Mag-log inNadia s’éveilla au son du vent du matin. Pendant quelques secondes, elle ne bougea pas. Elle fixa le plafond inconnu au-dessus d’elle, essayant de se souvenir où elle se trouvait, puis tout lui revint.
Damien. Le contrat. Et sa signature. C’était aujourd’hui son jour de mariage, et les préparatifs avaient déjà commencé. Deux domestiques circulaient dans la pièce, rangeant et nettoyant sans presque parler. Elle entendit Moretti entrer. On le lui avait présenté la veille, mais elle savait qu’il n’était pas qu’un simple majordome. Toujours face au miroir, elle demanda : « Pourquoi êtes-vous gentil avec moi ? » Il répondit immédiatement. « Parce que quelqu’un doit l’être. Venez, Mademoiselle Bennett. » « Attendez. » Moretti s’arrêta. « Ma mère sera-t-elle là ? » Son expression changea légèrement. « Et Ethan ? » Il garda le silence un instant. La poitrine de Nadia se serra. « C’est ma famille. Je ne veux pas me marier sans eux. » « Ils sont en sécurité. » « Ce n’est pas ce que j’ai demandé. » Moretti baissa les yeux avant de la regarder à nouveau. « Monsieur De Luca n’a pas prévu qu’ils assistent à la cérémonie. » Nadia hocha la tête et le suivit. Moretti la guida dans le couloir et s’arrêta devant une grande porte en bois. Lorsqu’il l’ouvrit, Nadia s’immobilisa. Plusieurs robes étaient suspendues soigneusement le long du mur. Certaines étaient couvertes de perles, d’autres paraissaient si chères qu’elle n’osait même pas les toucher. « Laquelle dois-je porter ? » « Celle que vous préférez. » Nadia passa lentement devant elles. Elle ne voulait rien d’extravagant. Elle ne voulait pas de diamants. Elle voulait quelque chose de simple, quelque chose qui ne lui donne pas l’impression de jouer un rôle. Puis elle la vit. Une robe blanche, un peu à l’écart des autres. Simple et élégante, avec un décolleté épaules nues et une jupe longue et fluide. Pas de pierres lourdes, pas de décorations excessives. Nadia tendit la main et toucha le tissu. « Celle-ci. » Moretti sourit. « Je pensais que vous choisiriez celle-là. » Elle se tourna vers lui. « Comment ? » Son sourire s’effaça légèrement. « Monsieur De Luca l’a choisie. » Nadia reporta son regard sur la robe. « Il a choisi ma robe de mariée ? » « Il a donné des instructions. » « Quelles sortes d’instructions ? » Moretti montra la robe du geste. « Il a dit que vous ne voudriez rien qui vous fasse sentir comme quelqu’un d’autre. » Nadia resta silencieuse. Elle ne savait pas pourquoi cela la troublait. Peut-être parce que c’était vrai. Moretti ouvrit une autre vitrine en verre et la laissa choisir les bijoux d’émeraude et les chaussures. « Et vos cheveux ? » demanda-t-il. « Je les laisse. C’est déjà un chignon défait. » Moretti hocha la tête et la laissa se maquiller elle-même. Il regarda sa montre et décida qu’il était temps de partir. « Nous devons y aller maintenant, Mademoiselle Bennett. Il déteste qu’on lui fasse perdre son temps. » Nadia inspira profondément. « Je sais. » Moretti la regarda un instant. « Je sais ce que vous ressentez. Je vous promets que tout ira bien. » Ce fut suffisant pour la briser. Elle se couvrit le visage et sanglota. Moretti la laissa pleurer. Il ne pouvait pas la prendre dans ses bras, alors il resta simplement là, lui offrant le seul réconfort qu’il pouvait. « Tenez. » Il lui tendit un mouchoir. « Merci. » Il ouvrit la porte et la conduisit en bas, jusqu’à la limousine blanche. La voiture s’éloigna des maisons. Nadia fixa le paysage par la fenêtre jusqu’à ce que le véhicule s’engage sur un chemin étroit. Alors elle se redressa. Des arbres les entouraient de chaque côté, leurs branches s’étendant au-dessus de la route. « Où allons-nous ? » Moretti ne répondit pas tout de suite. Les doigts de Nadia se crispèrent autour du collier d’émeraude posé contre sa poitrine. « Moretti ? » Il finit par la regarder dans le reflet de la vitre. « Vous verrez. » Cela ne la calma en rien. La limousine s’enfonça plus profondément dans la forêt jusqu’à ce que les arbres s’ouvrent soudain. La bouche de Nadia s’entrouvrit légèrement. Ce n’était ni une salle, ni une église. C’était une clairière. Le brouillard avait englouti la forêt. Elle descendit de la limousine et fut aidée à monter sur un cheval blanc. L’atmosphère était tendue et silencieuse. Trop silencieuse. Sa robe blanche flottait derrière elle, la traîne balayant le sol. Elle baissa les yeux sur elle-même, sur sa robe de mariée. La veille, elle se demandait encore comment nourrir Ethan. Aujourd’hui, elle devenait la femme de quelqu’un. Des fleurs blanches et noires bordaient l’allée. Des chaises blanches étaient alignées de chaque côté, chacune décorée d’un petit bouquet. Au bout de l’allée se trouvait un piano à queue noire. Nadia fixa Moretti qui avançait le cheval. « C’est ici que… ? » Moretti hocha la tête. « Votre mariage. » Elle regarda autour d’elle. « Où est tout le monde ? » L’expression de Moretti changea. « Ils arriveront. » « Qui ? » Il ne répondit pas. Il continua de guider le cheval tandis que le brouillard se dissipait lentement, révélant les personnes assises sous les arbres. Ils étaient huit, tous vêtus de noir. Pas de famille, pas d’amis, pas de domestiques, aucun visage familier. Rien dans tout cela ne ressemblait à un mariage normal. Puis elle le vit, son futur époux. Damien se tenait au bout de l’allée, à côté de son cheval noir, entièrement vêtu de noir. Ses mains reposaient calmement devant lui tandis qu’il la regardait s’approcher. Le cœur de Nadia se mit à battre plus vite. Plus elle s’approchait, plus son visage devenait clair. Elle l’avait déjà vu auparavant : sur le toit, dans l’ombre, à travers une fenêtre, de l’autre côté d’une pièce. Mais cette fois, il l’attendait. Moretti arrêta le cheval au début de l’allée et leva les yeux vers elle. « Prête ? » Nadia faillit rire. Elle regarda l’allée devant elle, puis Damien. « Non. » Les lèvres de Moretti tressaillirent. « Je ne pensais pas que vous le seriez. » Il l’aida à descendre du cheval. Alors le piano se mit à jouer, doucement, lentement, tandis que toutes les personnes assises se tournaient vers elle. Nadia avala sa salive et commença à avancer, les yeux fixés sur Damien. Lorsqu’elle l’atteignit enfin, elle s’arrêta. Damien lui tendit la main. Elle la regarda un instant avant d’y poser la sienne. Ses doigts se refermèrent autour des siens, chauds et fermes. Le père Michael, le prêtre, s’avança. « Damien De Luca, prenez-vous Nadia Bennett pour épouse ? » « Oui. » Le prêtre se tourna vers elle. « Nadia Bennett, prenez-vous Damien De Luca pour époux ? » Sa gorge se serra. Elle regarda Damien, mais il n’y avait aucune hésitation dans ses yeux. « Oui. » « Les alliances. » Damien prit la main gauche de Nadia et glissa l’anneau à son doigt. Il était parfaitement à sa taille. Elle le fixa un moment avant de prendre le sien et de le passer à son doigt à son tour. Le prêtre sourit faiblement. « Par l’autorité qui m’est conférée, je vous déclare mari et femme. » Nadia regarda Damien, son mari. Les mots lui paraissaient étranges, presque irréels. Pourtant, elle avait signé pour cela. Damien se pencha vers elle, les yeux rivés aux siens. « Madame De Luca. » Nadia pensa à l’ancien châle de sa mère, celui qu’elle enroulait autour d’elle quand elle avait froid. Le souvenir lui sembla soudain glacial contre la peau. Elle n’était plus Bennett. Elle était De Luca. Bang ! Un coup de feu déchira la forêt. Un autre suivit. Puis un autre encore. En quelques secondes, les tirs vinrent de toutes les directions. Les huit invités sortirent immédiatement des armes de sous leurs vestes et ripostèrent vers les arbres. Le cœur de Nadia cognait contre sa poitrine. Une autre balle passa près d’eux. Elle sauta du cheval, rassemblant sa robe de mariée à deux mains en trébuchant au sol. « À terre ! » Damien courait déjà vers elle. Il saisit son bras et la tira contre lui. « À terre, Nadia ! » Elle s’affaissa immédiatement tandis que d’autres coups de feu résonnaient dans la forêt. Damien se plaça devant elle, protégeant son corps du regard, les yeux fixés sur les arbres. « Matteo ! » « J’y suis déjà ! » Matteo tira en direction de la forêt avant de courir vers la limousine. Damien saisit à nouveau Nadia. « Bouge. » « Je ne peux pas— » « Bouge ! » Il l’entraîna avec lui tandis que les balles continuaient de siffloter entre les arbres. La portière de la limousine s’ouvrit. « Monte ! » Damien poussa Nadia sur la banquette arrière et monta derrière elle. Matteo claqua la portière, sauta au volant et mit le contact. Tandis qu’il faisait vrombir le moteur, Matteo regarda Damien dans le rétroviseur. « Quelqu’un a laissé un message pour la mariée. »Nadia se tenait près de la porte et regardait Damien verrouiller. Le clic de la serrure fit se contracter son estomac.Il se retourna et la fixa. Sa cravate avait déjà disparu, sa chemise était encore légèrement ouverte, et pour une raison quelconque, Nadia prit soudain conscience qu’ils étaient seuls.Damien s’avança vers elle.Elle resta immobile jusqu’à ce qu’il soit assez près pour qu’elle doive lever la tête afin de le regarder.« Pourquoi as-tu peur de moi ? »Nadia lui lança un regard.« Tu m’as entraînée dans un mariage que je n’ai jamais voulu. »« Je ne t’ai pas entraînée. »« Tu as payé l’opération de ma mère avant de me demander de t’épouser. »« Tu as quand même signé le contrat. »« Parce que je n’avais pas le choix. »Sa voix était plus basse cette fois. Damien la regarda un instant. Il s’était attendu à ce qu’elle se dispute, mais quelque chose dans sa façon de le dire le fit s’arrêter.« Tu as raison. »Nadia cligna des yeux.Elle s’était attendue à une nouvelle menac
La limousine s’éloigna à toute allure tandis que deux voitures noires les suivaient de près.Nadia s’était plaquée contre le siège, respirant bruyamment, les mains tremblantes. De la terre tachait sa robe de mariée, et ses doigts frémissaient lorsqu’elle toucha sa poitrine.Quelqu’un avait tiré sur eux. Non… quelqu’un avait tiré sur elle. Elle l’avait vu. L’un des hommes avait pointé son arme directement dans sa direction. Elle se tourna vers Damien.Il était assis calmement à côté d’elle, le dos contre le siège, les yeux fixés devant lui, comme s’ils venaient de quitter un mariage ordinaire.« Ça va ? »Il ne dit rien.« Damien ? »Il ne la regarda pas. Sa voix devint tremblante.« Quelqu’un vient d’essayer de nous tuer. »Silence.Sa mâchoire se crispa légèrement, mais il ne dit toujours rien. À la place, il sortit son téléphone et se mit à lire ses messages.Nadia le fixa, incrédule.« Tu ne vas vraiment rien dire ? »Damien finit par la regarder, mais ses yeux étaient froids. Nadi
Nadia s’éveilla au son du vent du matin. Pendant quelques secondes, elle ne bougea pas. Elle fixa le plafond inconnu au-dessus d’elle, essayant de se souvenir où elle se trouvait, puis tout lui revint.Damien. Le contrat. Et sa signature.C’était aujourd’hui son jour de mariage, et les préparatifs avaient déjà commencé. Deux domestiques circulaient dans la pièce, rangeant et nettoyant sans presque parler.Elle entendit Moretti entrer. On le lui avait présenté la veille, mais elle savait qu’il n’était pas qu’un simple majordome.Toujours face au miroir, elle demanda :« Pourquoi êtes-vous gentil avec moi ? »Il répondit immédiatement.« Parce que quelqu’un doit l’être. Venez, Mademoiselle Bennett. »« Attendez. »Moretti s’arrêta.« Ma mère sera-t-elle là ? »Son expression changea légèrement.« Et Ethan ? »Il garda le silence un instant. La poitrine de Nadia se serra.« C’est ma famille. Je ne veux pas me marier sans eux. »« Ils sont en sécurité. »« Ce n’est pas ce que j’ai demandé
Damien tira les stores de son bureau et s’assit de l’autre côté du bureau noir, faisant tourner un stylo entre ses doigts. C’était devenu son geste préféré. La tasse de café noir apportée plus tôt était posée sur la table, intacte.Il avait relu le dossier de Nadia plus d’une fois, mais lire sur quelqu’un n’était pas la même chose que de la rencontrer. Il voulait voir qui elle était vraiment.Un léger coup retentit à la porte, qui s’ouvrit en grinçant. Nadia entra dans le bureau en rajustant son écharpe sur ses épaules. Elle se demanda pourquoi la pièce était si sombre.Un instant, elle s’arrêta, laissant ses pensées tourner. Alors c’était lui. Le propriétaire de l’académie. L’homme dont on parlait à voix basse.Damien ne dit rien. Il continua de faire tourner le stylo tout en la regardant droit dans les yeux, exactement comme il l’avait fait depuis le toit.Il prit une cigarette et la plaça entre ses lèvres. Nadia le fixait.« Le briquet. »Nadia le regarda, la peur dans les yeux, en
J’avais trois jours pour sauver ma mère, et un seul tableau pour y parvenir.Je marchais sous la pluie, un tableau dans les bras, en espérant qu’un groupe d’inconnus le trouverait assez bon pour la sauver. Si les juges me refusaient aujourd’hui, je ne savais pas ce que je ferais ensuite.L’Académie De Luca se dressait derrière d’énormes grilles noires, et j’ai dû légèrement lever la tête pour embrasser le bâtiment du regard. Les murs étaient en pierre sombre, percés d’immenses fenêtres de verre qui reflétaient le ciel gris. Tout semblait propre et cher, des poignées d’argent des portes d’entrée aux voitures noires parfaitement alignées dehors. Même les gens qui circulaient près de l’entrée se déplaçaient comme s’ils appartenaient à cet endroit.Leurs vêtements étaient impeccables, leurs chaussures cirées, et la plupart d’entre eux avaient l’air de n’avoir jamais eu à réfléchir deux fois avant de dépenser de l’argent. J’ai baissé les yeux vers ma robe. Elle était délavée, usée, un peu







