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Chapitre 2

last update Veröffentlichungsdatum: 05.09.2026 02:28:24

La tasse manque de m’échapper des mains. Je la rattrape de justesse.

— Comment…

Ma voix se brise.

— Comment savez-vous ça ?

Je regarde autour de moi. Personne ne semble nous observer. Pourtant, une sensation glaciale s’installe dans mon ventre.

Qui est cet homme ?

— Qui êtes-vous ?

Il ne répond pas immédiatement. Il se contente de me regarder. Puis il désigne l’enveloppe.

— Quelqu’un qui peut vous aider.

Je ne respire presque plus.

— Ouvrez-la, Elena.

Mes doigts tremblent lorsque je saisis l’enveloppe. Je pourrais partir. Je devrais partir. Mais le visage de Marcus apparaît dans mon esprit.

Son sourire affaibli. Ses yeux fatigués. Son corps amaigri sous les draps blancs de l’hôpital.

Alors je déchire le papier. À l’intérieur, il y a un contrat. Et une photographie. Je prends la photo.

Mon souffle se bloque. C’est Marcus. La photographie semble récente. Il dort dans son lit d’hôpital. Une perfusion descend lentement jusqu’à son bras. Son visage est terriblement pâle. Il paraît plus fragile que jamais.

Je serre la photo entre mes doigts. Une colère sourde monte en moi.

— Vous nous surveillez ?

L’homme reste parfaitement calme.

— Je m’informe.

— Vous avez fait prendre cette photo ?

— Lisez le contrat.

Je relève les yeux vers lui. Il ne cligne même pas des yeux. Je baisse de nouveau le regard.

Les premières lignes dansent devant moi. Je force mes yeux à rester concentrés.

Puis je lis.

Contrat de maternité de substitution. Mon cœur rate un battement.

Je continue.

Compensation financière : 500 000 dollars.

Cinq cent mille dollars. Je relis le chiffre.

Une fois.

Deux fois.

Mes doigts deviennent glacés. Cinq cent mille dollars.

Plus que suffisamment pour payer le traitement de Marcus.

Plus que suffisamment pour régler ses factures.

Plus que suffisamment pour lui offrir une chance.

Une véritable chance. Mais à quel prix ?

Je relève lentement les yeux. L’homme m’observe toujours.

— Vous voulez que je…

Ma gorge se serre.

— Que je porte votre enfant ?

Il ne détourne pas le regard.

— C’est exactement ce que je veux.

Je sens mon cœur cogner contre mes côtes. Il parle comme s’il était question d’une simple transaction.

— Neuf mois de votre vie contre la vie de votre frère.

Il marque une pause.

Ses yeux gris restent plantés dans les miens.

— L’équation me semble équitable.

Je ne réponds pas.

Autour de nous, le diner continue de vivre. La friteuse grésille. Une assiette tombe au loin. La clochette de la porte résonne encore. Mais je n’entends presque plus rien.

Je ne vois que ce contrat. Cinq cent mille dollars. Et le visage de Marcus. Une seule question tourne dans ma tête.

Jusqu’où suis-je prête à aller pour sauver mon frère ?

Je serre le contrat entre mes doigts. Et soudain, je remarque une ligne au bas de la page que je n’avais pas encore lue. Une condition supplémentaire.

Mon sang se glace.

Je relis à nouveau le contrat.

Les mots dansent devant mes yeux. Je cligne plusieurs fois, mais le chiffre reste là.

Cinq cent mille dollars.

Une somme vertigineuse.

Une somme qui pourrait changer notre existence.

Une somme qui pourrait donner à Marcus une véritable chance de vivre.

Et cette pensée suffit à faire vaciller toutes mes défenses.

— Pourquoi moi ?

Ma voix sort à peine.

L’homme ne semble pas surpris par ma question. Il croise calmement les mains devant lui. Son regard reste posé sur moi avec une précision presque dérangeante.

Comme s’il m’avait déjà étudiée sous tous les angles.

Comme s’il connaissait déjà ma réponse.

Comme s’il savait exactement où appuyer pour me faire céder.

Puis il prononce les mots qui me donnent froid dans le dos.

— Vous avez le profil qui me convient.

Il marque une pause.

— Jeune. En bonne santé. Désespérée.

Chaque mot tombe avec une froideur calculée.

Je sens ma mâchoire se contracter. Je n’aime pas la façon dont il me regarde. Encore moins la façon dont il parle de ma détresse comme d’un avantage.

Puis son regard devient légèrement plus dur.

— Et surtout, vous avez quelque chose à perdre.

Il se penche à peine vers moi.

— Cela vous rendra… coopérative.

Le mot me glace.

Coopérative.

Je sens un frisson courir le long de ma colonne vertébrale.

Pendant une seconde, j’oublie même l’argent.

Je pense à me lever.

À lui rendre son contrat.

À quitter ce diner et à ne jamais regarder derrière moi.

Mais l’image de Marcus apparaît dans mon esprit. Son visage pâle. Ses perfusions. Son sourire épuisé. Et mes doutes s’effondrent.

— Je… j’ai besoin de réfléchir.

Il acquiesce tranquillement.

— Bien sûr.

Pas de pression.

Pas de menace.

Seulement ce calme inquiétant qui me donne l’impression qu’il contrôle déjà la situation.

— Vous avez jusqu’à demain soir.

Mon cœur se serre.

— Après cela, je trouverai quelqu’un d’autre.

Quelqu’un d’autre.

La phrase reste suspendue entre nous. Il se lève.

Je remarque à peine le mouvement tant mon esprit est ailleurs. Il sort un billet de vingt dollars et le dépose sur la table.

Vingt dollars pour un café qui en coûte à peine deux. Puis il remet son téléphone dans sa poche et se dirige vers la sortie.

Je le suis du regard, incapable de détourner les yeux.

Il atteint la porte. La clochette tinte.

Puis il s’arrête. Il se retourne lentement.

— Oh, Elena ?

Je me fige.

— Une dernière chose.

Il me regarde droit dans les yeux.

— Si vous acceptez, vous devrez vivre chez moi pendant toute la durée de la grossesse.

Mon souffle se bloque. Il poursuit avec le même calme.

— Pour votre sécurité et celle du bébé, bien entendu.

La porte se referme derrière lui.

Ting.

Le bruit de la clochette résonne dans le diner presque vide. Mais cette fois, il ne ressemble plus à un simple tintement. Il ressemble à un avertissement.

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