MasukChapitre 41
Lyséa
Le contrat est posé entre nous, sur la table de bois clair, ses pages blanches étalées comme un champ de bataille. Les termes sont clairs, équitables, presque généreux. Trop généreux, peut-être. Je me méfie des cadeaux empoisonnés, des faveurs qui cachent des pièges.
Vaelen ne bouge pas. Il est assis en face de moi, immobile
Chapitre 61LyséaLe téléphone vibre sur la table de la cuisine, et je le regarde une seconde, deux secondes, trois secondes, comme si je savais déjà que ce message allait changer ma vie, comme si une intuition viscérale me disait que ce qui allait apparaître sur l'écran allait détruire la fragile paix que nous avions construite pendant ces jours de tempête et de retrouvailles, cette paix que nous avions payée si cher, que nous avions méritée, que nous avions cru pouvoir garder pour toujours.La lumière du matin est douce, chaude, et les rayons du soleil dansent sur le bois de la table, sur les tasses de café que Vaelen a préparées, sur les miettes de pain qui jonchent la nappe, sur mes doigts qui tremblent en prenant le téléphone, en déverrouillant l'écran, en découvrant
Chapitre 60VaelenLe lendemain matin, la lumière du jour est plus douce, plus claire, comme si la tempête avait enfin cessé, comme si le monde avait retenu son souffle pendant notre nuit de retrouvailles et qu'il s'autorisait maintenant à respirer, à exhaler, à laisser entrer la lumière. La neige a cessé de tomber, et le ciel est d'un bleu pâle, presque transparent, un bleu d'hiver qui semble lavé de toutes les ombres, de tous les nuages, de toutes les peurs. Les rayons du soleil filtrent à travers les vitres givrées, dessinant des losanges de lumière sur le parquet de bois, sur les coussins du canapé où nous avons passé la nuit, sur nos corps encore nus, encore blottis l'un contre l'autre, encore imprégnés de cette chaleur que nous avons partagée, de cette intimité que nous avons retrouvée.
Chapitre 59LyséaLa nuit est une étreinte désespérée, une danse de corps et de souffles, un voyage dans un territoire que je croyais perdu à jamais, un territoire de peaux qui se cherchent, de mains qui explorent des chemins qu'elles connaissent par cœur, de bouches qui se retrouvent dans l'obscurité comme si elles n'avaient jamais été séparées, comme si les deux années de silence et de douleur n'avaient été qu'un mauvais rêve, une parenthèse, une pause dans notre histoire. Le froid qui régnait dans le chalet s'est transformé en une chaleur intense, une chaleur qui émane de nos corps, de nos souffles, de nos cœurs qui battent à l'unisson, une chaleur qui repousse les ombres, qui fait fondre la glace, qui nous réchauffe de l'intérieur.Je sens ses mains sur m
Chapitre 58VaelenLe chalet est plongé dans une pénombre glacée, la lumière blafarde de la neige qui filtre par les fenêtres givrées est la seule lueur qui éclaire la pièce, une lueur froide, bleutée, presque surnaturelle, qui donne à nos visages une pâleur de spectres, de fantômes, de survivants qui se sont trouvés dans l'œil de la tempête.Nous sommes toujours blottis l'un contre l'autre, mes bras autour d'elle, sa tête posée contre ma poitrine, ses doigts entrelacés aux miens, ce contact qui est devenu une évidence, une nécessité, un besoin viscéral qui dépasse toutes les barrières que nous avons érigées, toutes les défenses que nous avons bâties, toutes les blessures que nous avons infligées.
Chapitre 57LyséaLa tempête de neige s'abat sur le chalet comme un rouleau compresseur, comme une vague blanche qui engloutit tout sur son passage. Le vent hurle dehors, sifflant à travers les interstices des fenêtres, faisant gémir les poutres du toit, secouant les murs comme si la montagne elle-même tremblait de peur.La panne de chauffage est arrivée en pleine nuit, sans prévenir, et le chalet s'est transformé en une glacière en quelques heures, les radiateurs qui refroidissaient inexorablement, les vitres qui se couvraient de givre, le froid qui s'infiltrait par les portes, par les fenêtres, par les murs, comme un ennemi silencieux qui avançait pas à pas, inexorablement.Je me suis réveillée grelottant, mes dents qui claquaient, mes membres engourdis par le froid qui s'était glissé
Chapitre 56VaelenLa neige continue de tomber dehors, et le grenier est plongé dans une pénombre blanche qui adoucit les contours, qui atténue les ombres, qui donne à ce moment une qualité presque irréelle, presque suspendue hors du temps.Lyséa est assise devant moi, la lettre de sa mère serrée contre sa poitrine comme un talisman, comme une arme, comme une preuve que tout ce qu'elle croyait savoir de sa vie n'était qu'une illusion.— Raconte-moi tout, dit-elle, sa voix calme, trop calme, comme si elle avait dépassé le stade de l'émotion pour entrer dans une zone plus froide, plus dure, plus déterminée. Tout ce que tu sais. Sans rien cacher.Je prends une profonde inspiration, et je commence.— Il y a trente ans, les Noctryn et les Drakhar étaient des familles rivales, en guerre constante pour le contrôle des routes commerciales, des alliances politiques, des marchés financiers. Leurs conflits ont attiré l'attention du Cartel de l'Est, une organisation criminelle qui a vu dans cette
Chapitre 6VaelenLa porte de la chambre se referme dans un souffle, et je reste là, immobile, le dos collé au bois froid. Mes poings sont serrés si fort que mes ongles laissent des demi-lunes rouges dans mes paumes. La douleur est bonne. La douleur me rappelle que je suis encore vivant, alors qu’à
Chapitre 5LyséaLe sommeil ne vient pas.Je suis allongée dans notre lit, les yeux ouverts sur le plafond que je ne vois plus, les mains croisées sur le ventre, et mon esprit tourne en boucle comme un film dont on aurait cassé la bobine. Les mêmes images, les mêmes sons, la même scène qui se répèt
Chapitre 4LyséaJe ne sais pas comment je suis rentrée dans la maison.Mes pieds m'ont portée à travers les jardins détrempés, le long des allées de buis ruisselants, jusqu'au perron de marbre où la gouvernante m'attendait avec une serviette tiède et un regard que je n'ai pas voulu déchiffrer. Mes
Chapitre 3LyséaLa pluie transperce ma robe en quelques secondes.Je marche dans les jardins du domaine sans vraiment savoir où je vais, les bras serrés contre ma poitrine, les cheveux plaqués sur mes joues par l’averse glacée. Les allées de gravier crissent sous mes escarpins, et les buis taillés







