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Author: Jaanai
last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-19 01:00:45

JULIEN

— Dégage de mon chemin ou je repeins cette pièce avec ton sang.

Elle ne broncha pas.

Au contraire, Élodie me regardait comme si j’étais le diable en personne — ce qui était assez juste. J’étais le diable qui l’avait ruinée il y a trois ans.

Je m’approchai encore, glissant ma cuisse entre les siennes, la plaquant contre le mur pendant que les invités dansaient à quelques mètres. Son parfum me frappa comme une gifle : roses tièdes et vanille.

Le même parfum qui m’avait gardé énervé et… euh… « motivé » pendant trente-six mois.

— Dis-moi, chérie, chuchotai-je à son oreille, pourquoi une femme qui prétend à peine se souvenir de moi a l’air sur le point de s’enfuir… ou de supplier ?

— Pourquoi ton cerveau va direct à « je vais te tuer » ? demandai-je doucement. Le sexe était si nul… ou tu caches quelque chose de pire ?

La colère brilla dans ses yeux noisette, mais son cœur battait si fort que je le sentais contre ma poitrine.

Je pris le verre de vin de ses doigts tremblants et bus une gorgée lente, sans jamais quitter son regard.

— On sait tous les deux la vérité, murmurai-je. Cette nuit était… torride. Addictive. Assez bonne pour que tu me traques… ou c’est encore plus tordu ?

— Mais qu’est-ce qui cloche chez toi ? siffla-t-elle, les joues rouge tomate. Je ne suis pas venue pour toi. Ton ego est complètement délirant. Je voudrais—

Elle s’arrêta net.

Tout le sang quitta son visage. Elle avait l’air malade. De la sueur perla sur son front. Terreur réelle.

Je reculai et lui rendis son verre. Ses doigts étaient glacés et moites quand elle l’arracha et me passa devant.

— C’était quoi ce bordel ? marmonnai-je.

Je tendais la main vers mon téléphone quand le premier coup de feu claqua dans la salle.

Des cris éclatèrent partout.

Je ne réfléchis pas. Je bougeai.

Deux enjambées et je tenais son bras. D’autres coups de feu. Le chaos avala la pièce en deux secondes.

— Il faut bouger, grognai-je.

Elle se libéra avec une panique pure et disparut dans la foule hurlante.

Je me frayai un chemin à coups de coude, cherchant Camille et Lewin. Ma sœur était la seule vraie famille qui me restait.

Je vis deux de mes hommes au sol, dans une flaque de sang. Je pris un flingue et continuai.

Puis je repérai Lewin.

Allongé dans une mare grandissante, trois balles dans la poitrine, yeux grands ouverts et vides.

— Merde… désolé, mon frère, marmonnai-je en me relevant vite. Camille !

Son cri perça le bruit : « Julien ! »

Je suivis le son, couteau dans une main, flingue volé dans l’autre.

Dehors, trois types essayaient de forcer Camille et Élodie dans une voiture noire. Ma sœur avait une belle trace de main rouge sur la joue.

La rage monta comme un volcan.

— Lâchez-la tout de suite ! rugis-je.

Avant que je puisse tirer proprement, Élodie me surprit complètement. Elle écrasa sa tête dans le nez d’un gars (crac !), puis lui envoya son genou direct dans les bijoux de famille. Pendant qu’il s’effondrait, elle se sauva mais revint aider Camille.

Trop de corps dans ma ligne de mire.

Je tirai quand même et en touchai un, mais pas assez. Ils jetèrent Camille dans le coffre et la voiture démarra en trombe.

Élodie trébucha et s’étala sur le bitume. Je l’attrapai, la relevai et vérifiai qu’elle n’était pas blessée. Elle tremblait comme une feuille mais était intacte.

— Toi, grognai-je. Tu viens avec moi. Maintenant.

— Pourquoi je ferais ça ? cria-t-elle en essayant de se dégager.

Je serrai plus fort.

— Lâche-moi, espèce de malade !

— Non.

Ses yeux s’agrandirent de panique quand l’énorme SUV blindé d’Antoni arriva en crissant. Ils devinrent encore plus gros en voyant le flingue dans sa main.

Je la poussai sur la banquette arrière, montai après elle et claquai la porte.

— Jusqu’à ce que je comprenne qui étaient ces types et pourquoi ils ont pris ma sœur, dis-je froidement, tu ne vas nulle part, Élodie. Tu restes dans mon champ de vision.

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