LOGINChapitre 111
Lorenzo
Je décide de changer. Cette décision naît en moi au petit matin, alors que les premières lueurs de l'aube percent à travers les rideaux de la bibliothèque, alors que Rosa dort encore contre mon épaule, sa respiration lente et régulière, sa main posée sur mon cœur comme pour s'assurer qu'il bat toujours, qu'il bat pour elle, qu'il bat pour nous. La nuit que
Chapitre 115LorenzoUn espion dans nos rangs. Je le découvre après des semaines de soupçons, de surveillance discrète, de recoupements silencieux, et la vérité éclate enfin dans mon bureau, un soir de novembre, alors que Marco pose devant moi les preuves irréfutables, les relevés téléphoniques, les photographies prises à son insu, les enregistrements qui ne laissent aucun doute, aucune échappatoire, aucune possibilité de pardon. C'est un homme que Rosa connaît, un ancien garde des Valente, un certain Tommaso, un homme qui patrouillait dans les couloirs du palais Valente quand elle était prisonnière dans l'aile sud, qui a assisté à ses humiliations sans jamais lever le petit doigt, qui a baissé les yeux quand Matteo la frappait, qui a détourné le regard quand Rocco la traînait dans les
Chapitre 114RosaJe deviens son égérie, son conseil, son bras droit, et cette transformation ne se fait pas en un jour, ni en une semaine, mais elle s'opère avec une évidence qui m'émerveille, avec une douceur qui me bouleverse, avec une force qui me transcende. Je lis les dossiers la nuit, pendant que Lorenzo dort contre moi, épuisé par les réunions, par les négociations, par les décisions, et je les lis à la lueur d'une lampe à huile, assise près de la fenêtre, les pieds nus posés sur le tapis, le dos calé contre les coussins de velours. Les dossiers sont épais, remplis de noms, de chiffres, de territoires, de trahisons passées, de menaces à venir, et je les parcours avec une concentration totale, avec une attention minutieuse, avec une soif de comprendre qui ne s'est jamais éteinte, même apr&egr
Chapitre 113LorenzoElle parle. Elle est claire, précise, impitoyable, et je la regarde, fasciné, subjugué, amoureux, tandis qu'elle s'adresse aux chefs de clan rassemblés autour de la longue table de noyer, dans la pénombre de la grande salle éclairée par les candélabres d'argent et les lampes à huile. Sa voix ne tremble pas, ne faiblit pas, ne s'excuse pas, elle est ferme, posée, tranchante comme une lame, et chaque mot qu'elle prononce est une pierre posée sur l'édifice de notre pouvoir, chaque phrase est une démonstration de force, chaque silence est une menace à peine voilée. Elle parle des alliances à renouveler, des territoires à réorganiser, des traîtres à surveiller, et elle le fait avec une précision chirurgicale, avec une intelligence froide, avec une autorité naturelle qui me co
Chapitre 112RosaIl m'emmène à une réunion de la Camorra. Le geste est délibéré, réfléchi, presque solennel, et je le comprends dès qu'il me prend la main dans le vestibule, dès qu'il me guide à travers les couloirs de pierre vers la grande salle où les chefs de clan sont déjà rassemblés. Il aurait pu me demander de rester dans la bibliothèque, comme il le faisait depuis des semaines, il aurait pu me protéger, m'enfermer, me tenir à l'écart de ce monde d'hommes, de fumée de cigare, de regards calculateurs. Mais il ne le fait pas, il ouvre la porte devant moi, il s'efface pour me laisser passer, et je sens son regard sur moi, plein de fierté, de confiance, d'amour, et je sais que ce moment est une déclaration, une proclamation, un serment silencieux.La grande salle est
Chapitre 111LorenzoJe décide de changer. Cette décision naît en moi au petit matin, alors que les premières lueurs de l'aube percent à travers les rideaux de la bibliothèque, alors que Rosa dort encore contre mon épaule, sa respiration lente et régulière, sa main posée sur mon cœur comme pour s'assurer qu'il bat toujours, qu'il bat pour elle, qu'il bat pour nous. La nuit que nous venons de passer, cette nuit de paroles, de rires, de larmes, de retrouvailles, m'a transformé, m'a lavé, m'a rappelé qui j'étais, qui je ne voulais plus être, qui je devais devenir. Les mots de Rosa résonnent encore en moi, "tu n'es pas ton père, tu n'es pas Matteo, tu es toi", et ils sont comme une clé qui ouvre une porte, comme une lumière qui dissipe les ténèbres, comme une boussole qui indique le chemin. Je ne
Chapitre 110RosaNous passons la nuit à parler, comme au début, comme à cette époque bénie où chaque nuit était une découverte, une confession, une guérison, où nous restions allongés dans le grand lit de bois sombre, les mains enlacées, les cœurs battant à l'unisson, à nous raconter nos vies, nos blessures, nos espoirs. Sauf que cette nuit, nous ne sommes pas dans le lit, nous sommes assis par terre, dans la bibliothèque, dos au mur de pierre froide, et qu'il n'y a pas de lune qui filtre à travers les rideaux, seulement les flammes qui dansent dans la cheminée et les lampes à huile qui projettent leurs ombres mouvantes sur les dos de cuir usé, sur le globe terrestre immobile, sur nos deux silhouettes enlacées dans la pénombre. Mais peu importe le lieu, peu importe le décor, peu impo
Chapitre 2RosaJe regarde le bal depuis ma fenêtre, comme je regarde toutes les choses de ma vie : de loin, en silence, les doigts serrés sur l'appui en pierre froide.La lumière jaillit des grandes fenêtres du palais Valente, là-bas, derrière les jardins intérieurs que je n'ai pas le droit de tra
Chapitre 8RosaJe me débat.Mes bras, mes jambes, mes ongles, mes dents, tout mon corps se révolte contre les mains qui me tiennent. Je ne sais plus où je suis, ni depuis combien de temps on me traîne. Les odeurs me reviennent par bouffées : le parfum sucré des roses noires, l’humidité de la terre
Chapitre 7LorenzoJe donne l’ordre.Ma voix est calme, à peine un murmure dans l’oreillette, mais mes hommes l’entendent. Le petit appareil en plastique noir est logé dans mon conduit auditif, sa surface lisse et tiède contre ma peau. Je sens les vibrations de ma propre voix lui traverser, et dans
Chapitre 1LorenzoJ'ajuste mon masque de faucon devant le miroir sans tain, et mon reflet me renvoie l'image d'un prédateur qui n'a plus rien à perdre.Les plumes d'acier brun qui ornent le bord du masque luisent sous la faible lueur des bougies, chaque rémige taillée dans un métal si fin qu'elle







