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Chapitre 5

作者: Yvonne Chêne
C'était l'homme qui l'avait sauvée au club la nuit dernière. Il appartenait donc à la famille de Beaumont ?

Clara s'est avancée de deux pas.

Les gardes du corps se sont aussitôt interposés pour lui barrer le chemin.

Elle a lancé d'une voix pressante : « M. Beaumont, je vous en prie, un instant ! »

L'homme s'est arrêté au son de sa voix et a tourné la tête. Il a levé les yeux. Ses prunelles profondes, empreintes d'une froideur mordante, se sont posées sur Clara avec une intensité perçante et détachée.

D'un geste, il a intimé à ses gardes du corps de la laisser passer.

Une lueur de gratitude a illuminé les yeux clairs de Clara. Elle s'est rapidement avancée jusqu'à lui.

Au moment où elle a été enveloppée par l'ombre qu'il projetait, elle a pris conscience que cet homme était bien plus grand qu'Alexandre.

Le souffle suspendu, elle a dit avec reconnaissance : « Monsieur, merci de m'avoir conduite à l'hôpital hier soir. »

L'homme lui a jeté un regard indifférent : « Ce n'était rien. »

Clara a serré les poings. Il lui fallait saisir cette dernière chance.

Les lèvres pincées et s'efforçant de contenir ses émotions, elle a demandé prudemment : « Monsieur, pourriez-vous me revendre le collier en jade que vous avez remporté ? »

En disant cela, le bout de ses doigts avait blanchi sous la pression. Elle craignait d'être importune, ou pire, d'essuyer un refus catégorique.

Soudain, un petit écrin de velours raffiné est apparu dans la main de l'homme.

Il en a effleuré du pouce le motif délicat en relief, avant de le déposer dans la paume de Clara.

Clara est restée figée. Obtenir enfin ce à quoi elle aspirait de tout son cœur, et pourtant, elle n'osait pas l'accepter.

L'homme a jeté un coup d'œil à son assistant. Arthur Farges lui a rapidement tendu une carte de visite : « Mme Laurent, voici la carte de visite de M. Beaumont. »

Clara l'a prise et a baissé les yeux.

La carte était faite d'un papier spécial noir carbone au toucher froid et substantiel. Les motifs, réalisés en dorure à chaud, scintillaient sous la lumière, évoquant une véritable œuvre d'art.

Au centre, en haut, était sobrement inscrit le nom de l'homme : Léo Beaumont.

Clara s'est empressée de dire : « M. Beaumont, je vous contacterai au plus vite pour vous régler la somme ! »

Le regard de Léo a glissé vers le bas, fixant les cils de Clara qui tremblaient comme les ailes d'un papillon.

D'une voix grave, il a dit : « Clara... »

Clara s'est figée : comment connaissait-il son nom ?

Puis, la voix rauque et grave de Léo a résonné à ses oreilles : « Kévin Laude était mon frère aîné. Demain matin, venez avec Nolan Laude à l'adresse indiquée au dos de cette carte. Nous discuterons du transfert de la garde de Nolan. »

Léo était donc le frère cadet de Kévin !

Il voulait lui disputer la garde de Nolan !

Clara lui a rendu immédiatement le collier : « Je n'échangerai jamais Nolan contre ce collier. »

Elle n'avait pas fini sa phrase que la porte de la loge trois s'est ouverte.

Alexandre s'avançait droit vers eux, accompagné d'Élodie.

Élodie a regardé Clara avec surprise : « Que fais-tu ici ? »

Alexandre ne s'attendait pas non plus à croiser Clara ici.

Il a légèrement froncé les sourcils et a promené son regard entre Clara et Léo. Constatant qu'elle portait ses appareils auditifs, il a demandé : « Clara, que fais-tu ici avec M. Beaumont ? »

Clara est restée interdite. Elle n'aurait jamais imaginé qu'Alexandre puisse aller aussi loin pour Élodie.

Ne détestait-il pas plus que tout avoir à supplier ? Autrefois, c'était justement parce qu'il refusait de courber l'échine qu'elle avait dû sacrifier son propre mariage pour lui permettre d’obtenir sa place parmi les Vallat avec honneur...

Elle a regardé Alexandre : « La même raison que toi, bien sûr. »

Le visage d'Alexandre s'est assombri. Il s'est avancé pour prendre la main de Clara. Mais elle a esquivé son contact.

La main d'Alexandre est restée figée dans l'air, et son regard a croisé celui ironique de Léo. Alexandre s'est redressé, a ajusté sa cravate et a dit d'une voix grave : « M. Beaumont, enchanté. Je m'appelle Alexandre Vallat, du groupe Vallat. »

Léo a toisé Alexandre. Son regard était détaché et distant, mais empreint d'une autorité écrasante, trahissant une noblesse et une arrogance innées.

Voyant que Léo ne comptait pas engager la conversation, Alexandre a poursuivi : « M. Beaumont, je souhaiterais acquérir à prix d'or ce collier en jade que vous venez d'acheter. J'espère que vous pourriez accepter de vous en séparer. »

Léo observait Alexandre et Élodie, si proches l'un de l'autre, et une courbe glaciale a étiré ses lèvres : « M. et Mme Vallat, quel beau couple vous faites. »

Le visage d'Alexandre s'est rembruni : « M. Beaumont, vous vous méprenez. Élodie est ma sœur. Et voici ma femme, Clara Laurent. » Il a désigné Clara d'un geste de la main.

Prenant un air soudainement éclairé, Léo a répondu : « Toutes mes excuses. Sans doute parce que, chez nous, l'éducation est stricte. Les frères et sœurs adultes sont tenus d'observer une certaine distance. »

Le visage d'Alexandre s'est décomposé. Il est resté un long moment sans voix.

À ce moment, Élodie, manquant de discernement, s'est avancée d'un pas : « M. Beaumont, Alexandre et moi, nous nous sommes rencontrés en chemin... »

La voix de Léo, d'une sécheresse presque acerbe, l'a coupée net : « Est-ce qu'on vous a adressé la parole ? Pour qui vous prenez-vous ? »

Élodie ne s'attendait pas à un tel manque de courtoisie. Elle s'est mordu la lèvre, les yeux rougis, l'air pitoyable : « M. Beaumont, j'aime vraiment ce collier... »

« Vous l'aimez ? », a ricané Léo. Il a dit d'une voix sarcastique : « Dommage. M. Vallat arrive trop tard. Ce collier appartient désormais à Mme Laurent. »

Clara est restée interdite. L'instant d'après, elle a brandi l'écrin sous le nez d'Élodie avec un sourire.

Élodie s'est mordu la lèvre de dépit, ses doigts crispés sur le pan de sa robe.

Léo a glissé ses mains dans les poches de son trench-coat. L'air austère et noble, il a lâché une phrase énigmatique : « Obtenir n'est rien. Garder est tout. »

Sur ces mots, ses gardes du corps ont ouvert la voie. Le regard fixé droit devant, il a quitté les lieux à grands pas.

Alexandre avait souvent entendu dire que le nouveau dirigeant de la famille Beaumont était un homme hautain, ne portant personne dans son estime. Évidemment, c'était bien plus vrai que ce que l'on racontait.

Il a fermé les yeux et a pris une profonde inspiration pour calmer son irritation face à cet affront répété.

Élodie s'est tournée vers Clara : « Clara, tu veux bien m'offrir ce collier ? »

Clara a ricané : « N'as-tu donc aucune honte ? »

Le ton d'Alexandre s'est fait lassé : « Clara, pourquoi être si méchante ? »

Clara a relevé le menton, un sourire froid aux lèvres : « Tu veux que je le lui cède, toi aussi ? »

Alexandre a baissé les yeux sur Clara. Sa voix s'est radoucie : « Clara, en deux ans de mariage, je t'ai offert des centaines de cadeaux. Chacun d'eux valait plus que ce collier. Ce n'est pas bien de priver autrui de ce qui lui est cher. Puisqu'Élodie y tient tant, cède-le-lui, d'accord ? Fais-le pour moi. »

Clara a lentement levé les yeux vers Alexandre, comme elle aurait regardé un étranger. Dans ces yeux qui, autrefois, débordaient d'affection pour elle, ne subsistaient plus que des veinules rouges et une indifférence glacée.

« Alexandre, à quatorze ans, tu as eu une pneumonie. On n'avait pas de quoi payer les soins. Ce collier était la seule dot de ma grand-mère. Elle l'a mis en gage pour te sauver la vie. Élodie n'est même pas digne de le regarder. »

Sur ces mots, Clara a tourné les talons. Le dos très droit, la démarche résolue, elle a disparu lentement au bout du couloir, sans plus jamais accorder un regard à Alexandre.

Alexandre est resté pétrifié. Un recoin enfoui de sa mémoire a été soudainement mis au jour, révélant une vérité mise à nu.

Élodie n'avait pas vu Alexandre aussi silencieux depuis longtemps. Elle lui a doucement tiré la manche : « Alexandre, ça va ? »

Il a repoussé sa main : « Je dois rentrer à la maison. »

Le cœur d'Élodie s'est tordu de jalousie : « Tu reviendras passer le réveillon avec moi ce soir ? »

La voix d'Alexandre était grave et rauque : « On verra. »

Élodie s'est jetée à son cou et l'a enlacé par la taille : « Et tu dis que tu ne l'aimes plus ? Elle est partie, et tu es resté planté là, à fixer le vide. »

Alexandre a souri et a dit d'une voix neutre : « Tu te fais des idées. »

Élodie a poussé un grognement contrarié : « Peu importe. La prochaine fois, je veux un bijou à deux millions d'euros. »

Alexandre a répondu : « D'accord. »

Élodie a poussé le bouchon plus loin : « Une fois ton entreprise entrée en bourse, je veux qu'on aille voir les aurores boréales ensemble. »

Alexandre est resté silencieux, sourcils froncés. Il y a bien longtemps, il avait promis à Clara qu'après l'introduction en bourse de son entreprise, il l'emmènerait voir les aurores boréales en Norvège.

Les doigts d'Élodie traçaient de légers cercles sur la poitrine d'Alexandre. Elle a levé des yeux suppliants vers lui : « Je pourrais me cacher la journée. Tu n'aurais qu'à venir me voir en secret, la nuit. Je ne supporte pas d'être séparée de toi trop longtemps. »

Alexandre l'a serrée dans ses bras : « D'accord. »

...

Lorsque Clara est arrivée chez elle, Marie Vallat, la grand-mère d'Alexandre, avait déjà fait raccompagner Nolan.

Bien que le reste de la famille Vallat les déteste, Marie se montrait bonne envers Clara et Nolan.

Elle emmenait souvent Nolan chez elle pour de courts séjours. Et ces six derniers mois, ces séjours étaient devenus plus fréquents.

Clara en connaissait parfaitement la raison : Marie voulait un arrière-petit-fils, et cherchait délibérément à leur offrir des moments d'intimité.

Nolan, cinq ans et demi, ses appareils auditifs aux oreilles, a fait des signes à Clara en langue des signes : [Marie a été très gentille avec moi. Elle a dit que demain, c'est le Nouvel An et que je devais le passer avec toi et Alexandre. Alors, elle m'a ramené.]

Clara s'est accroupie et a caressé doucement les joues de Nolan : « Demain matin, on va voir quelqu'un, d'accord ? »

Nolan a docilement hoché la tête.

Après avoir couché Nolan dans sa chambre, Clara est retournée dans la chambre principale.

Elle a sorti de la table de chevet la convention de divorce, ainsi que la copie du contrat prénuptial, et les a mises ensemble dans un classeur.

C'était le cadeau qu'elle offrirait à Alexandre lors de la cérémonie de cotation en bourse.
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