เข้าสู่ระบบYANIS
Ses mots frappent ma poitrine comme une décharge de défibrillateur. Elle est sûre. Elle n'a jamais été aussi sûre. Leila, cette femme que j'ai traînée de force dans mon monde, cette femme qui a brisé ma carte noire et m'a offert des bouts de papier en échange de confessions, cette femme est en train de se donner à moi. Corps et âme.
Je devrais être triomphant. Je devrais la
LEILATrois jours. Trois jours interminables depuis ce baiser dans le salon, ce baiser qui a tout changé et tout compliqué. Trois jours à errer dans cette villa comme un fantôme, à sursauter au moindre bruit, à guetter le son de sa voix dans les couloirs. Trois jours à me consumer de l'intérieur, le corps en feu, l'esprit en guerre.Yanis m'évite. Ce n'est plus une simple distance, c'est une stratégie militaire. Il part avant l'aube, quand le ciel est encore violet et que les oiseaux eux-mêmes dorment encore. Il rentre après minuit, quand la villa est plongée dans le silence et que je fais semblant de dormir. Je l'entends marcher dans le hall, ses pas lourds qui s'arrêtent parfois devant l'escalier qui mène à mon aile. Il reste là, immobile, et je retiens mon souffle, le cœur battant si fort que je suis sûre qu'il l'entend à travers les
YANISSes mots frappent ma poitrine comme une décharge de défibrillateur. Elle est sûre. Elle n'a jamais été aussi sûre. Leila, cette femme que j'ai traînée de force dans mon monde, cette femme qui a brisé ma carte noire et m'a offert des bouts de papier en échange de confessions, cette femme est en train de se donner à moi. Corps et âme.Je devrais être triomphant. Je devrais la prendre dans mes bras, l'emporter dans ma chambre, et consommer enfin ce mariage qui n'était qu'un contrat. Chaque fibre de mon être le hurle. Mes mains brûlent de la toucher, ma bouche est affamée de sa peau, mon corps tout entier est tendu vers elle comme une arme prête à tirer.Mais quelque chose me retient. Une petite voix, tout au fond de ma conscience, celle que je croyais avoir étouffée depuis longtemps. Elle n'est pas prêt
YANISJe n'avais pas prévu ça. Je n'avais rien prévu de tout ça. Elle devait être une dette, un contrat, un moyen de sceller une alliance. Elle est devenue bien plus. Elle est devenue l'air que je respire, le seul visage que j'ai envie de voir le matin, la seule voix qui fait taire le bruit incessant de ma conscience.Et maintenant, dans la pénombre bleutée du salon, avec son front contre le mien et son parfum qui emplit mes poumons, je sais que je vais franchir une ligne dont je ne pourrai jamais revenir.Je l'embrasse.Pas comme sur la plage, avec cette urgence bestiale, cette violence désespérée. Non. Cette fois, c'est différent. Mes lèvres se posent sur les siennes avec une lenteur infinie, presque religieuse. Je goûte sa bouche comme on goûte un vin rare, par petites touches, avec révérence. Elle est chaude, douce, entrouverte su
YANISElle me défie. Debout dans la lumière bleutée, les cheveux en désordre, la peau luisante, elle danse comme une incantation, comme une sorcière jetant un sort. Et je suis ensorcelé.Chaque mouvement de ses hanches est une torture délicieuse. Chaque battement de ses cils une invitation que je ne devrais pas accepter. La règle que je me suis imposée, cette distance sacrée que je maintiens entre nous pour la protéger, pour me protéger, est en train de fondre comme neige au soleil.Je devrais partir. Remonter dans mon bureau, fermer la porte à clé, noyer dans le whisky cette image qui va me hanter jusqu'à la fin de mes jours. Mais mes pieds refusent d'obéir. Mon corps tout entier refuse d'obéir. C'est elle qui commande maintenant. Elle, et cette musique lancinante qui semble battre au rythme de mon cœur.Je m'avance.
YANISLa journée a été un enfer. Une réunion avec les fournisseurs albanais qui a failli dégénérer en bain de sang, un chargement qui a pris du retard au port, et un indicateur qui a essayé de me doubler. J'ai réglé les problèmes un par un, avec la précision chirurgicale qu'on attend du Serpent. Mais ma tête n'y était pas. Ma tête était restée ici, dans cette villa, avec elle.Quand je franchis la porte d'entrée, il est plus de minuit. La villa est silencieuse, plongée dans la pénombre. Je me dirige vers mon bureau, prêt à m'écrouler sur le canapé en cuir pour une nuit sans sommeil, quand un son m'arrête.De la musique. Un rythme latin, langoureux, qui s'échappe du salon. Je m'approche sans bruit, les sens en alerte. Et ce que je vois me cloue sur place.Elle danse.
LEILAIl tient toujours le petit bout de papier entre ses doigts, comme s'il s'agissait d'un artefact extraterrestre dont il n'arrive pas à percer le mystère. Son front est plissé par une concentration intense, presque comique. Il retourne le papier, regarde derrière, comme si une clause cachée allait apparaître par magie.— Donc… si je comprends bien, commence-t-il lentement, je te donne ce papier, et en échange, je dois… parler ?— Parler vraiment, oui. Pas de mensonges, pas de demi-vérités. Des mots qui comptent.— Et si je te donne deux papiers ? J'ai droit à deux conversations ?— Tu peux toujours essayer.Il sort son portefeuille de sa poche arrière, un portefeuille en cuir noir qui a dû coûter plus cher que ma robe de mariée. Il l'ouvre, glisse le petit bout de papier déchiré dans une pochette, à côté de ce qui ressemble à une photo écornée. Puis il referme le tout avec un soin presque cérémonieux.— C'est la première fois que je range un bout de papier de cette valeur, dit-il,







