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Chapitre 37 : La fragilité

Autor: Déesse
last update Data de publicação: 2026-04-12 04:05:00

Je la prends dans mes bras. Je la porte jusqu'à la chambre. Le lit nous attend, les draps de soie grise, les oreillers moelleux.

Je l'allonge. Je me déshabille devant elle. Lentement. Bouton après bouton. Elle me regarde, ses yeux avides, ses lèvres entrouvertes.

Quand je suis nue, elle tend les mains vers moi. Je me laisse faire. Ses doigts parcourent mon corps, mes seins, mon ventre, mes hanches. Elles me touchent comme si elle me découvrait

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    Mes jambes ne me portaient plus. Elles étaient en coton, en plomb, en rien. Je me suis laissée glisser le long du mur, lentement, dos contre la paroi froide, jusqu'à m'asseoir par terre, sur le parquet glacé qui sentait la poussière et le désespoir. Irina ne bougea pas. Elle me regardait, debout, comme une statue de compassion, les bras le long du corps. — Elle m'avait promis, murmurai-je, et ma voix n'était plus qu'un filet d'eau sur des pierres. Elle m'avait promis qu'elle viendrait me chercher. Elle me l'a promis le soir où elle m'a éloignée, dans son appartement, avant que je franchisse la porte pour la dernière fois. Elle a pris mon visage entre ses mains, elle m'a regardée dans les yeux, et elle m'a dit : « Quand tout sera fini, je viendrai te chercher. » — Je sais. Irina hocha la tête, lentement, ses yeux ne quittant pas les miens. Elle me l'a dit, à moi aussi. Avant de partir, elle est venue me voir au bureau. Elle avait déjà son manteau sur le dos, son sac à la main, un

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    Et puis je me suis arrêtée. Mon pouce est resté suspendu au-dessus de l'écran, figé. Elle ne m'a pas appelée. Elle a gagné, elle est libre, et elle ne m'a pas appelée. C'est Sophie qui m'a envoyé « Gagné », pas elle. C'est la télévision qui m'a montré son visage, pas un appel vidéo de sa part. Elle n'a pas décroché son téléphone pour me dire : « Élena, c'est fini, rentre à la maison. » Pourquoi ? Les heures ont passé. La journée s'est écoulée, puis la soirée, puis la nuit. Je n'ai pas quitté mon téléphone du regard. Je l'ai posé sur la table de chevet, face vers le haut, le volume au maximum. Chaque vibration me faisait sursauter, chaque notification me remplissait d'un espoir absurde qui retombait aussitôt. Un spam. Un rappel de facture. Un message de Sophie : « Tout va bien, elle se repose, elle est épuisée. » Rien d'elle. Rien. Le lendemain, rien non plus.

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    Je me suis levé. J'ai pris son visage entre mes mains, doucement, comme on tient un oiseau blessé. J'ai déposé un baiser sur son front, un baiser d'adieu, un baiser de pardon. Mes lèvres sont restées un instant posées sur sa peau, pour graver ce contact dans ma mémoire. — Je suis fier de toi, Élena. Fier de la femme que tu es devenue. Fier du courage que tu as. Tu es devenue la personne que j'ai toujours su que tu pouvais être. — Thomas... Sa voix n'était plus qu'un filet. — Sois heureuse. Avec elle ou sans elle, mais sois heureuse. C'est tout ce que je te souhaite. C'est tout ce que j'ai toujours souhaité. J'ai retiré mes mains, j'ai tourné les talons, je suis sorti du studio sans me retourner. La porte s'est refermée derrière moi avec un bruit sourd. Dans l'escalier, mes jambes tremblaient. Je me suis appuyé contre le mur, le cœur en miettes, mais une paix étrange m'envahissait.

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