LOGINChapitre 125
Rahim
La lumière du matin est pâle, grise, comme si le soleil lui-même hésitait à se lever sur ce jour, comme si le ciel savait que quelque chose d'impur allait se révéler. Les moucharabiehs dessinent des ombres molles sur le sol de marbre, sur les tapis, sur les murs. Les bougies, éteintes depuis des heures, sont figées en larmes blanches sur les chandeliers d'argent.
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Chapitre 127ClaraLe couloir s'étire devant moi, infini, froid, silencieux. Mes pieds nus glissent sur le marbre poli, la pierre glacée mordant la plante de mes pieds, envoyant des frissons le long de mes mollets, de mes genoux, de mes cuisses. Ma robe blanche flotte autour de moi, froissée, tachée de rouge là où le sang a séché, là où la vie s'est échappée. Mes cheveux défaits tombent sur mes épaules, sur mon dos, sur mes bras, comme un voile de deuil, comme une armure fragile.Les murs de zelliges défilent autour de moi. Les motifs géométriques dansent, bleus, or, blancs, comme des yeux qui me regardent, comme des bouches qui murmurent, comme des visages qui se tordent. Les lampes à huile, dans leurs niches de pierre, vacillent, leurs flammes projetant des ombres mouvantes, des spectres, des fa
Chapitre 126RahimYasmina est arrêtée.Je la regarde traverser la cour, encadrée par deux gardes en tunique sombre, leurs mains posées sur ses bras, leurs visages impassibles. Ses cheveux blancs sont défaits, tombant en mèches fines sur ses épaules, sur son dos. Sa robe grise est froissée, là où les gardes l'ont saisie, là où elle s'est débattue, à peine, juste assez pour montrer qu'elle n'était pas d'accord, qu'elle n'acceptait pas, qu'elle ne comprenait pas. Ses pieds sont nus sur le gravier, ses orteils s'enfonçant dans les petits cailloux blancs, les écrasant, les dispersant.Elle ne crie pas. Elle ne pleure pas. Elle ne proteste pas. Elle marche, droite, la tête haute, les yeux fixes, comme une reine qu'on mène à l'échafaud, comme une martyre qu'on con
Chapitre 125RahimLa lumière du matin est pâle, grise, comme si le soleil lui-même hésitait à se lever sur ce jour, comme si le ciel savait que quelque chose d'impur allait se révéler. Les moucharabiehs dessinent des ombres molles sur le sol de marbre, sur les tapis, sur les murs. Les bougies, éteintes depuis des heures, sont figées en larmes blanches sur les chandeliers d'argent.Je suis dans mon bureau. Les parchemins sont étalés devant moi. Des listes. Des noms. Des témoignages. Des heures. Des horaires. Des absences. Des présences. Rien ne correspond. Rien ne s'aligne. Rien ne fait sens.Idris est devant moi. Son visage est grave, fermé, impénétrable. Il tient une feuille de papier dans sa main, ses doigts crispés sur les bords, les jointures blanches.—
Chapitre 124RahimLa porte de la chambre se referme derrière moi.Je marche dans le couloir. Mes pas sont lourds, réguliers, inexorables. Ils résonnent sur le marbre comme des coups de marteau, comme des promesses, comme des menaces. Les lampes à huile vacillent dans leurs niches, leurs flammes dansant sur les murs de zelliges, sur les motifs géométriques, sur les arabesques bleues et or. Leurs ombres s'étirent, se rétractent, s'étirent à nouveau, comme des spectres qui m'accompagnent, comme des témoins silencieux de ce qui va suivre.Mes doigts se referment en poings. Les jointures blanchissent. Les ongles s'enfoncent dans mes paumes, laissant des marques rouges, des demi-lunes qui saigneront bientôt. La douleur est vive, presque agréable. Elle me rappelle que je suis vivant, que je suis là, que je ne s
Chapitre 123RahimLa chambre est silencieuse. Les bougies ont brûlé jusqu'à la base, leurs mèches noircies fumant faiblement dans l'air immobile. La lumière du matin, pâle et dorée, filtre à travers les moucharabiehs, dessinant des losanges sur le marbre, sur les tapis, sur le lit défait.Clara est allongée, ses cheveux bruns s'étalant sur l'oreiller, sa peau encore pâle, ses yeux encore cernés. Mais ses yeux sont ouverts. Ils me regardent. Ils sont fatigués, mais ils brillent.Je suis assis sur le bord du lit, mes mains posées sur les siennes, mes doigts entrelacés avec les siens. Mes pouces caressent le dos de ses mains, lentement, comme pour la rassurer, comme pour lui dire que je suis là, que je ne partirai pas.Je la regarde. Les mots sont là, au fond d
Chapitre 122ClaraJe émerge.Lentement, comme si je remontais des profondeurs d'un océan noir, comme si mes poumons cherchaient l'air après une longue plongée, comme si mon corps se souvenait peu à peu qu'il était vivant.Mes paupières sont lourdes. Mes cils sont collés. La lumière est douce, tamisée par les moucharabiehs, dessinant des losanges dorés sur le plafond, sur les murs, sur les draps froissés. Elle est pâle, presque bleutée, comme une aube qui hésite à se lever.Mon corps est lourd. Chaque muscle, chaque os, chaque articulation semble peser des tonnes. Mes bras, posés sur les draps, sont inertes. Mes doigts, ouverts, ne bougent pas. Mes jambes, sous la couverture, sont engourdies. Je ne les sens plus.Je tourne la tête.
Chapitre 1ClaraLa chaleur du désert m'enveloppe comme un manteau de soie brûlante dès que je pose le pied hors de la voiture climatisée. Le trajet depuis l'aéroport m'a semblé interminable, chaque kilomètre m'éloignant un peu plus de tout ce que je connais pour m'enfoncer dans un monde qui semble
Chapitre 4ClaraJe ne dors pas cette nuit-là. Pas une seconde. Pas un instant.Allongée dans mon lit à baldaquin, les yeux grands ouverts dans l'obscurité, je repasse en boucle les événements de la journée. Sa voix. Ses mots. Ses règles absurdes. Et ce regard, ce regard qui m'a transpercée comme un
Chapitre 3ClaraSes yeux rencontrent les miens.Et le monde s'arrête.Je n'ai jamais rien vu de pareil. Ces yeux ne sont pas simplement sombres, ils sont noirs. D'un noir si profond, si absolu, qu'ils semblent absorber la lumière autour d'eux comme des puits sans fond creusés dans son visage. Mais
Chapitre 2ClaraJe passe l'heure suivante à me préparer avec un soin méticuleux. J'ai choisi une robe sobre mais élégante, bleu marine, qui souligne ma silhouette sans être provocante. Mes cheveux sont relevés en un chignon strict qui dégage mon visage. Un maquillage léger, des bijoux discrets. Je







