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Chapitre 2 : La Cage Dorée

ผู้เขียน: Darkness
last update ปรับปรุงล่าสุด: 2025-11-26 21:15:22

Eléni

Neuf heures sept. Mes doigts serrent la poignée de mon sac de voyage, si fort que mes jointures blanchissent. J'ai dit à ma mère que je partais pour un stage de cuisine en Italie. Un mensonge qui m'a brûlé la langue. J'ai embrassé Nikos, pâle et silencieux, en lui murmurant que tout irait bien. Un autre mensonge.

Une berline noire et luisante, discrète et sinistre, est garée en face du Kyrios. L'un des hommes de la veille, impassible, me fait signe d'entrer. Je jette un dernier regard au restaurant, à la lumière du matin qui caresse les murs de pierre. Mon cœur se brise en mille morceaux.

Le trajet est un silence oppressant. Nous quittons le dédale familier de Plaka, gravissons les collines jusqu'à la Riviera. Les maisons deviennent des villas, puis des forteresses. La voiture s'engage entre de hauts murs, passe une grille qui se referme dans un grincement métallique. Un bruit de prison.

Et puis, la maison apparaît.

Ce n'est pas une maison. C'est un manifeste de puissance. Un palais moderne de marbre blanc et de verre, accroché à la falaise, surplombant la mer Égée d'un bleu hypnotisant. D'une beauté à couper le souffle. Et d'une froideur absolue.

La porte principale s'ouvre avant que nous n'arrivions. Une femme d'un certain âge, vêtue d'une tenue sobre, s'incline légèrement.

—Je suis Daphné, la gouvernante. Maître Markos vous attend sur la terrasse.

Je la suis, mes pas résonnant sur le sol poli. L'intérieur est vaste, épuré, rempli d'œuvres d'art qui crient le prix exorbitant. Aucune chaleur. Aucune vie. Juste une perfection glaciale.

Il est là.

Léandros Markos, debout contre la balustrade, dos à moi, contemplant l'immensité. Il porte un pantalon sombre et une chemise blanche, les manches relevées sur ses avant-bras musclés. Il se retourne lentement. Le soleil accroche les stries d'argent dans ses cheveux noirs. Son regard gris me déshabille, plus intense encore que la veille.

— Eléni. Tu es à l'heure.

Sa voix est calme, mais elle porte le poids de l'autorité. Celle de quelqu'un qui n'a jamais douté de mon obéissance.

— Je n'avais pas le choix, je lance, incapable de cacher l'amertume dans ma voix.

— Nous avons tous des choix. Tu as choisi la vie de ton frère. C'est un choix noble.

Il fait un pas vers moi. L'air semble se raréfier.

— Daphné te montrera tes appartements. Tu y trouveras une garde-robe. Brûle tes vieux vêtements. Ils sentent la friture et la pitié.

La colère monte en moi, chaude et salvatrice.

—Mes vêtements sentent mon père et mon travail ! C'est qui je suis !

Un sourire cruel étire ses lèvres.

—Non. Qui tu étais. À partir de maintenant, tu es à moi. Ton corps, ton temps, ton souffle. Tout m'appartient.

Il se rapproche encore, assez pour que je sente la chaleur qui émane de lui, le léger parfum du cuir et du santal. C'est une violation, cette proximité. Mon corps se tend, une alchimie étrange et détestable de peur et… d'autre chose. Quelque chose de primitif et d'attirant que je me hais de ressentir.

— Pourquoi moi ? Pourquoi tout ça ? chuchoté-je, ma voix trahissant ma frayeur.

Sa main se lève, et il effleure une mèche de mes cheveux. Un geste presque tendre, mais ses yeux sont des lames.

—Parce que tu brilles, Eléni. Comme un feu dans l'obscurité. Et moi, je collectionne les choses rares. Je les possède. Et j'éteins leur lumière si elles menacent de m'aveugler.

Ses doigts se referment doucement sur ma mèche de cheveux, un peu trop fermement. Une prise symbolique.

—Les règles sont simples. Tu ne quittes pas la propriété sans moi. Tu réponds à mes questions avec la vérité. Tu viens à moi quand je l'exige. En échange, ton frère respire. Comprends-tu ?

Je ferme les yeux un instant, luttant contre les larmes de rage et d'impuissance. La mer, si belle, si libre, n'est qu'un décor derrière les barreaux invisibles de cette cage.

— Je comprends, je finis par murmurer.

— Bien.

Il relâche ma mèche de chevreuil.

—Ce soir, nous dînons ensemble. Huit heures. Sois prête.

Il se détourne, retournant à sa contemplation de la mer, me renvoyant aussi facilement qu'il m'a accueillie. La conversation est terminée.

Je suis Daphné dans un couloir interminable jusqu'à une suite somptueuse. La pièce est immense, avec une vue à couper le souffle sur la mer. Le lit est vaste, fait de soie et de bois précieux. Sur le lit, sont étalées plusieurs robes. Des créations de couturiers, des tissus qui coûtent plus cher que le loyer annuel du Kyrios.

Daphné sort sans un mot, refermant la porte derrière elle. Je m'approche du lit et prends une des robes, une tenue d'un rouge sang, en soie sauvage. Le tissu est d'une douceur diabolique entre mes doigts.

Je me tourne vers le miroir. Mon reflet me semble pâle, effrayé. Une intruse.

Et pourtant, alors que je serre la robe rouge contre moi, une étincelle s'allume au fond de mes yeux dans le miroir. Une étincelle qui n'est pas de la soumission.

Il veut éteindre ma lumière ? Qu'il essaie.

Il possède mon corps, peut-être. Mais ma volonté… C'est une guerre. Et elle ne fait que commencer.

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