LOGINLéo, un jeune bibliothécaire urbain en quête de tranquillité, hérite d'une maison isolée en lisière d'une forêt ancestrale. Dès son arrivée, il est tiraillé entre deux présences mystérieuses. La nuit, il est hanté par les hurlements d'une meute de loups et par le regard flamboyant d'un solitaire qui rôde dans les ombres. Le jour, il est attiré par un chant envoûtant provenant du cœur des bois. Il découvre Kael, un Silvanien, esprit gardien de la forêt. Mi-homme mi-cervidé, couronné de bois et d'une beauté sauvage et sereine, Kael représente l'équilibre et la magie vitale de la nature. Leur connexion est immédiate, profonde et sensuelle. Leurs étreintes, souvent dans des clairières baignées de lune ou des sources chaudes magiques, sont une célébration de la vie : le corps de Kael s'illumine à son toucher, et leur passion fait fleurir la flore autour d'eux. Cependant, cet amour naissant est menacé. Elias, le loup-garou solitaire au regard de braise, voit en Léo son "âme sœur", la personne destinée à apaiser la bête en lui. Rongé par une sauvagerie qu'il peine à contrôler, son désir pour Léo est possessif, primal et dangereux. Léo se retrouve au centre d'un triangle amoureux déchirant, tiraillé entre la douceur envoûtante de l'esprit des bois et la passion sauvage et destructrice du loup.
View MoreLéo
Le train grince et halète avant de s’immobiliser dans un dernier souffle de vapeur. La gare de Saint-Sylvain n’est qu’un quai de pierre morne, posé comme un après-pensée à la lisière d’une mer verte de sapins. Je descends, mon unique valise à la main, l’air frais du soir me saisissant à la gorge. Il sent la terre mouillée, la résine et quelque chose d’autre, de fauve, que je ne peux nommer.
La maison de mon grand-oncle Alban est encore à deux kilomètres. Je commence à marcher sur le chemin de terre, les bras couverts de frissons. Le soleil se meurt derrière la crête des arbres, et les ombres s’allongent, devenant denses et hostiles.
C’est alors que le premier hurlement déchire le silence.
Un son à glacer le sang, primitif, qui semble vibrer dans mes os. Il est suivi par un chœur d’autres voix, plus lointaines. Une meute. Mon cœur se met à battre la chamade, un piétinement animal dans ma poitrine. Je presse le pas, mes yeux essayant de percer l’obscurité naissante entre les troncs.
Et c’est là que je le vois.
Plus grand, plus massif qu’un loup normal. Pelage gris et ombre, et des yeux… des yeux qui brûlent d’un feu jaune. Il est là, immobile, à une vingtaine de mètres, me fixant. Son regard n’est pas simplement bestial. Il est intelligent, perçant. Il me scrute, il me pèse. La peur me cloue sur place, une odeur aigre de transpiration montant à mes narines. Nous restons ainsi, un long moment, dans un face-à-face silencieux et terrifiant. Puis, avec un grognement sourd qui résonne dans ma cage thoracique, il tourne la tête et disparaît dans l’épaisseur du bois, aussi silencieusement qu’il était apparu.
Je reste un moment pantelant, avant de reprendre ma marche, presque en courant cette fois.
La maison est telle que je l’imaginais : de pierre, isolée, les volets fermés comme des paupières mortes. La clef rouillée grince dans la serrure. L’intérieur sent le renfermé, la poussière et les souvenirs. Après une inspection rapide, trop épuisé et secoué pour penser à manger, je me laisse tomber sur le lit étroit de la chambre d’amis, espérant que le sommeil chasse les visions de loups aux yeux de feu.
Mais le sommeil n’apporte aucun répit.
Je rêve. Je marche dans une forêt luxuriante, baignée d’une lumière dorée. Un chant mélodieux, à la fois voix et son de flute, m’attire plus profondément. Je m’enfonce dans un sous-bois où les fougères caressent mes jambes. Soudain, la végétation s’écarte, révélant une clairière.
Un homme… ou quelque chose qui lui ressemble… est là, adossé à un arbre colossal. De sa chevelure brune émergent des bois de cerf élancés, luisant comme de l’ébène poli. Sa peau, d’un ton chaud de terre cuite, est parcourue de fines veinures semblables à de l’écorce. Il est nu, et son corps est une sculpture de muscle et de grâce sauvage. Il se tourne vers moi, et ses yeux sont verts comme la mousse au printemps.
Il ne dit rien. Il tend simplement une main, un sourire paisible et antique aux lèvres. Une sérénité, une attraction magnétique que je n’ai jamais connues m’envahissent. Je tends ma main pour la saisir…
CRAC.
Je me réveille en sursaut, assis dans mon lit, le cœur battant à tout rompre. La sueur froide trempe mon t-shirt. Le bruit provenait de l’extérieur. Je me lève, les jambes tremblantes, et me dirige vers la fenêtre.
Je écarte le rideau d’un doigt hésitant.
Dehors, dans la pâleur de l’aube, il est là. Le loup. Non, l’homme. Les deux.
Il est agenouillé dans le jardin, à la lisière des arbres. Son dos est large, musclé, parcouru de cicatrices palpitantes. Ses épaules sont tendues. Il tourne légèrement la tête, et je vois son profil sauvage, ses yeux dorés qui luisent d’une lueur intérieure. Il a le visage marqué par une lutte intérieure, une douleur brute.
— Je ne te veux pas de mal.
Sa voix est rauque, un grondement à peine articulé, qui porte pourtant jusqu’à moi à travers la vitre, comme s’il parlait directement dans mon esprit.
Je recule d’un pas, choqué. La peur et une fascination morbide se livrent un combat en moi.
— Laisse-moi tranquille, murmuré-je, sans même être sûr qu’il m’entende.
Un grognement, plus proche d’un rire amer, me répond.
— Trop tard. Tu es ici. Tu sens… Tu sens comme l’autre rive. Comme la fin de la tempête.
Il se lève alors, sa silhouette se découpant, imposante et menaçante, contre la forêt qui s’éveille.
— Je reviendrai. Je m’appelle Elias.
Et sur ces mots, il se fond dans l’obscurité des bois, laissant derrière lui un silence lourd de promesses et de menaces. Je reste figé, le front contre la vitre froide, sachant au plus profond de moi que ma vie venait de basculer dans un monde dont je ne connaissais ni les règles, ni les dangers. Un monde qui contenait à la fois un loup-garou nommé Elias… et le souvenir brûlant d’un esprit des bois aux yeux de mousse.
LéoLa meute progresse vers le nord, transformée. Les bêtes affamées et craintives sont devenues une unité organisée, confiante. Kaelen, ou Elias comme la meute l'appelle avec un respect mêlé de crainte, est leur Alpha incontesté. Il ne règne pas par la terreur, mais par une force calme et une sagesse instinctive qui leur parle au plus profond de leur être.Moi, je suis devenu le "Faiseur de Silence", celui qui apaise les douleurs et lit les signes de la terre. Ils m'acceptent, non comme un des leurs, mais comme une partie nécessaire de leur nouveau monde.Les paysages changent. Les forêts de pins cèdent la place à une toundra vaste et ventée, où la neige est balayée par des rafales qui semblent vouloir arracher l'âme. Le froid ici est d'une autre nature, plus sec, plus tranchant. Le ciel, la nuit, est déchiré par des draperies de lumières vertes et violettes, les aurores boréales, dont la beauté glaciale nous laisse sans voix.Nous suivons le souvenir de la vision, la trace d'une ter
LéoLe départ de notre vallée est différent des autres. Ce n'est pas une fuite. C'est un choix délibéré, une marche vers l'inconnu, lestés d'un but. Nous laissons derrière nous la cabane, le feu qui a vu naître notre étrange famille, l'empreinte de Kaelen dans la neige. Ces souvenirs sont désormais gravés en nous, plus solides que la pierre.Nous marchons vers le nord-ouest, vers les territoires où Kaelen a rencontré la meute errante. La vision de la Baie de Clairvoyance nous guide comme une étoile pâle. L'hiver est toujours aussi rude, mais notre pas est assuré. Nous sommes deux forces complémentaires, unies par une compréhension qui dépasse les mots.Kaelen est différent. Porter son ancien nom lui a rendu une part de lui-même. Il est plus silencieux, plus observateur, mais une sérénité nouvelle a remplacé l'agitation constante. Il ne cache plus la Bête, il la porte comme une armure, comme une partie de son être qu'il a appris à aimer.Au bout de trois jours de marche, nous trouvons
LéoLe retour à la cabane après avoir sauvé Elara est comme revenir d'un long voyage dans un pays étranger. Les murs de bois, l'odeur de la fumée, le crépitement familier du feu… tout semble à la fois inchangé et radicalement différent. Nous avons franchi un seuil invisible. En sauvant l'enfant, nous avons, d'une certaine manière, sauvé une part de nous-mêmes.Les jours qui suivent sont empreints d'une sérénité nouvelle. Elias semble plus ancré, moins enclin à se perdre dans les sombres méandres de ses pensées. Il sculpte davantage, ses mains trouvant une paix dans le travail patient du bois. Moi, je reprends mes études des herbes, mais avec un but nouveau : non plus seulement survivre, mais comprendre. Comprendre les secrets de la vie qui nous entoure.Un après-midi, alors que je trie des racines séchées, Elias pose son couteau.— Tu m'as parlé de ton nom, dit-il. Léo. Mais tu ne m'as jamais demandé le mien.Je lève les yeux, surpris. Il a toujours été "Elias" pour moi. Un nom que je
LéoLe cœur de l'hiver est un géant endormi dont le souffle gèle les cimes des arbres et fige la rivière en un ruban de verre noir. La neige est si profonde qu'elle avale les sons, créant un silence si absolu qu'on entend le sang battre dans ses propres oreilles. Nous sommes reclus, ensevelis, et cette isolation devient notre nouvelle normale.Un matin, je me réveille avant l'aube. Le feu n'est plus que des braises rougeoyantes. Elias n'est pas à ses côtés. Une pointe d'inquiétude, devenue rare, me transperce. Je m'habille rapidement et sors dans le froid mordant.La neige a cessé de tomber. Le ciel est dégagé, constellé d'étoiles si brillantes qu'elles semblent percer la rétine. Et là, au centre de la clairière devant notre cabane, se tient Elias.Il est dans sa forme lupine, mais immobile. Pas en alerte, mais en contemplation. Il regarde quelque chose à ses pieds. Je m'approche, mes pas étouffés par l'épaisse couche de neige.Il a tracé un motif dans la neige. Ce n'est pas une piste
Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.