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Chapitre 3 : La Leçon

Penulis: Déesse
last update Terakhir Diperbarui: 2025-12-02 20:50:24

Lilith

La porte est restée ouverte. Cain n’a pas franchi le seuil. Il s’est contenté de me regarder, son sourire torve planté comme une lame dans la pénombre. Son regard a parcouru mon corps recroquevillé, s’attardant sur la courbe de ma hanche, sur la peau nue de ma cheville dépassant des draps. Un frisson primal, plus froid que la peur, m’a traversée. Ce n’était pas de la convoitise. C’était de l’appétit.

Puis, sans un mot, il a reculé et a refermé la porte. Le cliquetis de la serrure a résonné comme un coup de feu dans le silence. Je suis restée pétrifiée, à écouter son pas lourd s’éloigner dans le couloir. Le soulagement a été si violent que des sanglots secs m’ont secouée. Je me suis mordue la main pour étouffer les sons, le goût du sang et du sel mélangés sur ma langue.

Je ne me souviens pas m’être endormie. L’épuisement a dû submerger la terreur.

Quelques heures plus tard, un bruit différent me réveille en sursaut. Un grattement léger, puis l’entrebaîllement de la porte. Une femme d’un certain âge, au visage sévère et aux cheveux gris tirés en un chignon sévère, entre. Elle porte une robe simple et un tablier. Elle ne me regarde pas. Elle dépose un plateau sur la table de chevet.

— Pour le petit-déjeuner, énonce-t-elle d’une voix neutre, sans inflexion. Monsieur Damian vous attend dans la bibliothèque dans une heure.

Elle repart aussi silencieusement qu’elle est entrée, verrouillant la porte derrière elle.

Je me traîne jusqu’au plateau. Du thé, une tranche de pain sec. La nourriture a un goût de cendre. Mon estomac se noue, mais je mange et bois par réflexe de survie. Dans une heure. Les mots tournent dans ma tête, telles des mouches piégées. Qu’attend-il de moi ? Quelle nouvelle épreuve ?

Je me lave rapidement dans la salle de bain attenante, l’eau glacée me mordant la peau. Je n’ai pas d’autres vêtements que ceux que je portais lors de mon enlèvement, une simple robe en coton. Elle est froissée et sale. Je la remets, sentant l’odeur de la peur et du coffre de la voiture qui y est imprégnée.

L’heure passe trop vite. La femme , la gouvernante, je suppose , revient me chercher. Elle me conduit à travers un dédale de couloirs somptueux et glacials. Des tapisseries d’un autre siècle représentent des scènes de chasse, du sang sur la neige. Des armures vides se tiennent en sentinelles, leurs visières obscures semblant me suivre du regard.

La bibliothèque est une caverne immense. Des murs entiers recouverts de livres reliés de cuir, montant jusqu’à un plafond voûté. L’odeur de la cire et du vieux papier devrait être réconfortante. Elle est étouffante.

Damian est là, debout près d’une cheminée de marbre où un feu crépite, mais ne semble émettre aucune chaleur. Il est encore plus imposant en pleine lumière. Il tourne les pages d’un livre ancien, indifférent à ma présence.

Cain est assis dans un profond fauteuil de cuir, une jambe négligemment croisée sur le genou de l’autre. Il a l’air de s’ennuyer, mais ses yeux, eux, sont vivaces, parcourant la pièce avant de se poser sur moi avec une intensité dérangeante.

— Approchez, Lilith, dit Damian sans lever les yeux de son livre.

Ma gorge est serrée. Je m’avance de quelques pas, mes pieds nus sur le tapis persan épais. Je me sens minuscule, transparente.

Il referme enfin son livre avec un claquement sec.

— Votre éducation commence maintenant. La première leçon : l’obéissance. Une obéissance absolue, immédiate, sans question.

Il pose le livre sur le manteau de la cheminée et se tourne vers moi.

— Ici, vous ne possédez rien. Pas même votre nom. Vous êtes à moi. Comprenez-vous ?

Je hoche la tête, incapable de parler.

— Répondez, ordonne-t-il, la voix toujours calme.

— Oui, je parviens à souffler.

— Oui, qui ?

Un frisson me parcourt.

 — Oui… Monsieur Damian.

Un grognement approbateur, mais moqueur, vient du fauteuil de Cain.

— Elle apprend vite, on dirait.

Damian ignore son commentaire. Ses yeux gris se plantent dans les miens.

— Très bien. Montrez-moi. Agenouillez-vous.

Le sol se dérobe sous moi. M’agenouiller ? Ici, devant eux ? L’humiliation brûle mes joues.

— Je… je…

— Maintenant, Lilith.

Sa voix n’a pas changé de ton, mais la menace est palpable, plus forte qu’un cri. Je regarde son visage impitoyable, puis le sourire narquois de Cain. Je ferme les yeux un instant, un flot de honte submergeant la révolte. Ma survie est à ce prix.

Je plie les genoux. Le contact du tapis est rude sous ma peau. Je baisse la tête, fixant les motifs complexes du tapis, les larmes de rage et d’impuissance me piquant les yeux.

— Bien, murmure Damian.

Je l’entends s’approcher. Ses chaussures noires et luisantes s’arrêtent devant moi. Je ne lève pas les yeux.

— Regardez-moi.

J’obéis. Son regard est une tempête grise et froide.

— La prochaine fois que vous hésiterez, la punition sera douloureuse. Pour vous. Et si Cain ou moi estimons que vous cherchez à attirer l’attention de l’autre, la punition le sera aussi. Votre souffrance est le ciment de l’ordre dans cette maison. Est-ce clair ?

Je hoche la tête, un sanglot coincé dans ma gorge.

— Répondez.

— Oui, Monsieur Damian.

Il fait un pas de côté, me désignant à Cain.

— Tu vois ? Elle peut être dressée.

Cain se lève de son fauteuil et vient se placer à côté de Damian, les dominant tous les deux de sa carrure.

— J’aime quand elles sont à genoux, dit-il, la voix basse et rauque. Mais je préfère quand elles se débattent.

Son regard déshabille le peu de dignité qui me reste. Je suis à genoux, offerte, entre les deux hommes. Le froid calculateur et le feu sauvage. Je sens le poids de leur double désir, de leur double jalousie, peser sur moi comme une pierre tombale.

La leçon est terminée. Je suis à eux. Et cette première humiliation n’est que le prélude de tout ce qui va suivre.

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