LOGIN(Laura)Les jours qui suivirent ne furent ni calmes ni véritablement agités, ils s’installèrent dans une forme d’entre-deux difficile à nommer, une zone grise où rien n’explosait mais où rien ne se réparait complètement, et je compris très vite que cette situation allait me demander plus d’énergie que je ne l’avais imaginé, non pas parce qu’elle était spectaculaire ou violente, mais parce qu’elle reposait sur un équilibre fragile que je devais maintenir à chaque instant, dans chaque regard, dans chaque mot, dans chaque silence, comme si la moindre erreur risquait de faire basculer ce que j’essayais encore de tenir debout. Avec Léo, les choses n’étaient pas rompues, loin de là, mais elles n’étaient plus fluides non plus, il y avait une attention nouvelle dans sa manière de me parler, une retenue presque imperceptible qui remplaçait la spontanéité que nous avions toujours eue, et même lorsqu’il souriait, même lorsqu’il me parlait de ses journées ou de ses projets, je sentais que quelque
(Laura)La nuit passa sans véritable repos, non pas parce que je ne trouvais pas le sommeil, mais parce que chaque fois que je fermais les yeux, les images revenaient avec une précision trop nette pour être ignorées, la cuisine, le regard de Léo, ce moment où il avait cessé de poser des questions pour simplement constater, et je compris que ce qui me pesait le plus n’était pas la confrontation en elle-même, mais ce qu’elle avait laissé derrière elle, cette distance nouvelle que je sentais déjà installée, silencieuse mais bien réelle, et qui risquait de s’ancrer si je ne faisais rien, si je laissais le temps s’écouler en espérant que cela se résolve seul, comme j’avais trop souvent essayé de le faire avec le
(Laura)Le mot qu’il venait de prononcer resta suspendu dans la pièce bien après qu’il l’ait dit, comme s’il continuait de résonner contre les murs, non pas par sa force mais par ce qu’il contenait, et je compris immédiatement que ce n’était pas un accord, ni un pardon, ni même une fin de conversation, mais quelque chose de beaucoup plus difficile à affronter, une forme d’acceptation silencieuse qui ne cherchait pas à résoudre, seulement à constater, et ce constat avait un poids que je n’avais pas anticipé, parce qu’il ne laissait aucune place à la défense, aucune ouverture pour réparer immédiatement ce que je venais de fissurer.Léo ne cria pas, ne haussa pas
(Laura)Le silence qui s’était installé entre nous ne ressemblait plus à ceux que j’avais connus jusque-là, il n’était plus une pause, ni une hésitation, ni même une tentative de protéger ce qui pouvait encore l’être, il était devenu un espace où tout ce que j’avais essayé de contenir se retrouvait exposé, sans filtre, sans détour possible, et je sentais dans le regard de Léo que cette fois, il ne se contenterait pas de réponses floues ou de demi-vérités, parce que quelque chose avait changé dans sa manière de me regarder, une forme de distance nouvelle, presque imperceptible mais suffisamment présente pour me faire comprendre que je ne pouvais plus me cacher derrière des mots trop simp
(Laura)La porte se referma doucement derrière lui, sans bruit brutal, sans geste précipité, comme si même ce départ refusait de prendre une forme nette, définitive, et pourtant je restai là, immobile dans l’entrée, incapable de bouger, comme si quelque chose en moi venait de se détacher sans que je puisse encore comprendre exactement quoi, parce que ce n’était pas seulement Alex qui quittait la maison, c’était aussi ce moment suspendu, cette tension que nous avions maintenue entre nous pendant des jours, et maintenant qu’elle n’était plus là physiquement, je sentais un vide étrange s’installer, pas un soulagement, pas une libération, mais une absence qui prenait immédiatement trop de place.
(Alex)Je restai immobile face à elle, les mots qu’elle venait de prononcer résonnant encore dans l’espace entre nous comme une tentative de poser de l’ordre sur quelque chose qui, depuis le début, refusait d’en avoir, et je compris immédiatement que ce qu’elle proposait n’était pas une solution mais une nécessité, une manière de garder debout ce qui pouvait encore l’être sans pour autant nier ce qui existait déjà, car elle ne cherchait pas à effacer ce que nous avions fait, ni même ce que nous ressentions, elle cherchait simplement à empêcher que cela ne déborde, que cela ne prenne une place trop grande, trop visible, trop dangereuse, et dans cette volonté, il y avait une lucidité que je respectais, mai
(Laura)Le message resta affiché quelques secondes sur mon écran avant que je ne le verrouille, comme si le simple fait de ne plus le voir pouvait en diminuer le p
(Laura)Le soir s’installa doucement sur la maison, apportant avec lui ce silence particulier qui ne ressemblait plus à du repos mais à une forme d’att
(Laura)Le trajet du retour me parut flou. Je conduisais, je suivais la route, je respectais les feux, les priorités, les gestes automatiques qui rythment une matinée ordinaire, et pourtant rien ne me semblait réellement concret. C’était comme si mon corps avançait seul, parfaitement capable d’acco
(Alex)Le silence qui suivit ne ressemblait à aucun autre. Ce n’était pas un vide, ni une absence de mots. C’était quelque chose de plus dense, de plus lourd, comme si tout ce qui venait de se passer continuait d’exister dans l’air autour de nous, sans avoir besoin d’être nommé. Je restai immobile






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