LOGINChapitre 35
Lyana
Le jour de la cérémonie se lève sur Durnhollow dans un ciel gris et bas, chargé de nuages lourds qui menacent de crever à tout moment. La lumière est pâle, maladive, filtrée par les brumes matinales qui s'enroulent autour des tours comme des écharpes de soie déchirée. Le vent du Nord siffle contre les barreaux de la fenêtre, glacial, mordant, charg&eacu
Chapitre 38AedanLes chants anciens s'élèvent autour de nous comme une marée montante, les voix des prêtres et des Anciens tissant dans l'air saturé d'encens les paroles sacrées du Compagnonnage. Les bougies flottent au-dessus de nos têtes, leurs flammes vacillantes projetant des ombres mouvantes sur les tentures argentées et les bannières des clans. L'autel de pierre est froid sous ma main, mais la main de Lyana est chaude dans la mienne, ses doigts tremblant légèrement, son pouls battant contre ma paume comme un oiseau prisonnier.Elle a dit oui. Elle a pris ma main, elle a accepté le lien, elle est là, devant moi, dans sa robe blanche, couronnée de roses de givre, et elle est plus belle que tout ce que j'ai jamais vu, plus belle que les aurores boréales sur les pics du Nord, plus belle que les champs de neige sous l
Chapitre 37LyanaLa salle du trône est méconnaissable. Les torches ont été remplacées par des centaines de bougies blanches qui flottent dans les airs, suspendues par quelque sortilège ancien, leurs flammes dansant comme des lucioles dans la pénombre. Les murs de pierre noire sont drapés de tentures argentées, brodées de motifs de loups et de lunes, de crocs et d'étoiles. Les bannières des clans pendent des voûtes, leurs couleurs passées par les siècles mais leurs symboles encore visibles. L'air sent la cire, l'encens, les herbes de montagne que l'on brûle dans des cassolettes de bronze disposées aux quatre coins de la salle.Les Anciens sont là, tous les douze, debout en demi-cercle autour de l'autel de pierre qui a été dressé au centre de la salle, là o&ug
Chapitre 36AedanLe jour de la cérémonie, je me lève avant l'aube, le cœur lourd et l'esprit agité. La pleine lune se lèvera ce soir, et avec elle viendra le moment décisif, l'instant où Lyana devra prononcer les paroles du consentement ou accepter la sentence du Conseil. J'ai passé la nuit à réfléchir, à peser le pour et le contre, à me demander si j'avais bien fait, si je n'avais pas commis d'erreur, si je ne l'avais pas poussée trop loin ou pas assez. Et au matin, une seule certitude s'est imposée à moi : je dois retirer le poignard.Pas pour la soumettre, pas pour la désarmer, pas pour lui retirer son choix. Mais pour l'empêcher de faire une bêtise devant le Conseil. Lyana est impulsive, passionnée, imprévisible. Elle porte en elle une haine qu'elle ne c
Chapitre 35LyanaLe jour de la cérémonie se lève sur Durnhollow dans un ciel gris et bas, chargé de nuages lourds qui menacent de crever à tout moment. La lumière est pâle, maladive, filtrée par les brumes matinales qui s'enroulent autour des tours comme des écharpes de soie déchirée. Le vent du Nord siffle contre les barreaux de la fenêtre, glacial, mordant, chargé de cette odeur de neige qui annonce l'hiver prochain.Les servantes arrivent à l'aube, une procession silencieuse de femmes aux yeux baissés et aux gestes précis. Elles ne me demandent pas mon avis, ne croisent pas mon regard, ne prononcent pas un mot. Elles se contentent de me dépouiller de ma robe de laine grise, de me plonger dans un bain d'eau tiède parfumée aux herbes de montagne, de me frotter la peau avec des huiles pr&eac
Chapitre 34AedanLe mur qui sépare mes appartements de la tour d'Argent est épais de trois pieds de pierre, renforcé de fer forgé, scellé par des sortilèges anciens qui remontent à la construction de Durnhollow. Aucun son ne devrait pouvoir le traverser, aucun murmure, aucun soupir, aucun battement de cœur. Mais le lien du Compagnonnage se moque des murs, des sorts, des distances. Il vibre en moi comme une corde tendue, et cette nuit, il vibre de douleur.Lyana pleure.Je le sais avant même de l'entendre, avant même que le lien ne me transmette cette vague de chagrin qui déferle dans ma poitrine comme une marée noire. Je le sais parce que je la sens, elle, sa peine, sa solitude, ce vide immense creusé par la perte des siens et que rien n'a jamais comblé. Je m'assieds dans mon lit, le dos cont
Chapitre 33LyanaLa nuit est tombée sur Durnhollow comme un linceul de velours noir, et avec elle est venue la veille de la cérémonie. Demain, la lune sera pleine, ronde et blanche dans le ciel nocturne, et je devrai me tenir devant le Conseil, devant les Anciens, devant Aedan, et prononcer les paroles du consentement ou mourir. Demain, tout sera fini, d'une manière ou d'une autre. Mais cette nuit, cette dernière nuit avant le jour du jugement, je ne trouve pas le sommeil.Je suis allongée sur les fourrures blanches, les yeux fixés sur le plafond de pierre, écoutant le vent qui hurle autour des tours et le feu qui crépite dans l'âtre. La rose de givre est toujours là, sur la table de chevet, veilleuse silencieuse, témoin immuable de mes tourments. Mes mains sont croisées sur ma poitrine, mes doigts entrelac&eacu
Chapitre 4AedanLa salle du trône s’est vidée de ses derniers invités.Les lustres de givre jettent encore leur lumière bleutée sur les murs de pierre noire, mais les rires se sont tus, les coupes se sont taries, les danseuses ont regagné leurs quartiers. Les servantes parcourent les tables en sil
Chapitre 3LyanaLes cuisines de Durnhollow sont une fournaise.Des chaudrons de cuivre bouillonnent sur des feaux de braises, des broches de viande tournent lentement au-dessus des flammes, des nuages de vapeur chargés d’odeurs d’épices, de suif et de sueur montent jusqu’aux voûtes de pierre noirc
Chapitre 6AedanLa porte de la tour se referme avec un bruit sourd, définitif, qui résonne dans la pierre froide comme un couperet. Mes doigts restent crispés sur la clé de fer quelques secondes de trop, mes phalanges blanchies par une tension que je ne m’explique pas. De l’autre côté du battant,
Chapitre 5LyanaSa main autour de ma gorge.Elle est brûlante. Lourde. Ses doigts enserrent ma trachée sans presser, sans serrer juste posés, comme un collier de fer encore tiède. Je sens les callosités de ses paumes, la force brute qui dort sous cette étreinte retenue.Il pourrait m’étrangler.I







