LOGIN« Si je meurs, tu t'éteins. Si tu saignes, je souffre. » Hannah est une Chasseuse d’élite de la Guilde. Il est sa proie. Livrée aux démons par ceux qu'elle devait protéger, Hannah se réveille liée à un vampire millénaire par un pacte de sang qu'elle n'a jamais signé. Elle veut sa vengeance. Il veut sa mortalité. Ensemble, ils sont une arme parfaite. Séparés, ils ne sont que des cadavres en sursis. Leur survie a un prix. Leur lien est une malédiction. Et l'ennemi approche inévitablement.
View MoreLa boue poisseuse de Blackwood collait à mes bottes avec une insistance malsaine, comme si la terre elle-même essayait de m'empêcher d'avancer, ou de m'avertir de ne pas faire un pas de plus. C’était un village sinistre, une poignée de cabanes décrépites accrochées au flanc d’une montagne pelée qui semblait monter la garde sur nos péchés. Ici, l’air ne sentait pas la fumée de bois réconfortante ou le ragoût du soir. Il charriait une odeur de peur rance, de cuir humide et le parfum métallique du fer froid, le tout sous un ciel chargé de nuages sombres qui pesaient sur nos épaules comme une chape de plomb.
« Tu le sens toi aussi ? » murmura Elynn à mes côtés. Sa main se leva naturellement vers le manche poli de sa hache, un réflexe que nous partagions toutes les deux. Elynn était ma partenaire et ma meilleure amie depuis toujours. Elle était la seule personne en ce monde à connaître la couleur de mes cauchemars et l’odeur de mes espoirs. Elle représentait l’harmonie parfaite entre la féminité et la force brute. Je jetai un léger coup d'œil à son profil tendu, ses boucles rousses s'échappant délicatement de sa capuche de voyage, contrastant avec la dureté de son regard. « Ils ne nous regardent même pas », répondis-je à voix basse, la main crispée sur la poignée de mon épée, dont le cuir usé me rassurait. Les villageois que nous croisions rasaient les murs, les yeux fixés sur leurs pieds terreux ou sur les icônes de protection clouées à leurs portes. Le bois de ces icônes semblait suinter d'angoisse. Pourtant, ils nous avaient appelées à l’aide. Une « demande urgente à la Guilde des Chasseurs » selon eux : trois enfants disparus, emportés par ce qu'ils décrivaient comme des entités des bois. Mais nul ne les avait vus ni n'avait pu les décrire. Et, comble de l’ironie, ils nous avaient particulièrement réclamées, nous. Silencieusement, nous continuions notre route vers la montagne pour rejoindre le chef du village, un homme au visage parcheminé nommé Silas. Il nous attendait plus loin, devant l’entrée d'une mine abandonnée qui exhalait un souffle glacial. À l'orée de la forêt, les arbres aux branches noueuses semblaient vouloir nous étouffer. Les mains de Silas tremblaient, mais ce n'était pas la nervosité habituelle des civils face à des chasseuses armées. C’était une terreur plus profonde, plus coupable, qui faisait briller ses yeux d'une lueur fuyante. « Depuis combien de temps sont-elles là-dedans ? » demandai-je en scrutant l'obscurité béante de la galerie qui semblait m'aspirer. « Depuis bien trop longtemps ! Les pauvres petites... s’il vous plaît, Chasseuse. On a entendu leurs cris il y a moins d'une heure. Elles sont encore en vie, nous en sommes certains ! » Sa voix s'était brisée sur le dernier mot, provoquant en nous un nouveau soupçon et un échange de regards complices. Je saisis mes dagues à ma ceinture. Le glissement du métal contre le fourreau fit reculer l'homme d'un pas. Mes lames luisaient d'un éclat bleuté sous la lune pâle, seule trace de pureté dans ce décor de fange. Mon instinct, ce sixième sens poli par des années de traque, hurlait à la mort. Le silence était trop dense, la précipitation du chef trop fébrile. De quoi avaient-ils si peur ? Je me tournai vers mon amie, remarquant qu’elle était aussi dubitative que moi. Mais les ordres avaient été donnés, et il nous était impossible d’aller à l’encontre de la Guilde. Chaque vie méritait toute action, tout sacrifice. Un soupir s’échappa de mes lèvres, formant une petite brume dans l'air froid, avant de rompre le silence. « Elynn, restons ensemble. Dès qu'on entre, on ne s'arrête pas avant d'avoir un visuel », ordonnai-je. « Comme toujours, Hannah », répondit-elle avec un sourire crispé qui se voulait rassurant, mais dont la tension trahissait l'inquiétude. Ses yeux bleus ne quittèrent pas Silas un seul instant. Sans un mot et armées de nos lanternes dont la flamme vacillait, nous nous engouffrâmes dans la mine. La brume nous enveloppa aussitôt, une nappe de froid humide qui semblait vouloir s'insinuer sous nos armures de cuir jusqu'à nos os. On avançait en silence, nos sens aux aguets, guettant le moindre craquement. Dix mètres. Vingt mètres. Et toujours ce silence de tombeau. Mes bottes craquaient sur le sol sec, un bruit de froissement qui tranchait violemment avec l’humidité ambiante, quand je m'arrêtai net. La lumière de ma lanterne balaya le sol, révélant l’évidence : la poussière était intacte depuis des décennies. Pas une trace de petits pieds, pas un lambeau de vêtement. Rien. Un nouveau frisson me parcourut l’échine, plus violent que le précédent. « Elynn... Recule ! C'est un... » Mais à peine avais-je prononcé ces mots qu’un bruit métallique grinçant, comme un cri de torture, résonna brusquement derrière nous. Je me retournai juste à temps pour voir une lourde grille en fer forgé s'abattre du plafond, scellant l’entrée dans un fracas qui fit vibrer mes poumons. Je vis mon amie courir vers l’issue condamnée, assénant des coups de poing désespérés contre les barreaux. « Silas ! » hurla Elynn, ses mains s'accrochant au métal rouillé dont l'odeur de vieux sang nous monta au nez. « Ouvrez cette porte ! » Mais contre toute attente, ce n'était pas la voix du vieillard qui nous répondit. Depuis les profondeurs insondables de la gueule de pierre, un rire rauque, multiple et inhumain s'éleva, ricochant contre les parois poreuses en un écho déformé. Je fis quelques pas en arrière pour rejoindre Elynn, dégainant mes lames jumelles. Mon cœur battait contre mes côtes tel un oiseau en cage. « Visiblement, ce n'est pas pour les enfants qu'ils nous ont fait venir… », murmurai-je. « Les chiens ! Ils nous ont vendues ! » cracha Elynn, la voix tremblante de rage. Devant nous, là où le tunnel s'enfonçait vers les entrailles de la terre, apparurent des dizaines de paires d'yeux verdâtres, brûlant d'une faim impie. Dans cet espace clos saturé d'une odeur de soufre naissante, nous n'étions plus les chasseuses. Nous étions devenues l'offrande.Kaelen s'arrêta net, une louche à la main où perlait une goutte de bouillon, ses yeux plissés par une inquiétude soudaine, dont la présence de marbre de James ne se cachait pas non plus. L'odeur de la viande rôtie, jusque-là réconfortante, sembla soudain s'épaissir dans la pièce.« Comment ça ? » demanda-t-il, la voix un peu plus haute que d'ordinaire. « Que vas-tu encore faire de dangereux ? »« Tu veux dire, à part m'en prendre à la Succube ? » demandai-je avec un sourire provocateur qui étira la peau encore sensible de ma joue.« Hannah... » grogna James.Je sentis son agacement griffer mon esprit, comme une lame froide glissant sur une cicatrice. Il savait que je préparais une bombe, une proposition qui allait faire voler en éclats leur désir de tranquillité et cette sensation de pause pourtant si rare.« Ça ne sert à rien que je vous le dise maintenant, vous serez contre quoi qu'il arrive... » dis-je doucement, en piquant un morceau de viande telle une enfant boudant face à ses p
La conscience me revint comme une marée poisseuse, lente et chargée de débris. Avant même d’ouvrir les yeux, je sus où j’étais. L’odeur de bois ciré, de fourrure humide et du foyer allumé ne trompait pas : la maison de Kaelen. Mais ce n’était pas le confort rustique qui m’accueillit, c’était la douleur. Elle n'était plus une alerte, elle était mon horizon, nichée dans chaque articulation, dans chaque muscle, dans chaque parcelle de peau qui semblait avoir été recousue à vif.Je soulevai mes paupières avec l’impression de soulever des dalles de plomb. Ma vision était étrange, tronquée, comme si une moitié du monde avait été effacée à la peinture noire. Mon œil droit, le seul valide, luttait contre un vertige constant pour faire la mise au point. Je levai mes mains devant mon visage, un geste qui me parut durer une éternité, mes bras pesant le poids de l'acier.Elles étaient méticuleusement emmaillotées. Mon poignet était solidement ligaturé sous une couche de lin propre, une attelle ri
Le silence de la forêt n’était pas une absence de bruit, mais une présence étouffante qui pesait sur ma poitrine. Mes paupières pesaient des tonnes, scellées par une fatigue qui ne ressemblait à rien de connu jusqu’à ce jour. J’avais fini par sombrer, la main perdue dans les cheveux blonds de Leslie, bercée par cette odeur de givre et de vieux papier qui émanait derrière moi, ce rempart de froid qui m’avait enfin permis de lâcher prise.Mais le réveil fut une déflagration.Mes yeux s'ouvrirent sur un monde qui m’était inconnu. La vision de mon unique œil était trouble, striée de filaments noirs qui dansaient comme des araignées. Où étais-je ? Qu’est-ce que je faisais ici ? La terre sous mes doigts était glacée, les ombres des arbres s'étiraient comme des griffes prêtes à me happer. Des voix bourdonnaient autour de moi, des murmures indistincts qui écorchaient mes oreilles sans que je puisse en saisir le sens. La panique monta, une marée brûlante qui balaya les derniers vestiges de ma
Le réveil fut un naufrage. La douleur ne revint pas par vagues, elle m’envahit comme une crue subite, transformant chaque nerf de mon corps en un fil barbelé porté à blanc. Mon épaule gauche n'était plus qu'un brasier, mon poignet une agonie sourde, et mon visage... mon visage semblait avoir été labouré par un soc de charrue. Je voulus hurler, mais ma gorge n'était qu'un puits de cendres sèches.Puis, le chaos de la souffrance recula. Une sensation incongrue, presque onirique, s'insinua sous ma peau. Une odeur. Celle du parchemin ancien, de la poussière de bibliothèque et d'un froid d'hiver éternel. Un froid qui ne brûlait pas, mais qui apaisait l'incendie de ma fièvre.Je sentis des bras se resserrer autour de moi. Une emprise ferme, possessive, d'une force que je connaissais trop bien. Je n'étais pas allongée sur la terre battue, mais assise sur quelque chose qui bougeait au rythme d'une respiration. J'étais nichée contre un torse solide, les jambes de mon sauveur berçant
« Mais ça va à l’encontre de nos règles ! Nous ne sommes pas censés nous attaquer entre nous, » s’indigna Kaelen en plaquant les mains sur la table. Le bois massif craqua sous la pression, un son sec qui sembla trop fort dans le silence oppressant du salon. Je sentis le grognement monter du fond d
Le reste de la journée s’étira comme une plaie qui refuse de cicatriser. Le silence qui avait suivi le départ de James du salon n’était pas apaisant. Je m’étais réfugiée dans l’étude des cartes, mais les tracés d’encre semblaient danser devant mes yeux, brouillés par l’écho persistant de ce souri
La nuit n’avait pas apporté le repos, mais une forme de froide lucidité qui pesait sur mes paupières. Au petit matin, l’atmosphère dans le refuge avait changé ; l'air semblait plus dense, chargé d'une électricité invisible. Les non-dits de la veille s'étaient transformés en une activité frénétique,
Le réveil fut brutal, comme une décharge électrique parcourant chaque fibre de mon être. Je n'ouvris pas les yeux tout de suite, terrassée par une sensation de vigueur anormale qui faisait bourdonner mes tempes. La lourdeur de la fièvre avait disparu, remplacée par une clarté d'esprit presque effra
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