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CHAPITRE 97 – La pluie

Auteur: Plumas
last update Date de publication: 2026-05-17 00:05:44

Je pars. Je ne te laisse rien. Ni une adresse, ni un numéro, ni un espoir.

La prochaine fois que tu m’entendras parler, ce sera devant un tribunal.

Adieu.

Yvana. »

La lettre était là, sur la table. Posée comme une sentence. Comme une tombe. Comme une liberté.

Dans la voiture, Yvana tourna la clé de contact. Le moteur toussa, puis se mit à ronronner. Elle regarda une dernière fois la maison dans le rétroviseur. Les volets bleus, la façade blanche, le jardin en friche. Elle avait rêvé d’y être he
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  • Le poison quotidien   CHAPITRE 143 – La menace des biens

    Elle appela Maître Valois.« Qu’est-ce que je risque vraiment ?– Rien, si on tient bon. Il peut demander la restitution de la moitié des fonds que vous avez retirés, mais c’est compliqué. Vous étiez mariés, l’argent était commun. Vous aviez le droit de l’utiliser.– Et la maison ?– La maison est à son nom. Je vous ai dit de ne pas y retourner. Vous n’y êtes pas retournée. Il ne peut rien vous reprocher. »Elle raccrocha, un peu rassurée, mais pas totalement. La peur, c’était comme une ombre. Même quand le soleil brille, elle reste, tapie.Les jours suivants, les lettres continuèrent. Des mises en demeure, des demandes de médiation, des offres à l’amiable. Gabriel ne voulait pas la voir en face. Il utilisait des avocats, des huissiers, des courriers recommandés. Il construisait un mur de papier, espérant qu’elle s’y briserait.Elle ne se brisa pas. Elle tint. Anthony était à ses côtés, Sarah aussi. Maître Valois répondait à chaque courrier, démontait chaque argument, dénonçait chaque

  • Le poison quotidien   CHAPITRE 142 – La menace des biens

    Au sortir de l’audience, Yvana ne se retourna pas. Derrière elle, les amis de Gabriel parlaient à voix basse, gênés, honteux peut-être. Elle ne le saurait jamais. Et elle n’en avait cure.Anthony l’attendait dans la voiture.« Ça va ?– Ça va. »Ils rentrèrent. Le jardin était en fleurs. Les roses, toujours, éclatantes.Elle s’arrêta devant le rosier.« Je ne leur en veux pas, dit-elle.– À qui ?– À ceux qui ont cru Gabriel. Ils ne savent pas. Ils ne savent rien.– Ce n’est pas une excuse.– Non. Mais c’est une explication. »Ce soir-là, elle ne répondit à personne. Elle s’endormit paisiblement. Le silence, enfin, était complet. Les amis de Gabriel ne l’appelaient plus. Ils avaient compris. Ou ils avaient renoncé. Ou ils avaient oublié. Yvana ne cherchait pas à savoir.Elle avançait. Pas à pas. Seule, mais accompagnée. Sans lui. Sans ses relais. Sans ses mensonges.La flamme, fragile, continuait de brûler.***L’audience préparatoire avait laissé un goût amer dans la bouche d’Yvana. P

  • Le poison quotidien   CHAPITRE 141 – Les relais

    Un après-midi, elle reçut une visite. Une femme, la cinquantaine, visage fermé. L’épouse d’un collègue de Gabriel. Elle toqua à la porte, entra sans y être invitée.« Tu dois arrêter cette procédure, dit-elle. Tu détruis sa vie. Il perd ses patients, ses collègues le regardent mal. Pense à ce que tu fais. »Yvana resta figée. L’audace, le mépris, l’ignorance. Tout cela en une seule phrase.« Il m’a frappée, dit-elle.– Il dit que c’est toi qui as provoqué.– Il m’a donné des contraceptifs pendant dix ans sans me le dire.– Il dit que tu exagères.– Il me trompait avec une autre femme. Il a deux enfants avec elle.– Il dit que tu es jalouse, que tu inventes. »Yvana ne répondit pas. Elle ne servait à rien. La femme partit, mécontente, sans refermer la porte. Anthony la referma.« Il va falloir porter plainte pour harcèlement, dit-il.– Je ne veux pas. Ça ferait trop d’affaires. Trop de procédures. Je suis déjà épuisée. »Il n’insista pas.Les jours suivants, elle changea de numéro. Une

  • Le poison quotidien   CHAPITRE 140 – Les relais

    Le blocage du numéro de Gabriel avait apporté un silence précieux, mais fragile. Yvana savait qu’il ne renoncerait pas. Il n’était pas de ceux qui lâchent prise. Il était de ceux qui trouvent toujours une autre porte, une autre fenêtre, une autre faille. Elle s’y attendait. Pourtant, quand le premier message arriva, sur un numéro inconnu, elle sentit son cœur se serrer.« Yvana, c’est Philippe. Tu veux qu’on se parle ? Gabriel est désespéré. »Philippe. Un des amis de Gabriel, rencontré lors de dîners, de soirées, d’anniversaires. Un homme poli, souriant, qui ne l’avait jamais défendue, jamais interrogée, jamais crue. Un témoin silencieux des humiliations, des regards en coin, des rires étouffés. Il n’avait pas bronché quand Gabriel l’avait traitée de « fatigante » devant tout le monde. Il n’avait pas bronché quand elle était apparue avec des bleus qu’elle cachait sous ses manches. Il n’avait jamais bronché. Et maintenant, il s’improvisait messager, médiateur, ami.Elle ne répondit pa

  • Le poison quotidien   CHAPITRE 139 – Le silence armé

    Le chat les suivait. Les roses étaient encore rouges, malgré l’automne qui avançait.« Tu penses à lui ? demanda Anthony.– Parfois. De moins en moins.– C’est bien.– Ce n’est pas encore assez. Mais ça viendra. »Ils marchèrent un moment. Yvana pensait à Gabriel, à ses messages, à ses « je t’aime » jetés comme des pierres dans son silence. Il n’aimait pas. Il ne l’avait jamais aimée. Il aimait le pouvoir, la sensation de posséder, la rage de perdre. Il voulait la reconquérir pour la détruire encore. Elle ne lui donnerait pas cette chance.« Tu sais ce que j’ai compris ? dit-elle.– Non.– Qu’il ne changera jamais. Qu’il ne changera pas parce qu’il ne se croit pas en tort. Il pense qu’il est la victime. Il pense que c’est moi qui l’ai abandonné. »Anthony ne répondit pas. Il avait compris cela bien avant elle. Mais il ne le lui avait pas dit. Certaines vérités doivent être découvertes par soi-même.Ils rentrèrent. La maison était douce, éclairée par la petite lampe du salon. Le chat s

  • Le poison quotidien   CHAPITRE 138 – Le silence armé

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