougea à peine, mais ses épaules se raidirent."Alors qui ?"Le regard de Moretti se posa sur Nadia. "Votre femme."Son estomac se noua, et les mots se répétèrent dans sa tête jusqu'à ne plus rien vouloir dire. Puis le mariage lui revint en mémoire, les coups de feu, les cris, la main de Damien la plaquant au sol, les balles déchirant les arbres au-dessus d'eux."Pourquoi voudrait-on me tuer ?"La voix de Nadia sortit plus fragile qu'elle ne l'aurait voulu. Moretti jeta un coup d'œil à Damien, attendant la permission."Dis-moi ce que tu as trouvé", dit calmement Damien.Moretti s'approcha du lit. "Nous sommes retournés sur le lieu du mariage une fois la zone sécurisée, et Matteo a trouvé trois positions de tir dans les ar
Nadia se tenait près de la porte et regardait Damien verrouiller. Le clic de la serrure fit se contracter son estomac.Il se retourna et la fixa. Sa cravate avait déjà disparu, sa chemise était encore légèrement ouverte, et pour une raison quelconque, Nadia prit soudain conscience qu’ils étaient seuls.Damien s’avança vers elle.Elle resta immobile jusqu’à ce qu’il soit assez près pour qu’elle doive lever la tête afin de le regarder.« Pourquoi as-tu peur de moi ? »Nadia lui lança un regard.« Tu m’as entraînée dans un mariage que je n’ai jamais voulu. »« Je ne t’ai pas entraînée. »« Tu as payé l’opération de ma mère avant de me demander de t’épouser. »« Tu as quand même signé le contrat. »« Parce que je n’avais pas le choix. »Sa voix était plus basse cette fois. Damien la regarda un instant. Il s’était attendu à ce qu’elle se dispute, mais quelque chose dans sa façon de le dire le fit s’arrêter.« Tu as raison. »Nadia cligna des yeux.Elle s’était attendue à une nouvelle menac
La limousine s’éloigna à toute allure tandis que deux voitures noires les suivaient de près.Nadia s’était plaquée contre le siège, respirant bruyamment, les mains tremblantes. De la terre tachait sa robe de mariée, et ses doigts frémissaient lorsqu’elle toucha sa poitrine.Quelqu’un avait tiré sur eux. Non… quelqu’un avait tiré sur elle. Elle l’avait vu. L’un des hommes avait pointé son arme directement dans sa direction. Elle se tourna vers Damien.Il était assis calmement à côté d’elle, le dos contre le siège, les yeux fixés devant lui, comme s’ils venaient de quitter un mariage ordinaire.« Ça va ? »Il ne dit rien.« Damien ? »Il ne la regarda pas. Sa voix devint tremblante.« Quelqu’un vient d’essayer de nous tuer. »Silence.Sa mâchoire se crispa légèrement, mais il ne dit toujours rien. À la place, il sortit son téléphone et se mit à lire ses messages.Nadia le fixa, incrédule.« Tu ne vas vraiment rien dire ? »Damien finit par la regarder, mais ses yeux étaient froids. Nadi
Nadia s’éveilla au son du vent du matin. Pendant quelques secondes, elle ne bougea pas. Elle fixa le plafond inconnu au-dessus d’elle, essayant de se souvenir où elle se trouvait, puis tout lui revint.Damien. Le contrat. Et sa signature.C’était aujourd’hui son jour de mariage, et les préparatifs avaient déjà commencé. Deux domestiques circulaient dans la pièce, rangeant et nettoyant sans presque parler.Elle entendit Moretti entrer. On le lui avait présenté la veille, mais elle savait qu’il n’était pas qu’un simple majordome.Toujours face au miroir, elle demanda :« Pourquoi êtes-vous gentil avec moi ? »Il répondit immédiatement.« Parce que quelqu’un doit l’être. Venez, Mademoiselle Bennett. »« Attendez. »Moretti s’arrêta.« Ma mère sera-t-elle là ? »Son expression changea légèrement.« Et Ethan ? »Il garda le silence un instant. La poitrine de Nadia se serra.« C’est ma famille. Je ne veux pas me marier sans eux. »« Ils sont en sécurité. »« Ce n’est pas ce que j’ai demandé
Damien tira les stores de son bureau et s’assit de l’autre côté du bureau noir, faisant tourner un stylo entre ses doigts. C’était devenu son geste préféré. La tasse de café noir apportée plus tôt était posée sur la table, intacte.Il avait relu le dossier de Nadia plus d’une fois, mais lire sur quelqu’un n’était pas la même chose que de la rencontrer. Il voulait voir qui elle était vraiment.Un léger coup retentit à la porte, qui s’ouvrit en grinçant. Nadia entra dans le bureau en rajustant son écharpe sur ses épaules. Elle se demanda pourquoi la pièce était si sombre.Un instant, elle s’arrêta, laissant ses pensées tourner. Alors c’était lui. Le propriétaire de l’académie. L’homme dont on parlait à voix basse.Damien ne dit rien. Il continua de faire tourner le stylo tout en la regardant droit dans les yeux, exactement comme il l’avait fait depuis le toit.Il prit une cigarette et la plaça entre ses lèvres. Nadia le fixait.« Le briquet. »Nadia le regarda, la peur dans les yeux, en
J’avais trois jours pour sauver ma mère, et un seul tableau pour y parvenir.Je marchais sous la pluie, un tableau dans les bras, en espérant qu’un groupe d’inconnus le trouverait assez bon pour la sauver. Si les juges me refusaient aujourd’hui, je ne savais pas ce que je ferais ensuite.L’Académie De Luca se dressait derrière d’énormes grilles noires, et j’ai dû légèrement lever la tête pour embrasser le bâtiment du regard. Les murs étaient en pierre sombre, percés d’immenses fenêtres de verre qui reflétaient le ciel gris. Tout semblait propre et cher, des poignées d’argent des portes d’entrée aux voitures noires parfaitement alignées dehors. Même les gens qui circulaient près de l’entrée se déplaçaient comme s’ils appartenaient à cet endroit.Leurs vêtements étaient impeccables, leurs chaussures cirées, et la plupart d’entre eux avaient l’air de n’avoir jamais eu à réfléchir deux fois avant de dépenser de l’argent. J’ai baissé les yeux vers ma robe. Elle était délavée, usée, un peu







